Communauté genevoise d’action syndicale

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RETRAIT DU PROJET SCORE !

(Système de Compétences Rémunération Evaluation)

lundi 13 janvier 2014

La nouvelle politique salariale proposée par le Conseil d’Etat genevois se fonde sur un nouveau système d’évaluation et de classification des fonctions prétendument plus « simple » et plus « rationnel » que le système en pratique depuis 1975.

Sous prétexte que la grille salariale actuelle serait, selon le Conseil d’Etat, « déconnectée du marché du travail », qu’elle aurait subi « de multiples réévaluations de fonctions » pour aboutir à 1’800 fonctions, qu’elle aurait été « dénaturée par la multiplication des indemnités » le Conseil d’Etat « ouvre une consultation » sur un projet élaboré en secret durant quatre ans par les hauts cadres (directions des ressources humaines et autres responsables hiérarchiques).

Les principales caractéristiques de ce projet Le nouveau système

1. déplafonne les très hauts salaires, l’indemnité de 8,3 % est désormais intégrée au salaire et représente l’équivalent d’un 14e salaire (dès la classe 27 cadres supérieurs). Les hauts cadres sont les véritables bénéficiaires de cette « réforme »,

2. diminue de 9,4 à 12 % les salaires des basses classes (4 à 6) déjà lourdement pénalisées avec les cotisations au IIème pilier imposées par le nouveau plan de prestation de la nouvelle caisse de pension CPEG,

3. divise les salariés en « gagnants » et en « perdants », suivant le principe bien connu de « diviser pour mieux régner ». Prétendus « gagnants » qui n’ont aucune garantie de le rester face à la majorité du Grand Conseil foncièrement anti-fonctionnaires et animée par une boulimie d’économies,

4. s’inscrit dans la continuité de l’accord, que le SSP n’a pas signé, conclu entre le Cartel et le Conseil d’Etat, en 2009, sur l’introduction d’un 13e salaire,

5. Et les associations professionnelles et syndicales ne sont pas appelées à négocier.

Le conseil d’Etat, fidèle avec lui-même, propose une « consultation » dans un cadre rigide fixé à l’avance. Autrement dit, les « avantages » des uns se fondent sur les « désavantages » des autres.

Quelques bonnes raisons de s’opposer à SCORE

1. le SSP a toujours combattu, y compris par la grève, le blocage des réévaluations collectives des fonctions figurant dans l’accord sur le 13e salaire. C’est pourquoi, il n’a pas cessé de s’engager avec succès, en faveur de groupes de salariés comme les magasiniers comptables, les transporteurs de patients, les nettoyeurs des HUG, les aides-soignants-es, les laborants-es, les maîtres d’éducation physique, les assistants sociaux du SPMi-SPAd, etc.),

2. le SSP s’oppose à ce que la grille salariale de la fonction publique se « rapproche » et se « connecte » avec le marché du travail du secteur privé. Autrement dit qu’elle s’inspire des conditions arbitraires et injustes qui dominent dans l’économie privée soumise aux lois de la concurrence (sous enchère salariale, flexibilité du temps de travail, absences de protections, etc),

3. parce que des pas considérables ont déjà été franchis dans ce sens avec la facilitation des licenciements (LPAC), la baisse des prestations du IIème pilier (CPEG), la dégradation des conditions de travail dans beaucoup de services, le blocage des annuités, la suppression du Plend...

4. refuser SCORE c’est refuser tout ce qui peut en découler : l’extension de l’annualisation du temps de travail, le salaire au mérite, une mobilité non souhaitée et bien d’autres mauvaises surprises,

5. parce que cette prétendue nouvelle « réforme » s’inscrit dans la logique du dogme libéral du « moins d’Etat » dans un contexte de baisses des impôts pour les fortunés et les entreprises dont les conséquences sont supportées par la seule fonction publique !
6. le gaspillage de millions de francs pour financer une entreprise privée GFO qui a vendu « clefs en main » son produit à l’Etat de Genève. Ce système d’évaluation a déjà été imposé dans la fonction publique d’autres cantons (VD, NE, LU...) à La Poste et aux CFF avec des résultats alarmants,

7. SCORE nous est soumis en « consultation » après une procédure de préparation contestable, avec seulement 206 questionnaires choisis pour représenter les 1’800 fonctions de 37’000 travailleurs-euses des services publics !

8. une utilisation abusive et anticipée des critères retenus par SCORE pour sélectionner les métiers considérés comme « pénibles » dans le cadre de la fusion des caisses de pension et lors de certains entretiens d’embauche

Le syndicat des services publics région Genève

1. REFUSE le projet du Conseil d’Etat dans son état actuel qui, en nous obligeant à rester dans un cadre budgétaire indépassable, interdit toute véritable négociation,

2. REFUSE toutes les baisses salariales en particulier des basses classes qui mériteraient d’être, au contraire, réévaluées à la hausse,

3. REFUSE une réévaluation des métiers entraînant de nouvelles inégalités, des désavantages pour certaines catégories professionnelles ou des divisons au sein d’une même catégorie,

4. REFUSE la politique d’ensemble du Conseil d’Etat envers le service public qu’il étrangle avec des budgets à la baisse, des « économies » de toutes sortes, le blocage des annuités, le non-engagement du personnel nécessaire, etc.

5. DEFEND le maintien du haut niveau de qualité des prestations à la population avec son corollaire salarial,

6. EXIGE le maintien de tous les acquis salariaux (notamment les indemnités) qui ont été obtenus par la lutte,

7. EXIGE le déblocage des procédures de réévaluation collectives des fonctions.

En guise de conclusion provisoire

Le SSP propose au personnel et aux organisations du Cartel de préparer les conditions d’une mobilisation de masse coordonnée pour imposer au Conseil d’Etat, dans l’unité, un rapport de forces qui empêche l’introduction de SCORE.

Le SSP s’oppose à cette prétendue réponse parce qu’elle ne répond en rien aux réels besoins des salariés de la fonction publique.

Nous demandons que les moyens financiers gaspillés avec Score soient utilisés pour améliorer les conditions de travail dans les services qui ont subi des suppressions de postes et partout où les besoins s’en font sentir.

Le SSP organise d’ores et déjà des réunions d’information et de mobilisation, il est disposé à lancer une pétition et n’exclut aucun moyen de lutte pour le retrait de SCORE !



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