Communauté genevoise d’action syndicale

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Retour sur l’assemblée des délégué.e.s du Parti libéral radical

mardi 15 janvier 2013 par _information fournie par la composante

Le 10 janvier, une délégation du SSP a été invitée par l’assemblée des délégué.e.s du Parti libéral radical pour y expliquer les raisons de notre opposition à la fusion des caisses de retraite. Au vu de l’importance de ce qui y a été dit, le syndicat des services publics a décidé de rendre public le compte-rendu établi par Paolo Gilardi à l’attention de nos instances et validé par les deux autres membres de la délégation du SSP, les co-présidents David Andenmatten et Thierry Daviaud

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Vous le savez puisque vous m’y avez délégué, j’ai participé jeudi soir avec David Andenmatten et Thierry Daviaud à l’assemblée des délégués du PLR où j’étais censé croiser le fer avec Pierre Weiss, le chevalier blanc qui se prend pour le gouverneur de la république.

En fait, le vrai débat a eu lieu, en ma présence, entre les caciques du parti et Pierre Kunz en particulier, non pas sur la portée de la LPCEG, mais sur l’opportunité politique de s’opposer à la loi. Pour résumer les choses, on peut dire que les PLR ont discuté des meilleures conditions pour démolir nos retraites : tout de suite ou par étapes ? J’avais l’impression d’assister à une séance du comité central de la bourgeoisie genevoise discutant des meilleures options tactiques pour elle.

Et cela a été fort intéressant dans la mesure où, confrontés à quelques notables voulant en découdre avec « les fonctionnaires » -et surtout, les syndicats, dirais-je-, les chefs du PLR ont donné une leçon de politique -en particulier François Longchamp, remarquable, et Weiss.

Leur argument, repris par Françoise Saudan, partiellement citée dans la TdG, a été celui que je résumerais sous l’image de la fusée à plusieurs étages.
Ainsi, dans son introduction, Weiss a indiqué que la primauté aux prestations, la répartition 2/3 – 1/3, l’âge de la retraite à 64 ans et les dérogations en raison de la pénibilité du travail restaient des tabous « pour le moment ». Il a par la suite expliqué, tout en diffusant aux délégués le tract du Cartel intersyndical (« pour la 1ère fois de ma vie je distribue un tract syndical » a-t-il ironisé), que, pour mettre en orbite la tête de la fusée censée s’en prendre aux tabous, il faut un premier étage-moteur qui l’arrache à l’attraction terrestre.

Pour cela, a expliqué Longchamp, il fallait un front large derrière la LCPEG. Si la loi s’était attaquée aux tabous, a-t-il ajouté, le PS et les Verts auraient cédé à la pression du SSP et auraient milité contre la LCPEG, ce qui n’est pas le cas maintenant. Dès lors, il s’agit de battre et désorganiser la résistance du SSP le 3 mars de manière à pouvoir actionner les moteurs du deuxième étage de la fusée et mettre en orbite l’attaque ultime contre les tabous.

Et Pierre Weiss d’ajouter que, ayant déposé le matin même son acte de candidature pour les prochaines élections, il est déjà en train de préparer un projet de loi, pour lequel, prétentieux, il prévoit d’être le rapporteur de majorité et qui viserait, « cette fois, les tabous en proposant une cotisation fifty-fifty, la primauté des cotisations, l’élévation de l’âge à 65 ans et la suppression des dérogations en matière de pénibilité ». Mais pour cela, d’après François Longchamp, « il faut gagner la première bataille, celle du 3 mars » et infliger la défaite aux irréductibles du SSP.

C’est d’ailleurs le même Longchamp qui a reconnu que -il est cité à ce propos par la TdG- un « échec le 3 mars ne pourrait être interprété que comme une victoire du SSP et de ceux qui veulent une fusion à des conditions meilleures pour le personnel ». Or, a-t-il laissé entendre, si on veut éviter le désastre que pourraient être la liquidation de la CIA ou une recapitalisation totale imposée par la Confédération (10 milliards en cinq ou sept ans d’après le document du 21 décembre du Département des Finances) et donc négocier un plan B, c’est en termes d’amélioration des conditions de la fusion qu’il faudrait le faire, pas en termes d’une péjoration ultérieure de la LCPEG.

Pour le PLR, recommander le OUI signifie donc se prémunir contre des concessions que l’Etat serait obligé de faire dans une nouvelle loi de fusion pour éviter le « chaos », la détérioration de l’image de Genève et celle de « la notation établie par Standard & Poors » rappelée par le banquier Cuendet.
Le résultat du vote interne est net : il n’y a eu que 9 personnes pour suivre la proposition Kunz alors que 103 autres ont dit oui à la LCPEG. Avec le PDC (chez qui j’ai renouvelé l’exercice en fin de soirée), l’UDC et le MCG, tous les partis de droite recommandent donc l’acceptation de la LCPEG. Un vote négatif ne pourra être interprété que comme un refus d’une fusion antisociale, comme l’a indiqué Longchamp et non pas anti-fonctionnaires.
Quant à l’hypothèse d’une « loi Weiss » rapide si le non l’emportait le trois mars, Weiss himself s’en est défendu expliquant que celle-ci n’aurait aucune chance car, « cette fois, les socialistes et les verts rejoindraient le SSP » et elle ferait l’objet d’un nouveau référendum, plongeant « Genève dans le chaos » avec à la clé une perte d’image que le banquier Edouard Cuendet (y avait du beau monde, l’autre soir au PLR…) a défini comme « désastreuse pour la place financière ».

En d’autres termes, leur crainte réelle est que, si le non l’emporte, ils soient acculés à devoir accepter une négociation avec le SSP pour ne pas devoir affronter le « chaos ».

Ainsi, même si je n’ai pas pu débattre beaucoup avec Weiss, nous avons appris beaucoup de choses.

D’ailleurs, ayant proposé à Weiss de venir débattre de la LCPEG devant le personnel de non école, il m’a assuré de sa présence lorsque nous lancerons le prochain référendum, celui contre la loi qu’il entend déposer si le oui l’emporte le 3 mars. Pour le moment, il estime que c’est à d’autres, Hiler, les Verts, le PS, le Cartel dont il diffuse le tract, de fonctionner comme propulseur du premier étage de la fusée.

Ce sont des éléments qui me confirment la justesse du choix fait par le syndicat.

Paolo Gilardi



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