Communauté genevoise d’action syndicale

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argumentaire unitaire

pour la coopération et la solidarité des pays de l’Est

mercredi 1er novembre 2006 par Claude REYMOND
Pour l’Ouverture à l’Europe

La Suisse ne doit pas hypothéquer ses relations avec l’Union européenne. 200 millions de francs par année durant cinq ans représente le (modeste) prix à payer pour les accords bilatéraux II. La Suisse appartient à la communauté culturelle et sociale que forme l’Europe, elle doit aussi contribuer à son développement.

Pour la paix sur l’ensemble du continent

En 16 ans, la collaboration de la Suisse avec les pays de l’Est de l’Europe a fait ses preuves. Les pays où prévalait le capitalisme d’Etat sont en passe de devenir des démocraties stables, ce qui doit consolider les perspectives de paix et d’un progrès social partagés par l’ensemble du continent.

Pour une solidarité dans l’intérêt de la Suisse

La Suisse décide de manière autonome où sa contribution de cohésion sera investie, qu’il s’agisse des domaines de la formation, de la protection de l’environnement, de la santé ou de la stabilisation des institutions publiques. Point commun de tous ces projets : la solidarité de la Suisse avec l’Europe de l’Est devrait contribuer à améliorer les conditions de vie de ses habitant-e-s.

Pour la prospérité de toute l’Europe

Chaque année, l’Union européenne investit 33 milliards de francs pour répartir équitablement la prospérité, renforcer la sécurité sociale et le marché du travail. Faire en sorte que toutes et tous trouvent des emplois et des revenus décents dans leur pays d’origine est aussi un excellent moyen de combattre la sous-enchère salariale.

Rappel

Après l’effondrement du « socialisme réel » en Europe de l’Est et en Asie centrale, le parlement a décidé que la Suisse devait encourager le passage à la démocratie et à l’économie sociale de marché dans les anciens pays communistes (aide à la transition).

Pour ce faire, depuis 1989, il a accordé des crédits-cadres et des crédits additionnels d’un montant total de 3,45 milliards de francs. Le 24 mars 1995, il a créé une première base légale sous forme d’arrêté fédéral de portée générale de durée limitée. Chaque année, ce sont 200 millions qui sont dépensés au titre de l’aide à la transition.

Cet arrêté fédéral vient à expiration début mars 2008 et doit être reconduit. Cela se fera à travers la nouvelle loi fédérale sur la coopération avec les États d’Europe de l’Est (en bref, loi sur la coopération avec l’Europe de l’Est), dont la durée est limitée à 10 ans.

Non seulement cette loi est nouvelle, mais c’est aussi la base juridique à cette contribution versée par la Suisse pour la réduction des disparités économiques et sociales au sein de l’Union européenne (UE) élargie (« contribution à l’élargissement », aussi appelée « contribution à la cohésion »).

L’UDC a saisi le référendum contre cette loi. La votation du 26 novembre porte donc sur celle-ci.

Les syndicats et les partis de gauche ont toujours accordé leurs suffrages et leur soutien aux processus d’intégration européenne. L’union politique et économique de l’Europe doit apporté au Vieux Continent la paix, la prospérité économique et le progrès social.

Arguments en faveur de la loi

Compte tenu des différences énormes entre notre pays et certains pays d’Europe orientale en termes de revenus et de chômage, une de nos tâches primordiales - dans cette phase d’unification - doit être l’exercice d’une solidarité sans faille à l’égard des travailleurs et des travailleuses de cette partie de l’Europe qui ne jouissent pas des mêmes conditions de vie que les nôtres parce que leur économie nationale accuse, notamment, des retards technologiques.

Nous sommes persuadés qu’il est nécessaire d’aider ces camarades à acquérir de nouveaux savoir-faire, pour qu’ils puissent – là où ils vivent – réaliser le meilleur développement possible de leur société, pour qu’ils puissent tendre vers une plus juste répartition des richesses produites.

La lutte contre les pressions à la baisse sur les salaires exige principalement de diminuer les carences de biens et de services dans certains lieux de vie afin d’y réduire la contrainte à s’expatrier et à brader le prix de sa force de travail dans des contrées présumées plus généreuses.

Les pressions sur les salaires dues aux écarts de revenus entre pays peuvent être combattues de deux manières :

  • par des mesures légales et des contrôles dans le pays même, pour s’assurer que les travailleuses et travailleurs étrangers touchent, en Suisse, des salaires suisses.

Grâce aux mesures d’accompagnement adoptées dans le cadre des accords bilatéraux, il existe des mécanismes de protection contre la sous-enchère salariale, ces instruments doivent encore être étoffés et améliorés.

  • en veillant à ce que le niveau des salaires s’élève dans les pays d’Europe orientale. A cet effet, ces pays ont besoin d’un côté de croissance économique et de l’autre, de syndicats forts et indépendants.

Nous préconisons qu’une partie des projets qui seront financés par la contribution à l’élargissement serve au développement de syndicats représentatifs et à la promotion du partenariat social en Europe de l’Est.

En décidant de l’octroi aux pays de l’Est européen d’une contribution visant à réduire les disparités économiques et sociales, le peuple suisse s’implique de manière responsable pour que l’élargissement de l’Europe corresponde à un réel progrès pour toutes et tous, garantissant la sécurité, la stabilité et la prospérité sur l’ensemble de notre continent.

Outre les avantages politiques inhérents à l’instauration de la sécurité et de la stabilité en Europe, l’élargissement apporte aussi des avantages économiques à la Suisse, en favorisant l’ouverture des économies est-européennes, dynamiques et en pleine expansion, auxquels les accords bilatéraux ont au surplus été étendus.

La Suisse a donc un intérêt vital à voir les nouveaux États membres de l’UE s’intégrer avec succès dans les structures communautaires.

Enfin, la participation de la Suisse à cet effort commun dans le cadre du soutien de l’Europe de l’Est est essentielle pour le maintien de ses bonnes relations avec l’UE et pour la défense des intérêts des « classes laborieuses » d’ici et d’ailleurs dans les négociations bilatérales.

Votez OUI

pour la coopération et la solidarité des pays de l’Est

Parti socialiste

Les Verts

Parti du Travail

solidaritéS

Communauté genevoise d’action syndicale


Les projets qui seront soutenus dans le cadre de la contribution à l’élargissement de l’UE concernent les dix pays suivants : Hongrie, Slovaquie, République tchèque, Pologne, Lituanie, Lettonie, Estonie, Slovénie, Malte et Chypre ;

dans le cadre de la politique Suisse traditionnelle avec l’Est : Macédoine, Albanie, Serbie, Bosnie et Herzégovine, Monténégro, Ouzbékistan, Kirghizistan, Tadjikistan, Azerbaïdjan, Arménie, Géorgie, Ukraine et la Moldavie.

Les projets qui ne seront plus soutenus dans le cadre de la coopération suisse avec l’Est concerneront la Roumanie, la Bulgarie et la Russie.

PS:

Nous voulons qu’une partie des fonds de coopération aux pays de l’Est soit directement affectée au développement de syndicats représentatifs, à la promotion du partenariat social et à des collectifs soutenant la démocratie...
parce que

  • la réintroduction de l’économie de marché dans les pays de l’Est y a dressé de nouvelles inégalités qui ont réduit leurs peuples à un niveau de vie proche de ceux du tiers monde ;
  • une caste de nouveaux millionnaires a pillé sans vergone les richesses de ces pays en provoquant la paupérisation de millions de personnes ;
  • un chômage endémique persiste et que la « liberté » des riches s’appuye sur un affaiblissement du niveau de la pensée critique ou de l’éthique...



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