Communauté genevoise d’action syndicale

Organisation faitière regroupant l’ensemble des syndicats de la République et canton de Genève

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3.1_f_Service_public amendement SIT texte orientation 3

jeudi 16 octobre 2014 par Claude REYMOND

Texte d’orientation n. 3 « Service public »
Proposition d’amendement, SIT
Page 1, amendement général, motion d’ordre

Le SIT propose de ne pas adopter le texte d’orientation n°2 et de le renvoyer en Assemblée des délégué-e-s.

Exposé des motifs

Cher-ère-s collègues, camarades,
Les services publics sont en danger. Parce qu’il exerce un rôle de redistribution des richesses et d’amortisseur social, l’Etat social construit au lendemain de la seconde guerre mondiale est patiemment mais systématiquement démantelé par le néo-libéralisme patronal. A coup de baisses d’impôts d’une part et de matraquage idéologique d’autre part, la droite patronale au pouvoir démonte pièce après pièce l’édifice des services publics. Prétendument trop gros, trop chers, trop rigides, trop bureaucratiques, les services publics sont soumis à un régime d’amaigrissement sans précédent. Des pans entiers, ceux qui sont rentables et qui peuvent représenter un juteux marché pour le secteur privé, sont privatisés ou menacent de l’être : les transports, les télécommunications, l’énergie, la santé, et même maintenant la sécurité. Le non rentable et le périphérique, mais également la très coûteuse infrastructure nécessaire au fonctionnement de l’économie sont quant à eux laissés en mains publiques, mais au prix de déficits grandissants, qui servent ensuite à justifier encore et encore des coupes budgétaires.
Cette offensive néo-libérale touche durement les politiques publiques cantonales et communales, dont les compétences, fédéralisme oblige, recoupent une grande partie de l’Etat social, de l’accueil extra-familial à l’enseignement, les soins, les services sociaux, etc. Autant de services publics indispensables à la population, et parmi elle, aux salarié-e-s les plus précaires. Mais autant de services publics toujours en première ligne lorsqu’il s’agit de couper dans les budgets, avec des conséquences désastreuses pour le personnel et pour les usagers-ère-s. Les tenant-e-s du « moins d’Etat » savent où frapper, et ils-elles frappent sans relâche.
Cette attaque néo-libérale ne date pas d’hier, et il n’aura pas fallu attendre les actuelles négociations secrètes de l’accord TISA pour qu’elle soit mise en œuvre. Les grandes régies publiques sont privatisées, le statut de fonctionnaire est un lointain souvenir, la cure d’amaigrissement des services de la Confédérations se poursuit malgré des comptes bénéficiaires de plus d’un milliard de francs en 2013, et la Confédération continue de reporter toujours plus de charges sur les Cantons et les Communes. Non, cher-ère-s camarades, les déclarations hypocrites d’un Conseil fédéral au service de ce projet libéral - ce même Conseil fédéral qui vient de lancer une énième réforme de la fiscalité des entreprises qui va encore plomber les services publics - n’ont pas leur place dans un texte d’orientation syndicale.
Mais la citation totalement inopportune du Conseil fédéral n’est pas le seul problème de ce texte :
• Alors que les régimes d’austérité mettent à mal l’ensemble des services publics fédéraux, cantonaux et communaux, comment entamer un texte censé offrir des perspectives de luttes par un satisfecit lénifiant sur la qualité des services publics en Suisse ?
• Alors que ces régimes d’austérité voulus par la droite patronale, bien avant « le manque de personnel qualifié », mettent sous pression les conditions de travail dans l’ensemble des collectivités publiques, comment un texte d’orientation syndicale peut-il demander des effectifs supplémentaires uniquement pour les gardes-frontières et la police ?
• Alors que les soins représentent un marché de plusieurs milliards de francs, que les grands groupes privés ne cessent d’avaler des parts de plus en plus grandes de ce gâteau au détriment des conditions de travail et de l’accès universel à des prestations de qualités, et que les conditions de travail ne cessent de se dégrader dans les hôpitaux publics, comment un texte d’orientation peut-il se contenter de demander de simples « mesures d’accompagnement dans le financement hospitalier » ?
• Alors que les externalisations de prestations publiques vont bon train, et que certaines majorités politiques de droite vont jusqu’à théoriser et mettre en œuvre le recours à la famille (les proches-aidant-e-s) pour pallier les effets négatifs des plans d’austérités qu’elles promeuvent elles-mêmes, comment un texte d’orientation syndicale peut-il se faire le relai de cette politique en revendiquant « le développement d’offres de soutien pour les personnes soignant des proches » ?
• Alors que l’approvisionnement en électricité constitue un autre marché juteux sur lequel lorgnent les multinationales et que s’annonce le bradage de la dernière tranche, pourquoi l’idée d’une lutte commune que constituerait le lancement d’un référendum n’est-elle-même pas évoquée ?
• Alors que l’accueil extra-familial, permettant l’accès du marché du travail aux femmes, est une question essentielle d’égalité, le texte d’orientation ne mentionne même pas cet élément et se contente de demander le maintien, et non le développement, des incitations financières de la Confédération dans le domaine.
Cher-ère-s collègues et camarades, la liste des éléments à corriger dans ce texte serait encore tellement longue qu’il faudrait un Congrès entier pour y procéder. Le texte n. 3 ne prend pas la mesure des attaques dont sont victimes les services publics. Il ne dénonce en rien celles et ceux qui sont à l’origine de ces attaques, c’est-à-dire les représentant-e-s politiques du patronat. Il n’offre aucune perspective de lutte concrète et unifiante pour le mouvement syndical ces prochaines années.
C’est pourquoi le SIT votera contre l’acceptation de ce texte et recommande son renvoi à une prochaine Assemblée des délégué-e-s.


