Communauté genevoise d’action syndicale

Organisation faitière regroupant l’ensemble des syndicats de la République et canton de Genève

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Accord historique sur l’inspection du travail

Première en Suisse : syndicats, patrons et Etat se mettent d’accord pour renforcer les contrôles

vendredi 4 septembre 2015 par Claude REYMOND

première page de la Tribune de Genève du 03-09-2015

Genève pourra probablement se doter d’une Inspection paritaire des entreprises, ce qui renforcera considérablement son contrôle du marché du travail, tout en luttant contre la sous-enchère salariale. Ceci grâce à un contre-projet à l’initiative syndicale élaboré par les partenaires sociaux et l’Etat. La nouvelle entité comprendra 12 inspecteurs délégués par les employeurs et 12 autres désignés par les syndicats et disposera des mêmes prérogatives que l’Office cantonal de l’inspection des relations du travail. Cette proposition, qui sera soumise au Grand Conseil, remporte l’adhésion de tous : « Nous sommes parfaitement dans la cible de notre initiative », affirme-t-on du côté syndical, tandis que le patronat apprécie le cadre clair fourni aux entrepreneurs. « Genève apparaît déjà comme le Canton qui détient le contrôle le plus étoffé, a relevé Pierre Maudet. Cela vise à répondre à la demande de la population de renforcer les contrôles. »


L’éditorial
Genève serre les rangs

Eric Budry Rubrique Genève

Un meilleur contrôle des règles du marché du travail plutôt que la fermeture des frontières. Tel est le pari lancé hier par Genève pour tenter de contrer la dangereuse séduction du repli sur soi qui a saisi la Suisse depuis le 9 février 2014. Déjà champion national du contrôle des entreprises et de la lutte contre la sous-enchère salariale, le Canton va se doter d’une Inspection paritaire des entreprises et donner davantage de moyens aux fonctionnaires qui traquent sur le terrain les employeurs qui trichent. Ou qui ignorent les règles.
Le dispositif de renforcement des contrôles, qui va être soumis au Grand Conseil, est un outil à vocation politique clairement avouée. Selon Pierre Maudet, il doit rassurer la population et la convaincre de conserver les accords bilatéraux au cas où les Suisses auraient à nouveau à voter, en 2016, pour préciser ce qu’ils ont voulu dire en acceptant l’initiative de l’UDC « Contre l’immigration de masse ».
Le plus extraordinaire dans l’élaboration de ce qui constitue en réalité un contre-projet à une initiative syndicale, c’est que la proposition est désormais portée par le Conseil d’Etat, l’Union des associations patronales de Genève et par la Communauté genevoise d’action syndicale. Une telle union est rarissime et ne peut s’expliquer que par l’importance de l’enjeu.
On ne sait évidemment si le pari sera gagnant. Notamment parce qu’il y a peu de chances que beaucoup d’autres cantons suivent le mouvement. Mais il n’y a effectivement guère d’autres remèdes possibles susceptibles d’apaiser les inquiétudes d’une population déboussolée par les chaos du marché du travail. A moins bien sûr de s’imaginer une Suisse capable de s’engager dans une voie solitaire sans subir aucun dommage. Le 9 février 2014, 60% des Genevois avaient dit ne pas croire à cette issue. Ne reste donc que l’autre chemin.



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