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Quand la sous-enchère salariale s’envole : conférence autour de la grève à Gate Gourmet

LUNDI 12 MAI à 18H30 en salle MR 280 Uni Mail

vendredi 2 mai 2014 par Claude REYMOND

La conférence Universitaire des Associations d’EtudiantEs (CUAE) a le plaisir de vous inviter

Quand la sous-enchère salariale s’envole : conférence autour de la grève à Gate Gourmet

Interviendront :
- Les grévistes de Gate Gourmet
- Christian Dandrès (avocat des grévistes)
- Cornelia Hummel (sociologue à l’Unige)
LUNDI 12 MAI à 18H30 en salle MR 280


Ci-dessous le texte d’appel de la CUAE en vue de la conférence :

Pourquoi faut-il amener la grève de Gate Gourmet à l’Université ?

Depuis plusieurs mois, les conditions de travail à l’Aéroport international de Genève sont au centre de nombreuses polémiques. Bien que l’Aéroport se trouve en pleine expansion, avec un bénéfice net passé de 25 millions à 72,3 millions en dix ans, les conditions salariales et de travail se dégradent sans cesse. Pour les « petites mains » qui permettent la réussite internationale de Genève, les salaires à l’embauche sont ridiculement bas, le travail est pénible et les Conventions Collectives de Travail (CCT) ne sont souvent pas respectées.

En 2010, c’est le personnel d’ISS Aviation qui se met en grève pour exiger le respect de la CCT par ses employeurs. Il y a six mois ce sont les travailleuses de Gate Gourmet (société de restauration qui s’occupe des repas servis dans la plupart des vols) qui ont été forcées de signer un contrat revu à la baisse si elles ne voulaient pas être licenciées. Il en a été de même pour les mécaniciennes de l’entreprise SR Technics, auxquelles on a signifié, il y a quelques jours, un congé-modification : elles doivent accepter des conditions salariales à la baisse sous peine d’être mises à la porte. Les bagagistes de swiss-port se plaignent aussi de conditions de travail inacceptables.

C’est en s’appuyant sur ce genre de pratiques abusives et bien réelles de la part des entreprises que les partis populistes font leur fond de commerce et pointent du doigt les étrangères comme des boucs émissaires de la sous-enchère salariale.

Face au dumping et à la souffrance au travail, il y a des travailleuses qui, courageusement, s’opposent concrètement à la précarisation de leurs conditions. Le personnel de Gate Gourmet s’est mis en grève il y a plus de six mois à cause d’une direction mesquine et sourde à leurs revendications. Leur protestation dure depuis dans l’indifférence générale.

S’il pouvait encore y avoir quelques doutes, la votation du 9 février a bien montré que la vague xénophobe qui investit la Suisse a fini par toucher la tour d’ivoire dans laquelle le monde académique s’est trop souvent enfermé.

Nous croyons qu’il est grand temps qu’à l’université on prenne partie face à une situation politique qui est en train de se répercuter inévitablement sur les conditions de vie, de travail et d’études de nos collègues venant de l’étranger.

Appeler vaguement à une Suisse ouverte et internationale ne fait que nier les problèmes bien réels de la sous-enchère salariale et fait donc le jeu des formations politiques proposant des « solutions » xénophobes.
La vraie lutte contre le dumping se fait déjà quotidiennement sur les lieux de travail. C’est à nous de soutenir ces combats notamment à travers une parole universitaire claire ne se cachant pas, pour une fois, derrière une prétendue neutralité académique qui n’aura jamais été aussi nuisible.

Un premier pas à faire est donc de visibiliser ces conflits et de placer les revendications de celles qui lèvent la tête au centre du débat politique.



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