Text über die gewerkschaftliche Ausrichtung Nr.3 « Öffentlicher Dienst »
Abänderungsvorschlag, SIT
Seite 1, allgemeiner Abänderungsantrag, Antrag zur Tagesordnung

SIT schlägt vor, den Text über die gewerkschaftliche Ausrichtung Nr.2 nicht anzunehmen und ihn an die Delegiertenversammlung zurückzuschicken.
Darlegung der Motive
Liebe KollegInnen und GenossInnen,
Der öffentliche Dienst ist in Gefahr. Weil er die Rolle der Umverteilung von Reichtum und als sozialer Stoßdämpfer ausübt, wird der nach dem zweiten Weltkrieg erbaute Sozialstaat langsam aber systematisch von den neoliberalen Arbeitgebern zerstört. Durch Steuersenkungen einerseits und ideologische Berieselung andererseits, nimmt die arbeitgeberfreundliche Rechte in der Regierung das Konstrukt des öffentlichen Dienstes auseinander. Aufgrund der Vorwürfe zu groß, zu teuer, zu starr und zu bürokratisch zu sein, wird der öffentliche Dienst einer Abmagerungskur ohnegleichen unterzogen.
Ganze Sektoren, die rentabel sind und einen saftigen Gewinn in der Privatwirtschaft einbringen können, werden privatisiert oder sind davon bedroht : der öffentliche Nahverkehr, die Telekommunikation, die Stromversorgung, das Gesundheitswesen und jetzt sogar der Sicherheitssektor . Sektoren, die nicht rentabel oder entfernt sind, aber auch die kostenintensive Infrastruktur, die für das Funktionieren der Wirtschaft notwendig ist, wird von ihnen in der öffentlichen Hand gelassen, aber zu Kosten wachsender Defizite, mit denen dann noch mehr Budgetkürzungen begründet werden.
Diese neo-liberale Offensive trifft die öffentlichen Haushalte der Kantone und Gemeinden hart, deren Zuständigkeiten - der Föderalismus verpflichtet - wieder einen großen Teil des Sozialstaats, angefangen bei der Kinderbetreuung bis hin zum Unterricht, zur Pflege, den sozialen Diensten, etc. So sehr der öffentliche Dienst unverzichtbar für die Bevölkerung ist, wozu auch die Beschäftigten in prekären Lebenssituationen zählen. Aber so schnell ist der öffentliche Dienst dann auch bei Budgetkürzungen, die desaströse Folgen für die Arbeitnehmer und andere. Die Verfechter « Weniger Staat » wissen, wo zugeschlagen werden muss und sie schlagen ohne Unterlass zu.
Dieser neo-liberale Angriff kommt nicht von gestern und es wäre nicht notwendig gewesen, die aktuellen Geheimverhandlungen über die TISA-Vereinbarung abzuwarten, damit sie durchgeführt werden. Die großen Anstalten des öffentlichen Rechts werden privatisiert, das Beamtenstatut gehört der Vergangenheit an, die Abmagerungskur der Eidgenossenschaftsdienste setzt sich fort trotz eines Überschusses von Milliarde Franken 2013 und die Eidgenossenschaft wälzt weiterhin immer mehr Lasten auf die Kantone und Gemeinden ab. Nein, liebe Genossinnen und Genossen, die scheinheiligen Erklärungen des Schweizerischen Bundesrates im Dienste des liberalen Projekts - derselbe Schweizerische Bundesrat, der gerade die xte Reform der Unternehmensbesteuerung verabschiedet hat, und der den öffentlichen Dienst belastet - haben nicht ihren Platz in einem Text über die gewerkschaftliche Ausrichtung.
Aber die vollkommen unangebrachte Äußerung des Schweizerischen Bundesrates ist nicht das einzige Problem dieses Textes :
