Communauté genevoise d’action syndicale

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Un millier de manifestants contre la réforme d’Alain Berset

mardi 2 juin 2015

LAUSANNE • Samedi, plus de mille personnes ont défilé contre le paquet de réformes prévues par le ministre socialiste pour l’AVS.

MP3 - 9.2 Mo
RadioSuisseRomande

LAURA DROMPT dans Le Courrier du 01-06-2015

« On va faire du bruit pour qu’Alain Berset nous entende jusqu’à Berne ! » Après une heure de défilé dans les rues de Lausanne, il n’en fallait pas plus, samedi, pour que la foule de plus de mille personnes gronde, siffle et hue les réformes de l’AVS voulues par le ministre socialiste. Geneviève de Rham, syndicaliste au SSP, a ensuite pris la parole devant l’auditoire amassé sur la place de la Palud. « Nous ne voulons pas d’économies sur le dos des femmes ! Nous refusons de nourrir les requins du 2e pilier ! »

Le mouvement était emmené par une vingtaine de syndicats, organisations et partis politiques romands. Tous refusent le paquet de réformes prévu à l’horizon 2020, qui prévoit des mesures touchant les femmes, telles l’augmentation de l’âge de la retraite à 65 ans et la suppression de la rente de veuve pour celles qui n’ont pas eu d’enfant. Mais aussi une baisse du taux de conversion du 2e pilier, qui pas- serait de 6,8% à 6%.

Le PS, grand absent
« Il est important de faire exister une voix d’opposition. » Lionel, drapeau de la Gauche anticapitaliste sur l’épaule, est venu de Fribourg pour dénoncer des « réformes purement scandaleuses ». « On nous pousse vers les 2e et 3e piliers, c’est-à-dire vers des retraites par capitalisation. Un système inadmissible dans une perspective syndicale ! Le pire, c’est que cette réforme est mise en place par un socialiste, ce qui entrave les mouvements de la gauche. »

Désignant les étendards tout autour, il pointe le grand absent : le Parti socialiste. Seuls sont venus quelques représentants de la section des jeunes et du PS genevois. « Si un ministre de droite avait proposé les mêmes mesures, vous verriez tout le PS dans la rue », remarque à regret Lionel.

L’ambiance est plutôt détendue, aidée par les slogans appelant Alain Berset à « remballer son paquet » et à réfléchir sur l’endroit de son anatomie où « se le mettre ». Les taquineries n’empêchent pas les manifestants de garder leur sérieux. Laurence, venue de Genève, s’explique : « On nous ressert la baisse du 2e pilier, déjà refusée en votation. Et on négocie l’âge de la retraite contre plus d’égalité. C’est totalement illusoire. Il est temps de mettre la pression sur le Conseil fédéral. » Isabelle, elle, insiste sur « tout ce qui a déjà été perdu », comme l’âge de la retraite des femmes déjà passé de 62 à 63 ans en 2001, puis à 64 ans en 2005.

La solution souhaitée par les syndicats ? « Renforcer l’AVS, solidaire, qui fonctionne grâce à des cotisations prélevées sur tous les salaires et offre les mêmes rentes, avec un seuil minimal et maximal, quel que soit le salaire perçu », comme l’a rappelé Geneviève de Rham.

Après l’adoption de cette réforme par le Conseil fédéral en novembre dernier, le dossier est passé aux mains des Commissions de la sécurité sociale et de la santé publique. L’occasion pour toutes les parties de renégocier les contours de ce paquet. L’opposition de samedi et le succès de la manifestation du 7 mars à Berne – qui avait rassemblé 12000 personnes – laissent présager des débats animées. I