Communauté genevoise d’action syndicale

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lettre de lecteurs adressées le 3 septembre 2006 aux journaux genevois

2X NON à une école sélective

2X NON à un pays qui exclut

mardi 5 septembre 2006 par Claude REYMOND

4 X NON le 24 septembre

Réclamer que l’école primaire transmette aux élèves des savoirs durables, c’est pouvoir leur offrir un milieu d’apprentissage enthousiasmant. Soit qui donne sens à la culture par la culture elle-même. Or, dès que la sélection se mêle à la formation à l’école, les savoirs prennent un drôle de goût, celui d’un ticket de passage ou de sortie, d’un barrage, d’un tri social. Un goût qui semble aujourd’hui tout à fait admis, tant cette coutume est tenace à l’école.
Cette logique sélective rend pourtant la vie difficile à tout le monde :
Aux élèves et à leurs parents. Parce qu’elle dénature les savoirs et occulte leur intérêt.
Aux enseignants. Parce qu’elle biaise, souvent à leur insu, leurs meilleures intentions pédagogiques.
À l’institution. Parce qu’elle déforme les effets attendus de structures performantes (soutien, cycle).
Aux citoyens. Parce qu’elle provoque l’exclusion tout court de beaucoup de jeunes. Avec son flot de dégradations du lien social.

La rénovation de l’école primaire, lancée il y a plus de 10 ans, avait été mise en place dans le dessein de redonner sens et goût à la culture scolaire. En ne couplant plus la formation avec une sélection qui empêche l’institution d’atteindre ses propres buts. Mais en évaluant régulièrement la progression des élèves. Il s’agissait de mieux faire comprendre aux enfants que les savoirs sont des réponses apportées à nos questions ; des résolutions aux problèmes rencontrés ; des outils pour relever des défis ; des occasions d’être fiers d’être humain ; des possibilités de vivre, de mieux vivre, ou parfois de simplement s’en sortir. Il s’agissait de cesser de faire se détourner, voire de dégoûter tant d’enfants de la lecture, des mathématiques, de l’éducation artistique ou physique, ou de l’apprentissage de l’histoire, de la géographie, des sciences ou des langues.

De nombreux changements de qualité ont été introduits depuis plusieurs années. Ne déstabilisons pas ces avancées qui vont dans le sens des pays qui obtiennent aujourd’hui les meilleurs résultats scolaires. En sachant que nous pourrons un jour faire mieux, lorsque nous aurons compris, comme eux, qu’un contrat scolaire qui garantit aux familles une scolarité exclusivement pour se former, est non seulement plus juste, mais source d’une formation plus durable pour tous.

Ainsi le 24 septembre, en tant que Groupe romand d’éducation nouvelle nous dirons 2 X NON, à un projet et à un contre-projet qui demandent au peuple : de renoncer durant des années à tous les espoirs de progrès et de projets qui étaient nés avec la rénovation ; de durcir la sélection dès le plus jeune âge ; de faire fi des théories de l’apprentissage. Ces dernières ont aujourd’hui montré qu’une école, par la sélection qu’elle opère, freine non seulement l’acquisition de la culture, mais la construction de l’intelligence elle-même. Ce qui fait dire à Albert Jacquard, qui l’a encore répété cet été lors des Rencontres internationales de l’Education nouvelle de Marly : La sélection mêlée à la formation scolaire est un crime contre l’intelligence.

Et nous voterons 4 X NON le 24 septembre parce que l’accueil des différences culturelles et sociales n’est pas seulement une affaire d’école, mais la source même, la richesse de notre patrimoine humain. Et le moteur de toute démocratie.

Marie-Ange Barthassat, Jean-Marc Richard, Etiennette Vellas (GREN)



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