• Während der Sparkurs den öffentlichen Dienst der Eidgenossenschaft, der Kantone und Kommunen belastet, frage ich mich : Wie kann ein Text, der die Perspektiven des Kampfes darlegen soll, durch ein Lob auf die Qualität des öffentlichen Dienstes in der Schweiz angegriffen werden ?
• Während dieser von der arbeitgeberfreundlichen Rechten gewollte Sparkurs lange vor dem « Fachkräftemangel » die Arbeitsbedingungen in allen öffentlichen Gemeinschaften verschärft, frage ich mich : Wie kann ein Text über die gewerkschaftliche Ausrichtung lediglich für die Bundes- und Grenzpolizei eine Aufstockung der Belegschaft fordern ?
• Während die Pflege einen Markt von mehreren Milliarden Franken bietet, wovon die großen privaten Pflegedienstleister nicht aufhören, sich immer größere Stücke vom Kuchen einzuverleiben und dies sich negativ auf die Arbeitsbedingungen und den allgemeinen Zugang zu qualitativ hochwertigen Dienstleistungen auswirkt und sich die Arbeitsbedingungen in den öffentlichen Krankenhäusern immer weiter verschlechtern, frage ich mich : Wie kann ein Ausrichtungstext sich damit begnügen, einfache « Begleitmaßnahmen im Krankenhausbudget » zu fordern ?
• Während die Auslagerung von öffentlichen Dienstleistungen zügig vorangeht und bestimmte politische Mehrheiten der Rechten soweit gehen, eine Theorie aufzustellen und einen Rückgriff auf die Familie (Unterstützung durch Familienangehörige) propagieren, um die negativen Effekte ihrer Sparpläne notdürftig abzustellen, frage ich mich : Wie kann ein Text über die gewerkschaftliche Ausrichtung zum Steigbügelhalter dieser Politik werden, indem es « die Entwicklung von Unterstützungsangeboten für pflegende Angehörige »fordert ?
• Während die Stromversorgung einen weiteren gewinnversprechenden Markt bietet, auf den es die Konzerne abgesehen haben und wo sich der Ausverkauf des letzten Stücks vom Kuchen ankündigt, frage ich mich : Warum nicht einmal der Vorschlag für einen gemeinsamen Kampf, sprich eines Referendums, gemacht wird ?
• Während die Kinderbetreuung, die den Frauen den Zugang zum Arbeitsmarkt eröffnet, eine grundlegende Frage der Gleichberechtigung darstellt, erwähnt der Text über die gewerkschaftliche Ausrichtung nicht einmal diesen Aspekt und begnügt sich damit, sich mit den derzeitigen finanziellen Mitteln zufriedenzugeben und nicht noch weitere Mittel in diesem Bereich durch die Eidgenossenschaft zu fordern.
Liebe KollegInnen und GenossInnen, die Liste der zu korrigierenden Punkte ist dermaßen lang, dass noch eine ganze Versammlung notwendig wäre, um diese abzuarbeiten. Der Text Nr. 3 erkennt nicht das Ausmaß der Angriffe, deren Opfer der öffentliche Dienst ist. Sie prangern überhaupt nicht die Urheber dieser Angriffe, d.h. die politischen Vertreter der Arbeitgeber an. Sie bieten überhaupt keine Perspektive für einen konkreten Kampf und für die Einigung der Gewerkschaftsbewegung in den nächsten Jahren.
Deshalb wird SIT gegen die Annahme dieses Textes stimmen und empfiehlt seine Rücksendung an eine nächste Delegiertenversammlung.


Testo di orientamento nº 3 « Servizio pubblico »
Proposta d’emendamento, SIT
Pagina 1, emendamento generale, mozione d’ordine

