Communauté genevoise d’action syndicale

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Salaire minimum comme instrument efficace de lutte contre le dumping salarial et les inégalités : le NON l’emporte en Suisse et à Genève

dimanche 18 mai 2014 par Claude REYMOND

La CGAS regrette le rejet important de l’initiative en faveur d’un salaire minimum légal à 4.000 francs. Sur le plan suisse, l’initiative recueille à peine 23% de OUI, résultat malheureusement faible et similaire à celui d’autres initiatives de gauche. Le score de Genève, bien que supérieur à la moyenne suisse, intervient à quelques mois du vote du 9 février sur l’immigration de masse, dans un climat de montée des idées populistes et xénophobes de droite et d’extrême droite, plus propice à la régression et à la désignation de boucs émissaires qu’aux avancées sociales en faveur des salariés-es. Le rejet serré du financement des parkings en France voisine confirme cette dynamique.

L’argument fallacieux brandi par les patrons de la perte d’emplois a primé à Genève, canton suisse avec le taux de chômage et de sans-emploi le plus élevé. Ce même argument a déjà en son temps balayé les initiatives en faveur de la réduction du temps de travail et plus récemment en 2011 l’introduction des 6 semaines de vacances.

L’initiative a toutefois amené une dynamique syndicale positive. Jamais le pays et le canton n’ont autant débattu de l’indécence du phénomène des woorking poor, des inégalités salariales entre hommes et femmes et du creusement des inégalités salariales et sociales, de la nécessité d’un instrument simple et efficace pour lutter contre la sous-enchère salariale dès lors que la majorité des salariés-es du pays et du canton sont privés de la protection des CCT.

Malgré la défaite dans les urnes, la campagne a permis de fixer un seuil de référence désormais incontournable de 4.000 francs mensuels pour un travail à plein temps permettant de vivre dignement. Il va servir d’aiguillon dans les débats à venir et pour les luttes à mener dans les secteurs conventionnés qui n’ont pas encore atteint ce seuil.

Le formidable potentiel de l’initiative soutenu par la campagne intense des syndicats à Genève, outre les avantages symboliques de fixation d’un seuil, a également permis des résultats très concrets pour les salariés-es. Sous sa pression, des employeurs et des branches ont fini par relever les salaires à 4.000 francs ou plus et octroyer ce qui jusqu’à hier était soit-disant impensable. Ainsi il en est des cliniques privées à Genève, du commerce de détail, de certaines chaînes du commerce de détail telles H&M, Aldi, Lidl, et de la fixation d’un salaire minimum dans l’industrie des machines.

Sans salaire minimum légal, la lutte contre la sous-enchère manquera d’un instrument indispensable. Pour la CGAS, sur le plan local et national, il s’agit dès lors de lancer de nouvelles batailles pour plus de protection pour les salariés, pour un renforcement massif des contrôles dans les entreprises, pour instaurer des salaires minimaux dans les branches, pour améliorer la protection contre les licenciements quasi inexistante en Suisse.

La CGAS salue la population du quartier des Pâquis, seul district en Suisse qui a accepté l’initiative.



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