Communauté genevoise d’action syndicale

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Face au diktat, le peuple grec résiste

on préconisait déjà en 2012 l’emploi d’une monnaie locale au lieu de l’Euro pour les échanges intérieurs

mercredi 15 juillet 2015 par Claude REYMOND

Cette façon qu’ont certains gouvernements européens de commander la destruction du bien-commun du peuple grec au travers d’une politique d’austérité anti-économique m’incite à rappeler quelques hypothèses et fondamentaux...


Message d’Anton KELLER du 29 mai 2012

Je apprécie grandement votre offre d’apporter les articles suivants sur le dilemme grec à l’attention de votre collègue grec. M. Alexis Tsipras semble avoir raison quand il poursuit une politique de conserver l’euro comme monnaie nationale (en restant ainsi dans l’UE ), tandis que dans le même temps on introduirait le gel ou la suspension sine die du paquet de la dette. Mais le cercle ne peut pas être bouclé avec les préoccupations et les aspirations légitimes du public, sauf si un catalyseur économique est introduit dans l’équation - sous la forme de parallèles ou complémentaires d’une monnaie locale ... par exemple, le projet de Nomos avec lequel on pourrait de mobiliser les forces et les ressources productives inactives. Qui, il faut l’avoir à l’esprit , est compatible avec le droit actuel de l’UE et n’a "seulement" besoin que de politiciens éclairés pour le développer, et à se tenir fermement derrière cette position vis-à- vis de leurs homologues de l’UE et leurs sherpas à Bruxelles et ailleurs.

<http://www.solami.com/quadratur.htm>

<http://www.solami.com/ecbnotes.doc>

<http://www.solami.com/outofthebox.htm>

<http://www.solami.com/WIR.htm>

<http://www.solami.com/iconoc.htm#re...>


Tiré de http://recma.org/edito/monnaies-et-economie-sociale

Les deux faces, privée et sociale, de la monnaie sont en tension constante parce que l’usage privé de la monnaie, au lieu de faciliter l’échange,y fait obstacle. Or, dans l’économie capitaliste, la monnaie est fortement privatisée. Le théoricien de la monnaie qui a inspiré et expérimenté les monnaies sociales, Silvio Gesell (1862-1930), explique qu’à la différence de l’accumulation de toute autre marchandise – qui représente un coût – l’accumulation de l’argent procure un gain. En conséquence, le possesseur de richesses a strictement intérêt à accumuler de l’argent. Dès lors que l’accumulation de l’argent ne représente pas un coût, le possesseur d’argent acquiert un pouvoir considérable sur tout autre possesseur de biens, dans la mesure où il peut attendre plus que tout autre avant de remettre son bien sur le marché. Pour réduire cet avantage, dit Gesell, il faut que l’accumulation d’argent coûte. Plutôt que d’introduire le "corps mort étranger" qu’il est, il faut que les "billets rouillent", il faut que, comme tous les biens, services, produits naturels et industriels, l’argent vive et meure, que la monnaie perde de sa valeur lorsqu’elle n’est pas échangée. Gesell propose ainsi le principe de " la monnaie fondante », qui va être largement expérimenté au cours des années 30.

C’est en effet tout le sens des monnaies sociales que de redonner à la monnaie sa faculté d’échange créateur de lien social. Dans le cadre d’une économie financière qui privatise les monnaies, l’ESS trouve ainsi dans l’usage des monnaies sociales une voie inédite d’expression et d’innovation. Ce n’est pas tout à fait nouveau pour elle, puisque les coopératives socialisent d’ores et déjà la monnaie en leur sein lorsqu’elles limitent le taux d’intérêt versé aux parts sociales et, plus encore, lorsqu’elles prélèvent une part de l’excédent de gestion pour les placer dans des réserves impartageables et inaliénables. Renforcer la face sociale de la monnaie et en réduire la face privée permet de promouvoir la coopération, de mobiliser les relations de proximité et, plus largement, de s’engager dans un développement soutenable à long terme.

Jean-François Draperi


Face au diktat, le peuple grec résiste. Il faut le faire savoir !

Rassemblement de solidarité avec la Grèce

Mercredi 15 juillet à 18h, Genève, rue du Léman (Pâquis)

Après des dizaines d’heures de négociations – en réalité une séance de canonnade d’ultimatums – les créanciers de la Grèce et leurs institutions internationalisées (FMI, BCE, Commission européenne, Eurogroupe, soit la réunion informelle des ministres des Finances ) ont mis la Grèce et sa population sous tutelle. Décision a été prise d’augmenter les prix des biens de base, en accroissant le taux de la TVA. L’âge donnant droit au départ à la retraite a été élevé à 67 ans, par étapes. Le supplément (EKAS) pour les retraités au bord de la survie est supprimé. Le budget doit être comprimé, sous la férule de l’obligation de dégager un excédent primaire à hauteur de 3,5% en 2018. Ce qui est une fantaisie criminelle. A juste titre, plus d’un économiste grec parle d’un traité de Bruxelles similaire au traité de Versailles. A la différence que les gaz asphyxiants sont de nature financière. La course aux privatisations a été lancée, mais cette fois elles seront placées sous le contrôle d’une instance européenne spécifique. Ainsi, les oligarques grecs, ayant déplacé leurs capitaux en Suisse ou dans d’autres paradis fiscaux, pourront, conjointement à de grandes firmes, s’approprier une partie encore supérieure des richesses de ce pays.

Après le NON massif aux mesures d’austérité (61,3%) et des majorités parmi les jeunes oscillant entre 80 et 70%, il était prévisible qu’au sein de Syriza une opposition importante s’exprime contre le diktat des gouvernements européens. Tout indique que ce sera le cas ce mercredi 15 juillet. Ce n’est pas un hasard si le gouvernement Tsipras a indiqué ce 14 juillet qu’il ne prendrait pas de mesures disciplinaires contre les membres de la fraction de Syriza qui exprimeraient leur opposition. Comme le 11 juillet – vote sur l’accord proposé aux Européens par le gouvernement Tsipras – le traité de Bruxelles-Versailles imposé par l’eurocratie sera voté avec l’aide de la droite historique (Nouvelle Démocratie, Pasok) et le néo-venu To Potami.

Ce mercredi 15 juillet, le syndicat du secteur public a annoncé une grève à l’échelle nationale, une manifestation sur la place Syntagma (de la Constitution) et des démonstrations dans de nombreuses villes.

Le refus de la mise sous tutelle – bien vue par l’oligarchie grecque et ses pairs européens – est mené en Grèce. Mais au même titre que lors de batailles historiques, par exemple contre les colonels entre 1967 et 1974, la majorité populaire de la Grèce ne doit pas être laissée seule. Elle doit recevoir sous diverses formes des signaux de solidarité. Ce d’autant plus qu’elle vit, sous une forme extrême, des politiques et des choix de classe aboutissant à la paupérisation de secteurs entiers de la population, à une exploitation accrue et à une oppression durcie de tous les déshérités.

La Brèche



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