Communauté genevoise d’action syndicale

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en panne de bois neuf !

lundi 4 juillet 2011 par _information fournie par la composante

L’ORGANISATION INTERNATIONALE DU TRAVAIL
EN PANNE DE BOIS NEUF !

Ainsi que vous le savez pertinemment, le nom du Syndicat New Wood/Bois Neuf des Nations Unies vient du constat fait par ses fondateurs en 1998 que l’administration des Nations Unies de l’époque considérait de plus en plus – et même l’affirmait – les fonctionnaires comme du « bois mort » et qu’en quelque sorte il fallait relever le défit et démontrer qu’il y avait encore du « bois neuf » dans les organisations du système des Nations Unies.

Vous savez aussi que l’objectif principal du Syndicat depuis sa création est l’application des normes internationales du travail au sein de toutes les organisations du système des Nations Unies et ce afin que ces organisations cessent d’être des zones de « non droit » pour leurs fonctionnaires qui demeurent jusqu’à présent des « extra-terrestres » ou même des « non êtres humains » puisque ce qu’on leur demande de faire appliquer sur la planète terre n’est pas applicable à eux-mêmes, en l’occurrence les droits de l’homme et les droits du travail faisant ainsi d’eux les cordonniers les plus mal chaussés de la terre !

Pour la petite histoire, il convient de rappeler ici ce qui arriva à deux des principaux dirigeants du Syndicat New Wood/Bois Neuf lorsqu’ils se rendirent à New York en 1999 pendant la session de l’Assemblée générale afin d’y rencontrer de nombreux chefs de délégations d’Etats-membres pour les informer de la situation de « non droit » décrite ci-dessus et qu’ils furent menacés par écrit par la « haute » administration des Nations Unies de sanctions disciplinaires parce qu’ils voulaient introduire les droits de l’homme et les droits du travail dans l’Organisation des Nations Unies, une politique qui n’était pas en conformité avec la politique du Secrétaire général (sic), selon les propres termes de la lettre en question !!!

A présent, c’est l’Organisation internationale du Travail elle-même, qui est pourtant l’organisation spécialisée du système des Nations Unies en matière de travail, qui depuis 2006 n’a plus réellement de « bois neuf » puisque depuis cette année-là, pour des raisons présentées comme d’économies, a suspendu l’application de certaines dispositions de son propre règlement notamment celles de caractère statutaire concernant la tenue une fois tous les deux ans de la Commission des résolutions, alors que l’adoption de résolutions, à l’instar de l’Assemblée générale des Nations Unies, constitue le « bois neuf » de cette organisation.

Le fait que la Commission des résolutions ne se réunisse plus depuis 2006 n’a certainement pas que des raisons d’ordre budgétaire – en l’occurrence une semaine de moins de la réunion annuelle de la Conférence – mais à n’en pas douter d’autres raisons, politiques celles-là, puisqu’en effet certaines des résolutions présentées jusque là avaient souvent des connotations politiques qui pouvaient gêner certains gouvernements qui – on peut le supposer à bon droit – ont exercé des pressions et même un quasi chantage à l’égard d’autres délégations gouvernementales et même employeurs ou travailleurs – puisque les délégations au sein de l’OIT sont tripartites – pour qu’une majorité de délégations soient d’accord avec une continuation de la suspension des dispositions du Règlement de la Conférence concernant la réunion de la Commission des résolutions.

A présent, chaque fois que la Commission des résolutions devrait normalement se réunir, ce qui intervient tous les deux ans c’est-à-dire lorsque l’année n’est pas budgétaire, les dispositions pertinentes du Règlement concernant la Commission des résolutions sont suspendues sur proposition du Président à la première séance plénière de la Conférence et
cette proposition du Président est acceptée unanimement et de manière quasi automatique.
Il semblerait que la menace de ne plus réunir la Conférence qu’une fois tous les deux ans ou même plus du tout sur une base mondiale mais seulement régionale a joué beaucoup pour faire accepter cet état de fait par les délégations bien que naturellement tout se soit traité « derrière les rideaux » et que rien n’apparaisse au grand jour.

Le « résultat des courses » est qu’à présent il est très difficile de présenter une résolution à la Conférence de l’OIT même si une autre procédure existe selon le Règlement car ladite procédure de par son mécanisme est semée d’embûches destinées principalement à faire échouer toute tentative de présentation d’une résolution qui pourrait arriver jusqu’en séance plénière de la Conférence et avoir ainsi quelques chances d’être adoptée.

Voilà pourquoi lors de la dernière session de la Conférence de l’OIT qui vient de se tenir à Genève ces dernières semaines, un projet de résolution présenté par une délégation travailleurs d’un pays membre de la Conférence mais dont le projet initial avait été préparé par le Syndicat New Wood/Bois Neuf - projet dont on trouvera ci-après le texte - n’a pu aboutir car en l’absence de la Commission des résolutions, qui a été comme d’habitude « évacuée » à l’ouverture de la Conférence et ce avec la « bénédiction » active ou passive de toutes les délégations de la Conférence, la procédure alternative contenait suffisamment de « filtres » pour que le projet en question ne quitte pas la table du Conseil d’administration de l’OIT auquel il avait été soumis par le bureau de la Conseillère juridique de la Conférence avec à n’en pas douter un avis très certainement défavorable compte tenu de certaines opinions dont nous avons eu connaissance de manière officieuse.

Cette situation est particulièrement regrettable car le projet en question - dont on trouvera également le texte ci-après - demandait justement la mise en application des droits du travail dans les organisations du système des Nations Unies afin que ces organisations donnent enfin l’exemple de ce qu’elles prêchent et acquièrent la crédibilité qui leur fait cruellement défaut depuis la création même de ces organisations.

Et pourtant, il faut appliquer les droits du travail dans les organisations du système des Nations Unies et la note explicative que vous trouverez ci-après l’explique bien.

Ce blocage de la situation de l’OIT, qui n’a ainsi plus de « bois neuf » depuis 2006, n’est peut-être pas irréversible et de toutes façons il reste encore la voie de l’Assemblée générale des Nations Unies qui elle au moins continue d’adopter des résolutions !!!

LA LUTTE CONTINUE !



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