Communauté genevoise d’action syndicale

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Les TPG, figure de proue des fonctionnaires unis dans la colère

jeudi 13 novembre 2014

MANIF • Mille cinq cents manifestants ont protesté contre le budget d’austérité visant
les plus démunis et la fonction publique. Les employés des TPG ont défendu leurs emplois.

paru dans Le Courrier du 13-11-2013 par RACHAD ARMANIOS

« Cela fait vingt ans que la fonction publique n’est pas descendue ainsi unie dans la rue ! » s’exclame au micro Patrick Flury, le président du Cartel intersyndical de la fonction publique, devant le parvis de l’Hôtel de Ville. Avant lui, c’était le représentant des policiers, Christian Antonietti, qui affirmait la solidarité de tous les employés de l’Etat de Genève et du secteur subventionné les uns envers les autres « contre les abus du gouvernement ». La mobilisation d’hier, à la pause de midi, était annoncée comme un moment charnière dans le bras de fer avec les autorités. Pari réussi, selon les organisateurs, qui ont réuni mille cinq cents personnes, tandis que soixante employés de l’hôpital distribuaient de la soupe devant leur établissement.

En avril, le Syndicat des services publics et les syndicats policiers avaient rassemblé mille deux cents manifestants contre le projet de refonte de la grille salariale de l’Etat (SCORE). Hier, ils étaient rejoints par le Cartel et le Syndicat du personnel des transports (SEV TPG). La Communauté d’action syndicale est là en appui, comme les partis de gauche.

SCORE n’est qu’une des cibles. La colère est dirigée contre l’austérité, qui se décline à l’envi dans le projet de budget de l’Etat. Celui-ci sabre dans les aides aux plus démunis, prévoit des coupes linéaires, supprime l’annuité des fonctionnaires, etc.

« Un manque de respect »

Les employés des Transports publics gene- vois (TPG) sont parmi les plus représentés. Ils s’émeuvent du contrat de prestations qui, en ne compensant pas le manque à gagner des baisses tarifaires, fera biffer cent postes, dont soixante licenciements. Au dépôt de la Jonction, ils sont deux cent vingt s’apprêtant à rejoindre la place Neuve. « Comme d’habitude, les TPG sont en retard », plaisante au mégaphone le syndicaliste Vincent Leggiero, avant de donner le signal de départ.
« Faire plus avec moins, ce n’est pas possible, nous explique un chauffeur. On est déjà régulièrement appelés sur nos jours de congé. Et ça va encore empirer. On n’est pas des machines, on a besoin d’une vie familiale et sociale pour récupérer nos forces. Sinon, on met les gens en danger. Notre métier demande une extrême vigilance. »

Les retraités sont présents en nombre. Marie-Claire Cotillon a travaillé vingt-sept ans dans les bureaux de la régie publique. Au 1er janvier, celle-ci la privera de 75 francs de participation aux primes maladie et de l’abonnement de bus gratuit. Elle pourra s’en acheter un à 150 francs. « C’est un manque de respect pour le travail accompli ! » « A mon âge, devoir recommencer à manifester, ça me met en colère ! » confie Roger, ancien serrurier, trente-neuf ans de service.

Une grève en décembre n’est pas exclue

Arrivée à la place Neuve, la troupe se joint aux manifestants déjà sur place. Au micro, des orateurs dénoncent les attaques contre les gens à l’assistance, « tout ça pour protéger les nantis ».

Vers 12h15, un long cortège s’ébranle en direction de l’Hôtel de Ville. « On va se faire bouffer tout cru alors que la Suisse est en croissance, toute la fonction publique devrait être dans la rue ! » commente un enseignant. Cet autre fonctionnaire clame sa foi dans le service public. « Je travaille à l’Office du logement. On n’est pas assez, on fait ce qu’on peut pour offrir un service de qualité. » A la place du Bourg-de-Four, deux jeunes femmes, un autocollant « Palais de Justice » sur le manteau, attaquent SCORE « qui dévalorise notre travail. Prononcer des jugements, c’est une lourde charge ».

Devant le siège du gouvernement, le syndicaliste Davide de Filippo (SIT) s’en prend à « ceux qui prétendent que la fonction publique serait obèse et se tournerait les pouces ! » Huées. « Mais qui soigne les malades, récolte l’impôt et, même, note dans des procès-verbaux les insanités que certains députés racontent sans cesse au Grand Conseil ? » « Longchamp, si tu savais, ton budget où on s’le met... », chantent maintenant des jeunes, inquiets pour leur école.

Mi-décembre, à l’approche du vote du budget, la mobilisation reprendra. La grève n’est pas exclue. I



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