Communauté genevoise d’action syndicale

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La Gauche veut contraindre l’Etat à créer des emplois pour les chômeurs

Genève

vendredi 22 août 2014

L’Alternative et les syndicats veulent réformer l’actuelle loi sur le chômage. Parmi les mesures préconisées : l’égalité de traitement entre Genevois et frontaliers.

paru dans la Tribune de Genève du 22 août 2014

Les Halles de la Fonderie, à Carouge. Le lieu est symbolique. Il y a exactement une année, les employés du Cyclotri de Partage y avaient lancé leur grève. Un an plus tard, l’Alternative et les syndicats y présentent leur projet de loi visant à réformer l’actuelle politique genevoise en matière de chômage. Les auteurs du texte veulent obliger l’Etat à créer des emplois, à améliorer la prise en charge des chômeurs ainsi qu’à traiter de manière égale Genevois et frontaliers.

"Il s’agit d’un projet de rupture dans la manière de traiter le chômage, annonce d’emblée Jocelyne Haller, députée d’Ensemble à Gauche et coauteure du projet. Nous souhaitons ainsi apporter une réponse à l’absence de pro-activité de l’Etat en matière recherche d’emploi." Et cette réponse prend la forme de deux programmes cantonaux, l’un de création d’emplois (PCCE) et l’autre d’insertion professionnelle (PCIP).

Un salaire minimum

Par création d’emplois, le texte entend en finir avec les emplois de solidarité (EdS) et autres postes de travail gratuits et mal rémunérés. Il veut ainsi contraindre l’Etat à créer de "véritables emplois fixes" dans le secteur public et subventionné. Des postes pour lesquelles les salaires ne devraient pas descendre en dessous des "deux tiers du salaire médian genevois", soit 4471,50 francs. "L’objectif est de fixer un seuil qui permette de vivre dignement", explique Manuela Cattani, vice-présidente de la Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS) qui soutient le projet de l’Alternative.

Une compensation financière

Autre axe développé par la proposition législative : la prise en charge des chômeurs. Outre un soutien personnalisé à la recherche d’emploi, le texte met l’accent sur un véritable droit à la formation, avec notamment l’obtention d’un certificat fédéral de capacité (CFC) ainsi qu’une rémunération lors d’un apprentissage en entreprise qui s’aligne sur celle prévue pour la profession par la branche. A charge de l’Etat de verser la différence. Enfin, pour les bas salaires inscrits au programme d’insertion, une compensation financière est prévue afin de leur assurer un revenu décent équivalent à 3577 francs mensuels.

Egalité de traitement

Les travailleurs frontaliers ayant perdu leur emploi sur le canton ne sont pas laissés-pour-compte. Le projet de loi prévoit de leur accorder les mêmes droits qu’à leurs homologues genevois. "Le nombre de chômeurs transfrontaliers n’a jamais été aussi élevé, explique Manuela Cattani. Au troisième trimestre 2013, 7334 chômeurs résidant en Haute-Savoie et dans l’Ain occupaient auparavant un emploi à Genève." Et de marteler : "Avec ce positionnement fort, on s’inscrit clairement contre la préférence cantonale et nationale."

Côté coûts, le budget minimum alloué au programme de créations d’emplois est estimé à 100 millions de francs pour la première année, "lorsque le nombre de demandeurs d’emplois est supérieur à 10% de la population active genevoise". Un montant qui peut être "réduit en proportion", précise le projet de loi. Le taux de chômage étant actuellement de 5,4%, cette somme avoisinerait les 54 millions de francs.

Si la Gauche, qui n’est pas majoritaire au sein du Grand Conseil, ne se fait guère trop d’illusion par rapport à l’accueil qui sera fait à son texte, elle espère néanmoins ouvrir le débat. (TDG)



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