Communauté genevoise d’action syndicale

Organisation faitière regroupant l’ensemble des syndicats de la République et canton de Genève

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la marche des esclaves de samedi 5 avril 2014

vendredi 2 mai 2014 par Claude REYMOND

Clip 01 https://www.youtube.com/watch?v=L1aqpWj2Owc
Clip 02 https://www.youtube.com/watch?v=NoowzD_Njo8
Clip 03 https://www.youtube.com/watch?v=jVfPP-P6Oj0

Dans le cadre de sa campagne en faveur de l’initiative fédérale pour un salaire minimum à 22 France de l’heure (4000 francs par mois), le Syndicat SIT a manifesté pour dénoncer les bas salaires et le travail mal rétribué, dans une mise en scène faisant référence à une sorte « d’esclavage moderne ». Un défilé de quelques dizaines d’hommes et femmes masqué-e-s et enchainé-e-s a en effet traversé les Rues basses, lors d’une manifestation organisée par un prétendu « Comité pour l’introduction de l’esclavagisme en Suisse ». Bien entendu, il s’agissait uniquement d’une parodie, mais la réalité de l’exploitation éhontée de la force de travail est souvent plus proche de ce qu’on imagine …

D’ailleurs, les chiffres dénoncées par l’étude menée par le SIT en 2013 sur la base des données genevoises de l’enquête suisse des salaires 2010 de l’OFS (« 4’000.- Minimum pour tous ! », août 2013) confirment que Genève bénéficie d’une image surfaite quant aux conditions réelles de son marché du travail. En effet, malgré que Genève soit régulièrement classée parmi les villes les plus chères du monde, 10,67 % des salarié-e-s gagnent moins de 4000 francs bruts par mois ! Et à ce pourcentage il faut encore ajouter les salarié-e-s de certains secteurs économiques (l’agriculture, l’économie domestique et les emplois de solidarité) qui ne sont pas considéré-e-s par la base de données OFS. Dans les faits, ce sont donc 33’000 personnes qui gagnent moins de 4000 francs par mois à Genève, sur un total d’environ 210’000 emplois. Et alors que les salaires baissent (depuis 2004, les salaires moyens et médians de l’ensemble du secteur privé ont baissé passant respectivement de 42’442 francs annuels à 41’239 et de 43’335 à 42’372 francs annuels) les inégalités se creusent : les 10% de hauts salaires accaparent 30% de la masse salariale, tandis que les 30% les moins payés se partagent le 10% restant. Cette situation est inacceptable, et l’initiative pour un salaire minimum légal sera un pas décisif vers une politique salariale plus juste et une plus grande répartition des richesses, ainsi qu’une véritable protection contre le dumping salarial.

L’action d’aujourd’hui a certainement choqué par la violence des propos et des images. De notre côté, nous sommes plutôt choqués par la réalité des bas salaires à Genève, et nous continueront à la dénoncer pendant les semaines qui nous séparent encore du vote sur l’initiative syndicale.

Bas les masques, et brisons les chaînes aux bas salaires ! Oui au salaire minimum légal le 18 mai.

Pour le SIT, Giangiorgio Gargantini – secrétaire général adjoint



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