Communauté genevoise d’action syndicale

Organisation faitière regroupant l’ensemble des syndicats de la République et canton de Genève

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Adresse à Messieurs Mark Müller et Christian Grobet

mercredi 16 septembre 2009 par Claude REYMOND

Messieurs,

Nous avons apprécié votre accord modifiant la loi sur les LUP. Dans la foulée cependant, vous vous êtes aussi trouvé d’accord pour intégrer 14’000 nouveaux logements dans le périmètre PAV, ce que nous contestons par une analyse fondée sur des paramètres urbanistiques.

Comme l’ont établi plusieurs urbanistes (qui n’auraient pas connu carrières et promotions dans le service public sans que leur professionnalisme ne soit largement reconnu), ce nombre de 14’000 est hors de proportion en regard de la surface disponible. Ainsi, M. Schaffert et d’autres ont démontré que ces 14’000 logements équivalent à 5 cités du Lignon ou 16 ensembles des Tours de Carouge ; donc, que l’occupation du sol de chacun de ces exemples équivaudrait presque à la surface totale du PAV ; le solde serait même trop restreint pour accueillir ce qu’induisent ces futurs 28’000 habitants : 1 collège (CO) et 10 écoles primaires et enfantines.

Etre contre vos 14’000 logements découle d’un exercice de géométrie élémentaire et non d’un combat entre gauche et droite, comme le prouve votre accord entre personnes qui ne se réclament pas précisément du même bord. Pétition à l’appui, des personnalités bien intentionnées ont suivi, avec la certitude que le magistrat actuel, fort de l’aval de l’ancien, avait dûment vérifié la compatibilité de « ses » 14’000 logements dans PAV auprès des professionnels en charge du projet.

Messieurs, voulez-vous affranchir le PAV de toutes normes législatives genevoises en matière de gabarits, de distances et d’indice d’utilisation du sol, alors qu’elles ont déjà modelé Genève en ville la plus dense de Suisse* ? Attendez-vous du peuple qu’il accorde aujourd’hui, avant tout vote, son assentiment à une législation dont il ignore tout ? Une pratique assez originale de la concertation territoriale. Etes-vous certains de pouvoir réguler le trafic engendré par une telle concentration ? Ne parlons plus de mobilité douce... Sachant que des logements ne peuvent être superposés à certaines activités, c’est la grande majorité du secteur secondaire qui devrait être délocalisé …nul ne sait où. Gouverner, c’est pré… quoi déjà ? Et quelle place laisser aux besoins de l’Université comme à ceux de la culture ? Sur-densité au centre, alors que maints projets en souffrance ont été réduits au point d’y rendre la réalisation de logements sociaux économiquement aléatoire, comme aux Communaux d’Ambilly et à la Tulette ?

Au début des années ’70, le peuple avait refusé que l’Etat et la Ville rasent le quartier des Grottes pour faire place à un invraisemblable Eldorado immobilier. Aujourd’hui, il ne saurait être question de faire du PAV un « bourrage » aux antipodes de la résolution votée à l’unanimité par le Grand-Conseil en 2004, « Genève, capitale mondiale du développement durable ». N’ajoutons pas le ridicule à l’immodestie.

La CGAS soutient des proportions réalistes pour le périmètre PAV : 8’000 logements et 8’000 emplois supplémentaires comme ordre de grandeur. Elle vous invite à y réfléchir.

Vos 14’000 logements ? Un renoncement en temps utile épargne le repentir !



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