Communauté genevoise d’action syndicale

Organisation faitière regroupant l’ensemble des syndicats de la République et canton de Genève

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NON au bâillon !

Les temps sont durs pour un canton qui se vante d’être démocratique, et égalitaire.

mardi 28 février 2012 par Claude REYMOND

Discours de la représentante des "Indigné-e-s" lors de la manifestation du 23 février contre la loi sur les manifestations


Avec cette nouvelle loi, notre liberté d’expression est gravement menacée.

Cette liberté d’expression, le mouvement occupy geneva la revendique depuis plus de 4 mois et il est important que le peuple Genevois puisse continuer à descendre dans la rue quand bon lui semble pour faire entendre ses opinions. Depuis le début de notre mouvement, nous nous sommes battus pour offrir aux citoyens un espace d’échange dans un cadre de démocratie directe non hiérarchisé.

Il nous paraît évident de soutenir aujourd’hui les partisans du « NON » à cette loi.

La rue fut de tous temps le théâtre de l’expression libre de la population et à maintes reprises, un vecteur de changement, tant il est vrai que la misère ne se voit pas de la fenêtre des palaces. À nous de la rendre visible à celles et ceux qui détournent leur regard.

Quand la voix du Peuple ne remonte plus, quand ses droits les plus fondamentaux sont menacés, il est impératif pour lui de pouvoir reprendre l’espace public qui lui appartient de droit et de se faire entendre :

Refusons que nos rues ne soient réservées qu’aux honnêtes moutons blancs suivant le mouvement d’un troupeau résigné et docile.

Refusons que Genève ne soit qu’un repère de banquiers et de multinationales véreuses sous couvert d’une fausse propreté. Cette ville appartient à tout le monde, spécialement à celles et ceux qui chaque jour sont écrasés par le poids d’un modèle économique profondément injuste !

Refusons de sacrifier notre droit au rassemblement pour un argument sécuritaire plus que douteux misant une fois de plus sur de faux sentiments de peur et d’insécurité.

Refusons de nous taire à un moment de l’histoire où plus que jamais nos acquis sociaux sont attaqués de toutes parts. Les récents événements catastrophiques offrent un terreau fertile pour la plantation de cette loi anti-démocratique. Cette loi n’arrive pas maintenant par hasard, nous ne sommes pas dupes.

Refusons d’entraver les syndicats en leur empêchant de se rendre sur les lieux de travail où ils mènent leur actions de protection du salariat !

Refusons d’être les spectateurs bâillonnés des ravages de l’économie de marché qui nous plonge peu à peu dans la misère n’acceptant même plus que nous mendions dans les rues les miettes qu’elle daigne nous laisser.

Refusons l’hypocrisie des auteurs de cette loi liberticide ; nul besoin de descendre dans la rue pour revendiquer le droit de s’enrichir lorsque l’on vit déjà dans une société où l’exploitation des masses est légale et quotidienne.

Cette loi n’est qu’une attaque ciblée contre une certaine partie de la population qu’ils aimeraient pouvoir faire taire !

Pour finir cette intervention, j’aimerais citer l’écrivain Suisse Max Frisch qui disait très justement :

« Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles. »

Et bien évidemment, le 11 mars, nous invitons tous les citoyens et toutes les citoyennes à quitter leurs pantoufles pour aller voter « NON » à cette tentative de nous retirer le droit à l’indignation et à la protestation. Et tant qu’à faire nous vous demandons de ne pas laisser le silence s’installer dans les rues de Genève, la rue est à nous, occupons-la !

Indignons-nous, révoltons-nous, insurgeons-nous, ou engageons-nous mais par pitié ne nous résignons pas !



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