Communauté genevoise d’action syndicale

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RÉFÉRENDUM RMCAS

Chômeurs genevois en fin de droits : à la casse !

dimanche 27 mars 2011 par _information fournie par la composante

Le revenu minimum cantonal d’aide sociale (RMCAS) genevois a reçu en 1997 le Prix Speyer. Ce prix canadien distinguait une administration publique innovatrice. Le 11 février 2011, le Grand Conseil vote son abrogation, jetant ainsi le bébé avec l’eau du bain.

Marie Chevalley*

Le RMCAS (revenu minimum cantonal d’aide sociale) a presque 15 ans. A Genève, il assurait aux personnes arrivées en fin de droits un revenu un peu plus élevé que l’aide sociale. A défaut de réinsertion rapide dans la jungle du marché du travail, il offrait au moins une chance – par le biais d’une contre-prestation d’utilité publique – de préserver une certaine dignité.

Si l’idée de départ était bonne, les moyens nécessaires à des contre-prestations vraiment formatrices n’ont jamais été consentis. En l’absence de financement suffisant et de temps pour encadrer et former les contre-prestataires, des associations – voire des services de l’Etat – les ont trop souvent considérés comme un réservoir de main-d’œuvre bouche-trou et gratuite.

REINSERTION AU RABAIS

Malgré ses défauts, le RMCAS a aidé bien des chômeurs en fin de droits. Son abrogation n’est qu’un article dans une refonte complète de la Loi sur l’aide sociale individuelle, renommée Loi sur l’insertion et l’assistance sociale individuelle (LIASI). Purement cosmétique, ce rajout relève d’une hypocrisie crasse. C’est l’aboutissement du démantèlement insidieux perpétré depuis 2006 par le conseiller d’Etat François Longchamp et ses séides.

Le 30 septembre 2010, le Service des mesures cantonales (programmes d’emploi et de formation) – qui ressortit à l’Office cantonal de l’emploi – est supprimé sans tambour ni trompette. Il ressortira désormais à l’Hospice général (aide sociale). Ce transfert est lourd de sens. Il prive les chômeurs en fin de droits des mesures d’insertion, qu’il soumet aux conditions de revenus de l’aide sociale.

Les barèmes d’entrée sont significativement plus bas que ceux du RMCAS. Pour ne rien arranger, la nouvelle loi mentionne que l’accès aux mesures de réinsertion n’est pas un droit et ne peut donc être garanti à tous. De plus, depuis novembre 2010, les programmes cantonaux d’emploi et de formation sont étendus au secteur privé, avec les risques de sous-enchère salariale que cela implique.

MACHINE A BROYER

Sans en avoir les moyens, l’Hospice général sera chargé des mesures de réinsertion pour les chômeurs en fin de droits. A part les collaborateurs transférés des Mesures cantonales, quasiment rien n’est prévu. On ramène un problème collectif (l’emploi) à des dysfonctionnements individuels. Cela aboutira fatalement à une réinsertion au rabais, qui consistera en tri sommaire entre « employables » et prétendus « inemployables ». Déjà surchargés, les assistants sociaux ne pourront plus exercer leur métier. De plus, avec les effets pernicieux de la dernière révision de l’assurance chômage, le nombre de dossiers d’aide sociale va exploser.

Quant aux « inemployables » – pour autant qu’ils soient assez pauvres pour toucher l’aide sociale, donc quasiment aux poursuites – ils seront réduits au minimum vital. Trop absorbés par la survie pure et simple, ils ne pourront que se taire et subir. Mais qu’importe, ils ne figureront plus dans les statistiques !

Un front uni (partis, associations, syndicats) a lancé un référendum et doit récolter 7000 signatures valables d’ici le 3 avril. Que nos membres genevois se mobilisent ! Nous devons tout mettre en œuvre pour que cette révision inique, portée par la droite arrogante qui sévit au Grand Conseil, soit rejetée en votation.

* Marie Chevalley s’occupe de l’antenne chômage de syndicom à Genève

Paru dans syndicom, le journal, no 5, 18.3.2011

Un premier geste simple est de signer et faire signer la carte référendaire ci-jointe, chez nos lecteurs genevois, et de la renvoyer au plus vite !



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