Communauté genevoise d’action syndicale

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Six semaines de vacances : mérité et nécessaire !

vendredi 17 février 2012

Jean Christophe Schwaab, secrétaire central de l’USS

Les congés-payés sont un des acquis sociaux importants des syndicats. Les vacances sont en effet indispensables pour la santé, la vie sociale et la vie familiale. Prendre des vacances, c’est faire ce que l’on veut. Quand on veut. C’est plus de temps pour sa famille. C’est voir ses amis. C’est avoir des activités sociales. C’est faire du sport. Ou se laisser aller au farniente. C’est décompresser. Et c’est bon pour la santé : les études médicales s’accordent par exemple sur le fait qu’il faudrait pouvoir prendre régulièrement des blocs d’au moins deux semaines de vacances pour que celles-ci déploient tous leurs effets béné- fiques. Nul doute que six semaines de vacances pour tous les salarié(e)s ne leur apporte- raient que des bénéfices !

Une augmentation du droit aux vacances favoriserait aussi une meilleure compatibilité de la vie professionnelle avec les obligations familiales. En effet, avoir plus de vacances, c’est pouvoir passer plus de temps avec ses enfants. Cela permet aussi de mieux s’organiser en période de vacances scolaires (13 semaines) ou lorsque les crèches et garderies sont fermées.
Plusieurs conventions collectives de travail (CCT) prévoient certes une cinquième semaine de vacances, d’autres octroient des congés supplémentaires à certaines catégories de salarié(e)s (p. ex. les apprenti(e)s, les plus de 55 ans). Mais il ne faut pas oublier qu’un(e) salarié(e) sur deux ne bénéficie pas d’une CCT. En outre, de nombreux sala- rié(e)s assujettis à une CCT doivent se contenter du minimum légal, parfois complété d’un ou deux jours supplémentaires seulement. Quant aux salarié(e)s du secteur public, ils ne bénéficient pas tous de jours de vacances allant au-delà des quatre semaines pré- vues par le Code des obligations.

En presque 30 ans, depuis l’introduction de la troisième et quatrième semaine de vacances en 1984 (grâce à une initiative de l’USS), rien n’a bougé sur le plan légal. La durée du travail a stagné (18 minutes de moins à peine) et a même légèrement augmenté au cours des quatre dernières années. Pourtant, les salarié(e)s ont largement mérité une meilleure participation aux fruits de leur travail : Alors que la productivité du travail a explosé en 25 ans (+21,5 %), les salaires réels ont crû cinq fois moins vite sur la même période (+4,3 %). En outre, les salarié(e)s de Suisse accumulent bon an, mal an, l’équivalent de 100 000 emplois à plein temps en heures supplémentaires. Il y a donc une confortable marge de manœuvre pour baisser le temps de travail et améliorer ainsi la qualité de vie des travailleurs et travailleuses, sans pour autant menacer des emplois.

Cette amélioration aura en outre des effets positifs sur l’économie, car des salarié(e)s mieux reposés sont plus productifs et moins stressés. Or, le stress au travail est un phénomène qui prend de l’ampleur. La part de celles et ceux qui en souffrent augmente, comme la part de celles et ceux qui ne parviennent plus à le gérer. Les coûts pour l’économie sont énormes : environs dix milliards de francs par an selon le SECO. Un chiffre qui relativise nettement les coûts estimés des six semaines de vacances, d’environ six milliards par an.

Une augmentation du droit aux vacances n’est pas qu’une mesure de santé publique. C’est aussi une manière de mieux rétribuer les efforts colossaux fournis par les salarié(e)s de Suisse ces dernières années.

Dire oui à l’initiative « 6 semaines de vacances pour tous », c’est soutenir un progrès social nécessaire et mérité !



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