Communauté genevoise d’action syndicale

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un film est disponible dès le 30 avril 2006

La paix en Palestine le 1er décembre (2004)

De l’utopie de l’initiative de Genève à l’organisation syndicale pour la construction d’un Etat palestinien libre et démocratique

mardi 24 janvier 2006 par Claude REYMOND

Suite à la venue de 3 syndicalistes Palestiniens à Genève en décembre 2004, nous avons fait un film qui relate cette journée. Des images tournées en Palestine par le cinéaste Dominique Dubosc viennent compléter les commentaires que les syndicalistes palestiniens font sur la situation qu’ils vivent.

Du film nous allons graver des DVD que nous vendons, ce qui nous permettra de payer le montage du film. Vous trouverez en pièce jointe la présentation du film avec le bulletin de commande. Vous le trouverez également sur notre site : http://www.urgencepalestine.ch/Activites/filmSyndicalistes.html

Nous prévoyons une soirée pour la présentation du film le 30 mars probablement à UNI-Mail, nous attendons leur réponse pour vous envoyer l’invitation.

Ce jour-là à Genève deux contributeurs souhaitaient trouver relais auprès des médias pour faire entendre les concernés et leur espoir d’éteindre à terme le feu de la guerre en Palestine.


D’une part à 15h, les partenaires pour l’initiative de Genève exposèrent au Club suisse de la presse les bonnes raisons qui permettent de penser que la recherche globale d’une solution au conflit du Proche Orient, sous la forme de l’initiative de Genève, a montré depuis son adoption en automne 2003 qu’il existe des forces politiques « modérées » disposées à transgresser les tabous. Pour preuve y affirma-t-on, le plan unilatéral de retrait de Gaza serait un de ses effets ; imparfait sans doute, mais participant du nécessaire processus de décolonisation des territoires palestiniens par les occupants israéliens.

Là, on précisa encore qu’une solution durable serait possible pour autant que le débat démocratique sur les douloureux compromis des deux « camps » puisse permettre une validation de la paix, et que cette dernière soit portée par les majorités populaires des deux peuples.

D’autre part à 18h, le mouvement syndical genevois et ses alliés présentaient trois syndicalistes palestiniens, d’organisations minoritaires entre toutes, espérant faire comprendre leurs attentes à l’égard de la capacité des sociétés civiles européennes à juguler l’arbitraire et l’injustice dans leur région.

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2006-03-30filmSyndicalistesPalestiniens

Partir des conditions objectives ?

Pétris des angoisses de leurs compatriotes soumis à un taux de chômage de plus de 40% - et dont les 70% crevottent en dessous du seuil de pauvreté - ils ont réussi à nous faire admettre que leur humiliation quotidienne et la poursuite de la construction du MUR les empêchent de supposer un sens et une efficacité dans la susdite initiative... Ce mur, construit sur les territoires palestiniens, n’apportera pas la sécurité aux deux peuples qui s’en trouvent séparés : sa masse aggrave de jour en jour le sentiment d’apartheid et d’aliénation, c’est l’instrument d’une tentative de dislocation de la très relative osmose économique et culturelle qui préservait jusqu’alors une lueur d’humanité dans la région. Celle justement qui a conduit dans l’unité, palestiniens, refuzniks et pacifistes israéliens à manifester leur solidarité avec les prisonniers en grève de la faim détenus par l’Etat hébreux.

Lorsque nos trois syndicalistes palestiniens nous déclarent que l’initiative de Genève est principalement soutenue par des intellectuels mais qu’il ne se passe rien sur le terrain - partant du fait que le MUR est érigé par des entreprises qui exploitent la force de travail de la région - nous leur demandons si des contacts bilatéraux entre syndicats palestiniens et israéliens ne seraient pas appropriés pour appeler les travailleurs à refuser tout rapport de travail ayant trait à l’édification de cette construction illégale.

Ils nous expliquent que pendant 35 ans 200’000 palestiniens ont contribué à l’économie israélienne et que nombre d’entre eux s’étaient affiliés aux syndicats de ce pays. Or, au lendemain des accords d’Oslo, ils en furent expulsés et refoulés sans indemnité aucune. Pire, leurs contributions de sécurité sociale ne leur donnèrent jamais droits à des prestations. Il nous a été donné de comprendre qu’Histadrout, le syndicat israélien, n’a pas trouvé là raison de protester et que l’on se contenta de restituer à l’Union des syndicats palestiniens 8 millions de shekels sur les 5 milliards perçus sur les salaires des travailleurs palestiniens...

En ce qui concerne la construction du MUR, de la prison, on nous dit « que les syndicats palestiniens ne sont pas de ceux, qui lorsqu’on leur demande du pain, invitent à se satisfaire de brioches... »

A la question « qu’est-ce que peuvent ou veulent faire les syndicats palestiniens pour abroger l’état de guerre et promouvoir la paix ? » les quelques représentants de ceux-ci déclarent qu’ils résistent à l’occupation et attendent de la communauté internationale qu’elle obtienne le respect par Israël des multiples résolutions de l’ONU et le verdict de la Cour internationale de La Haye. Ou encore, qu’ils luttent pour le réengagement des licenciés et souhaitent obtenir des jumelages avec l’étranger pour favoriser, sur place, la formation de syndicalistes au fait des conventions internationales.

Langue de bois et non-dit ?

Dans le texte peut-être, mais la parole et l’émotion nous ont incité à capter d’autres messages. Comme : on a besoin de se former à l’exercice du débat, pour l’adoption de décisions par des corps représentatifs, œuvre qui pourrait régénérer la formation des opinions - produites jusqu’à ce jour aux laminoirs des clans politiques ou théologiques.

Voilà donc l’objet de première nécessité : l’Etat du peuple palestinien, le pouvoir concédé et consenti pour revendiquer à l’extérieur et garantir à l’intérieur les droits communément et internationalement reconnus.

L’Etat libre pour s’affranchir des opportunismes territoriaux des régimes voisins - qui ont soutenu trop lontemps les chefs palestiniens comme la corde le pendu.

L’Etat démocratique pour contraindre à l’expression centrale et homogène des choix d’une population digne mais exsangue de biens et de justice.

J’ai envie de conclure que nos invités palestiniens du 1er décembre sont en quête d’une reconnaissance de la légitimité de leur recherche et de leur entreprise...

Parce que la posture de nos camarades ressemble à celle du laboureur, pénétrés de cette tâche pour passer ensuite à l’étape des semailles ; parce qu’ils nous ont montré une détermination qui peut, comme le mouvement sur la toupie, forcer un équilibre pour l’instant non avéré, je veux croire en leur compétence et me réjouir de leur action syndicale chaque jour réinventée.

Au demeurant...

Force est de constater que cette action n’éclôt que dans un présent atomisé, vu l’extrême faiblesse des forces productives en activité, lesquelles sont même réduites à la création de valeur ajoutée en famille pour subvenir à l’essentiel. Mais ces faits et leur promesse incorporée, une fois levées les restrictions ou interdits de circulation et d’échange, libéreront les énergies de reconstruction et d’édification sociales.

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2004-12-01PalestineGE.pdf


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