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un obstacle à l’instauration de la paix

jeudi 1er novembre 2012 par Claude REYMOND

La position de principe de l’Union européenne (UE), réaffirmée à de multiples reprises ces dernières décennies, est de considérer que les colonies israéliennes implantées au sein des territoires palestiniens occupés sont "illégales au regard du droit international ; elles constituent un obstacle à l’instauration de la paix ; elles risquent de rendre impossible une solution fondée sur la coexistence de deux Etats".

Seulement, en pratique, l’UE fait l’inverse des intentions affichée ...

article du Monde du 31/10/ 2012 concernant
le boycott des produits provenant des colonies illégales implanté dans
les TPO et la position ambiguë de l’Union Européenne


L’UE prise en faute sur ses liens avec les colonies israéliennes

LE MONDE | 30.10.2012 à 15h20

Par Laurent Zecchini (Jérusalem, correspondant)

La position de principe de l’Union européenne (UE), réaffirmée à de multiples reprises ces dernières décennies, est de considérer que les colonies israéliennes implantées au sein des territoires palestiniens occupés sont "illégales au regard du droit international ; elles constituent un obstacle à l’instauration de la paix ; elles risquent de rendre impossible une solution fondée sur la coexistence de deux Etats". Seulement, en pratique, l’UE fait l’inverse des intentions affichées dans cette profession de foi.

Selon un rapport de 22 organisations non gouvernementales (ONG), rendu public mardi 30 octobre, la valeur annuelle des produits qu’elle importe des colonies est quinze fois supérieure à celle des produits qu’elle achète dans les territoires palestiniens : 230 millions d’euros d’un côté, contre 15 millions d’euros de l’autre. Ces chiffres ont été fournis par le gouvernement israélien à la Banque mondiale. Ce rapport est intitulé "La paix au rabais : comment l’UE renforce les colonies israéliennes illégales".

Préfacé par Hans van den Broek, ancien commissaire européen aux relations extérieures, il a été rédigé par des ONG de nombreux pays (France, Allemagne, Belgique, Grande-Bretagne, Danemark, Suède, Norvège, Pays-Bas, Irlande), ainsi que par la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH). Le rapport souligne que près de 4 millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie et à Gaza (4,2 millions, selon l’Autorité palestinienne), ainsi que 500 000 colons israéliens, ce qui signifie que l’UE "importe au moins 100 fois plus par colon que par Palestinien".

LA CROISSANCE DE FACTO FAVORISÉE

Cette situation semble d’autant plus paradoxale, estiment les auteurs, que tout en condamnant régulièrement les colonies israéliennes, "elle soutient leur viabilité en achetant leurs produits" et favorise de facto leur croissance. *"Etant donné que la plupart des marchandises provenant des colonies portent une étiquette susceptible d’induire en erreur, qui indique "Fabriqué en Israël", de nombreux consommateurs européens soutiennent également à leur insu l’entreprise de colonisation", ajoutent-ils, tout en rappelant que l’UE est le plus important bailleur de fonds des Palestiniens. Elle a versé environ 5 milliards d’euros de 1994 à 2011 à l’Autorité palestinienne, dont 459 millions d’euros en 2011.

Parmi les produits des colonies vendus en Europe figurent notamment des denrées agricoles, comme les dattes, les raisins, les agrumes, les herbes, les vins, ainsi que des produits manufacturés, comme les cosmétiques de la marque Ahava, des composants des machines à gazéifier SodaStream, les meubles de jardin Keter. Le rapport cite plusieurs entreprises européennes, notamment françaises (Veolia, Alstom), et allemandes (Heidelberg Cement, Deutsche Bahn), impliquées dans l’économie des colonies.

Les ONG recommandent aux gouvernements européens de prendre plusieurs mesures, en particulier deveiller à l’étiquetage correct de tous les produits des colonies (y compris les produits manufacturés), comme l’ont fait, dans une certaine mesure, le Royaume-Uni et le Danemark ; d’envisager l’interdiction des importations des produits des colonies, comme le demande l’Irlande ; d’exclure les produits des colonies de l’accès préférentiel aux marchés européens, d’exclure les colonies des accords bilatéraux et des instruments de coopération avec Israël, etc.

Le premier ministre palestinien, Salam Fayyad, demande depuis longtemps à la communauté internationale de suivre l’exemple d’Afrique du Sud et du Danemark, et de boycotter les produits des colonies. Cependant, à l’exception de la Grande-Bretagne, où une grande chaîne de distribution (Co-operative Group) a annoncé son intention de boycotter les exportateurs agricoles israéliens qui vendent également les produits des colonies, la campagne BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) ne connaît qu’un succès relatif en Europe.

Le rapporteur des Nations unies sur les droits de l’homme en Palestine, Richard Falk, a récemment appelé au boycottage des entreprises impliquées dans les colonies, s’attirant les critiques tant des Etats-Unis, du Canada que d’Israël. Alors que Washington a qualifié sa démarche d’"irresponsable et inacceptable", Ottawa lui a demandé de "se rétracter ou de démissionner".
Pour sa part, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, qui arrive mercredi à Paris, ne cesse de souligner qu’un boycottage des produits des colonies entraînerait une perte d’emploi pour les 25 000 Palestiniens qui y travaillent, "ce qui aggraverait la crise économique que traverse l’Autorité palestinienne".



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