Communauté genevoise d’action syndicale

Organisation faitière regroupant l’ensemble des syndicats de la République et canton de Genève

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31 août 2006

A Monsieur le président de la République de Colombie

Aux autorités politiques et judiciaires

jeudi 31 août 2006 par Claude REYMOND

La Commission Internationale de la CGAS (Communauté Genevoise d’Action Syndicale), qui représente l’ensemble des syndicats ouvriers du canton de Genève et, à travers eux, des milliers de travailleuses et travailleurs, dont beaucoup d’origine colombienne, veut faire part aux autorités colombiennes notre rejet envers les constantes violations du droit colombien et international dont le but est de priver nos camarades syndicalistes en Colombie du droit à l’exercice légitime de leur activité syndicale.

Bon nombre de personnes ayant été victimes d’attentats, de persécution et de menaces en Colombie peuvent exercer, sans contrainte, une activité syndicale parmi nous et dans d’autres organisations en Suisse et en Europe. Notre souhait serait que ces mêmes activités puisent être exercées en Colombie sans pour autant s’exposer aux menaces, à l’intimidation, à la persécution et, pire encore, à la mort.

Il ne fait aucun doute que la Colombie est, et cela depuis très longtemps, le pire exemple en ce qui concerne l’application des principes fondamentaux préconisés par le BIT. Le recours à l’intimidation, aux menaces et, hélas trop fréquemment, l’assassinat de syndicalistes en Colombie est le cauchemar quotidien : il ne se passe pas de mois, de semaine, sans qu’il faille déplorer des attaques aux sièges syndicaux, des menaces de mort, sinon la triste fin d’un-e syndicaliste assassiné-e.

Dans ces conditions, la Colombie ne peut pas prétendre à la moindre crédibilité démocratique tant que les institutions de l’Etat garantissant l’égalité devant le droit de tous les citoyens, ne mettent pas fin à l’empêchement d’exercer librement l’activité syndicale. Il incombe au gouvernement colombien la tâche de veiller à la sécurité et à l’observation de toutes mesures légales et judiciaires tendant à permettre l’exercice de toute activité basée dans le droit international et, en ce qui nous concerne, les conventions du BIT.

L’assassinat de CARLOS ARTURO MONTES BONILLA le 17 août 2006, l’attaque dont a été l’objet le siège de SINTRAINAL le 3 août 2006, les menaces de mort à l’encontre d’Héctor Jairo PAZ le 18 août 2006, illustrent clairement le genre d’empêchements auxquels doivent faire face nos camarades qui, dans l’usage du droit fondamental qui est la liberté d’exercer une activité syndicale, droit reconnu par la Constitution colombienne et par le droit international, osent le mettre en pratique.

Les faits ci-dessus énumérés font partie d’une série très longue de dénonciations qui, fréquemment, nous sont communiqués. Ce n’est pas avec plaisir que nous entreprenons la voie de dénoncer les exactions commises contre des camarades qui ne font rien d’autre que de se battre pour leurs intérêts les plus légitimes, mais il est encore moins plaisant le fait d’avoir à déplorer l’assassinat de centaines de syndicalistes chaque année.

Notre intervention, prétend intimer les plus hautes autorités de l’Etat colombien afin que, avec la plus grande rigueur, prennent les mesures destinées à faire en sorte que nous ne nous voyons plus dans l’obligation de dénoncer des violences commises contre des personnes dans l’accomplissement d’un droit légitime, syndical ou social et que leurs organisations et familles n’aient pas à déplorer contre ces mêmes personnes les menaces, l’opprobre sinon la mort.

Nous voulons croire que les plus hautes instances de l’Etat de la Colombie prêtent à notre cet appel le plus grand intérêt, le transmettent aux autorités chargées de la sécurité et de la justice afin que les auteurs, intellectuels et de facto, des agressions contre nos camarades syndicalistes, soient poursuivis et châtiés avec la plus grande rigueur.

Pour la Commission Internationale.

Luis Blanco Charly Barone



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