Communauté genevoise d’action syndicale

Organisation faitière regroupant l’ensemble des syndicats de la République et canton de Genève

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Conférence : 28 mars 2011 à 18h30

La Chine et les conditions de travail

Syndicat Unia Genève – 5 ch. Surinam – 1203 Genève

mercredi 16 mars 2011 par _information fournie par la composante

Des pierres magnifiquement taillées scintillent sur les bijoux dans nos vitrines. Peu de monde
sait cependant dans quelles conditions ces pierres précieuses sont travaillées. Une grande
partie de ces joyaux sont produits en Chine. Les personnes affectées aux machines à polir
travaillent souvent dans des conditions déplorables : Les bas salaires, les faibles prestations
sociales, avant tout les conditions de sécurité misérables et une protection de la santé
défaillante sont le lot quotidien des travailleurs de cette branche. Bon nombre d’entre eux sont
atteints de silicose en raison de la poussière minérale parce qu’on ne leur donne pas de
masque. Or la silicose est une maladie mortelle.

L’organisation Labour Action China LAC soutient les travailleurs/travailleuses dans leur lutte pour une amélioration des conditions de travail. Elle a arraché avec succès des paiements compensatoires pour les personnes atteintes de silicose. Unia soutient les collègues chinois-es dans cette démarche aux côtés de l’OSEO.

Le 28 mars 2011 , trois collègues de Chine, M. Chung (directeur du labour action
china LAC), M. Chow (Assistant de projet LAC) et M. Chan (Comité directeur du
LAC, député au parlement de Hongkong) viendront rendre compte des conditions
de travail dans leur pays.

Contexte des relations économiques Suisse-Chine

La Chine est, avec l’UE, le Japon et les Etats-Unis l’un des principaux partenaires
commerciaux de la Suisse. En 2008, elle a exporté des marchandises pour une valeur de 6,1
milliards de francs vers la Chine et en a importé pour environ 5 milliards, ce qui fait de la
Suisse un des rares pays présentant une balance commerciale excédentaire avec la Chine.

Les principaux produits d’exportation suisses sont les machines et appareils (40%), les
produits d’horlogerie (14%), les métaux précieux et pierres précieuses (10%), les produits
chimiques et pharmaceutiques (10% et 8% respectivement) ainsi que des appareils et
systèmes médicaux (7%). Les produits importés sont principalement des machines (28%),
des vêtements et textiles (13%), des produits chimiques (13%) et des produits d’horlogerie
(10%). D’après l’organisation économique faîtière Economiesuisse, les entreprises suisses
font partie des investisseurs les plus actifs à l’Empire du milieu. Plus de 300 entreprises
suisses comptent en tout plus de 700 succursales en Suisse et employaient près de 120’000
personnes en 2008.

L’accord de libre-échange bilatéral Suisse-Chine : Mise à l’épreuve de la crédibilité
suisse
Début 2009, la Suisse et la Chine ont décidé de procéder à une étude de faisabilité commune
en vue d’un accord de libre-échange bilatéral. Deux séminaires préparatoires réunissant des
représentants de l’administration et de l’économie (mais pas des syndicats et des ONG) des
deux pays ont été organisés au courant de l’année. Cette étude a été bouclée début août
2010. Ce document de plus de 100 pages ne contient pas la moindre mention des droits
humains et des conditions de travail...

Et pourtant, des milliers travailleurs se sont mis en grève et ont organisé des actions de
protestation contre des conditions inhumaines ces derniers mois, telle est la réalité. Les
conditions de travail déplorables, la casse des salaires, les logements indignes pour les
travailleurs nomades, l’absence de liberté de réunion et d’organisation, l’absence de
prestations sociales sont le lot quotidien des ouvriers qui fabriquent en Chine les biens que
nous consommons en Suisse.
La Suisse doit faire face à ces réalités dans un accord bilatéral de libre-échange avec la
Suisse. Elle doit veiller à ce que les conventions clés de l’OIT soient respectées et qu’un
accord de libre-échange ne contribue pas à la violation des droits humains sociaux et
économiques. Ce sont là des devoirs internationaux de la Suisse et une mise à l’épreuve de
la crédibilité de sa politique étrangère.