Il SIT propone di non adottare il testo di orientamento nº 2 e di rinviarlo in Assemblea dei delegati.
Esposizione dei motivi
Care colleghe e cari colleghi, care compagne e cari compagni,
I servizi pubblici sono in pericolo. Dato che esercita un ruolo di redistribuzione delle ricchezze e di ammortizzatore sociale, lo Stato sociale costruito all’indomani della seconda guerra mondiale è pazientemente ma sistematicamente smantellato dal neoliberismo padronale. A colpi di riduzioni d’imposte da un lato e di bastonatura ideologica dall’altro, la destra padronale al potere smonta pezzo dopo pezzo l’edificio dei servizi pubblici. Accusati di essere troppo grossi, troppo cari, troppo rigidi, troppo burocratici, i servizi pubblici sono sottoposti ad una dieta di dimagrimento senza precedenti. Dei pezzi interi, quelli che sono redditizi e che possono rappresentare un succulento mercato per il settore privato, sono privatizzati o minacciano di esserlo : i trasporti, le telecomunicazioni, l’energia, la sanità, e adesso perfino la sicurezza. Ciò che non è redditizio ed è periferico, ma anche l’infrastruttura molto costosa necessaria al funzionamento dell’economia, sono quanto a loro lasciati in mani pubbliche, ma al prezzo di deficit crescenti, che servono poi a giustificare ripetutamente dei tagli budgetari. Questa offensiva neoliberale tocca duramente le politiche pubbliche cantonali e comunali, le cui competenze, il federalismo obbliga, tagliano di nuovo una gran parte dello Stato sociale, dall’accoglienza extrafamiliare all’insegnamento, alle cure, ai servizi sociali, ecc. Ciò nei servizi pubblici indispensabili per la popolazione, e in essa ai salariati più precari. Ma anche nei servizi pubblici sempre in prima linea quando si tratta di tagliare i budget, con conseguenze disastrose per il personale e per gli utenti. I sostenitori del « meno Stato » sanno dove colpire, e colpiscono senza posa.
Questo attacco neoliberale non risale a ieri, e non sarà stato necessario attendere le attuali negoziazioni segrete dell’accordo TISA perché sia messo in opera. Le grandi gestioni pubbliche sono privatizzate, lo statuto di funzionario è un lontano ricordo, la cura di dimagrimento dei servizi della Confederazione prosegue malgrado dei conti in attivo di più di un miliardo di franchi nel 2013, e la Confederazione continua a riportare sempre più oneri sui Cantoni e i Comuni. No, care compagne e cari compagni, le dichiarazioni ipocrite di un Consiglio federale al servizio di questo progetto liberale - quello stesso consiglio federale che ha appena lanciato un’ennesima riforma della fiscalità delle imprese che zavorrerà di nuovo i servizi pubblici – non hanno spazio in un testo di orientamento sindacale.
Ma la citazione totalmente inopportuna del Consiglio federale non è l’unico problema di questo testo :

• Allorché i regimi d’austerità danneggiano l’insieme dei servizi pubblici federali, cantonali e comunali, come si può impostare un testo che si ritenga offrire delle prospettive di lotta con un “satisfecit” rassicurante sulla qualità dei servizi pubblici in Svizzera ?
• Allorché questi regimi d’austerità voluti dalla destra padronale, ben prima della « mancanza di personale qualificato », mettono sotto pressione le condizioni di lavoro nell’insieme delle collettività pubbliche, come può un testo di orientamento sindacale domandare degli effettivi supplementari solo per le guardie di frontiera e la polizia ?
• Allorché le cure rappresentano un mercato di diversi miliardi di franchi, con i grandi gruppi privati che non cessano d’inghiottire delle parti sempre più grandi di questa torta a detrimento delle condizioni di lavoro e dell’accesso universale a prestazioni di qualità, e con le condizioni di lavoro che non cessano di degradarsi negli ospedali pubblici, come può un testo di orientamento accontentarsi di chiedere delle semplici « misure d’accompagnamento nel finanziamento ospedaliero » ?
• Allorché le esternalizzazioni di prestazioni pubbliche si diffondono e certe maggioranze politiche di destra arrivano addirittura a teorizzare e mettere in opera il ricorso alla famiglia (i parenti di supporto) per mitigare gli effetti negativi dei piani d’austerità che esse stesse promuovono, come può un testo di orientamento sindacale fare da tramite a questa politica rivendicando « lo sviluppo di offerte di sostegno per le persone che si prendono cura dei parenti » ?
• Allorché l’approvvigionamento d’elettricità costituisce un altro mercato succulento adocchiato dalle multinazionali e si annuncia la svendita dell’ultima tranche, perché l’idea di una lotta comune che costituisse il lancio di un referendum non è neppure evocata ?
• Allorché l’accoglienza extrafamiliare, che permette l’accesso al mercato del lavoro alle donne, è una questione essenziale, il testo di orientamento neppure menziona questo elemento e si accontenta di domandare il mantenimento, e non lo sviluppo, degli incentivi finanziari della Confederazione nel settore ?
Care colleghe e cari colleghi, care compagne e cari compagni, la lista degli elementi da correggere in questo testo sarebbe ancora talmente lunga che ci vorrebbe un Congresso intero per procedervi. Il testo nº 3 non prende la misura degli attacchi di cui sono vittima i servizi pubblici. Non denuncia assolutamente coloro che sono all’origine di questi attacchi, vale a dire i rappresentanti politici del padronato. Non offre alcuna prospettiva di lotta concreta e unificante per il movimento sindacale in questi prossimi anni.
Ecco perché il SIT voterà contro l’accettazione di questo testo e raccomanda il suo rinvio ad una prossima Assemblea dei delegati.



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