Communauté genevoise d’action syndicale

Organisation faitière regroupant l’ensemble des syndicats de la République et canton de Genève

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UN CHOIX DE SOCIÉTÉ

mercredi 10 octobre 2012

publié dans Le Courrier du 06-10-2012

En examinant le projet de Constitution, on découvre un article 9 qui, sous le titre « Principes de l’activité publique », stipule que « l’Etat agit au service de la collectivité en complément de l’initiative privée et de la responsabilité individuelle ». Dans tous les secteurs d’activité de l’Etat (l’article n’introduit aucune restriction), l’initiative privée aurait donc la primauté et l’Etat un rôle de complément. C’est un véritable renversement de perspective.

André Chavanne doit se retourner dans sa tombe. Voilà que l’école publique est destinée à ne devenir qu’un complément aux écoles privées.

Les cliniques privées fleurissent dans le canton, alors que l’Hôpital cantonal peine aujourd’hui à faire face aux besoins des habitants du canton.

Les entreprises de sécurité privées ne cessent de se développer, alors que l’Etat a de la difficulté à recruter des policiers en nombre suffisant. Allons- nous accepter de renforcer cette évolution ?

L’article 9 est lourd de sens. Il est un véritable cheval de Troie de la droite libérale, qui lui servira de levier pour renouveler et accélérer la réalisation de ses projets. Il ne faut pas se laisser abuser par quelques améliorations de formulation de droits fondamentaux incontestés, qui n’ont été acceptées que pour mieux cacher l’essentiel : le projet de nouvelle Constitution genevoise s’inscrit parfaitement dans la logique de la mondialisation néolibérale. Les partisans de celle-ci s’efforcent partout de renforcer le pouvoir des marchés et des entreprises au détriment des sociétés civiles, en affaiblissant les Etats. C’est ce but que les libéraux et leurs alliés poursuivent grâce à l’article 9.

Face à la dérive de nos Etats asservis par les pouvoirs économiques, ceux qui souhaitent que se renforcent les sociétés civiles ne peuvent, à mon sens, que voter « non » au projet de nouvelle Constitution.

JEAN-BERNARD WAEBER



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