Communauté genevoise d’action syndicale

Organisation faitière regroupant l’ensemble des syndicats de la République et canton de Genève

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Il serait intolérable que le Parlement, pour contourner un référendum populaire qui le désavoue, impose son projet d’extension en l’échelonnant dans le temps !

mercredi 15 décembre 2010
Comité référendaire contre la LHOM
c/o CGAS
6 rue des Terreaux-du-Temple
1201 Genève
Présidence du Conseil d’Etat
Rue de l’Hôtel-de-Ville 2
Case postale 3964
1211 Genève 3
 
 
Genève, le 8 décembre 2010
 

Lettre ouverte à M. Mark Muller, Président du Conseil d’Etat genevois

Monsieur le Président,

Ce 28 novembre dernier, 56,2% du corps électoral genevois a dit un NON sans appel au projet d’extension des heures d’ouverture des magasins adopté par le Parlement, et soumis au référendum populaire par notre Comité.

Nous nous félicitons de ce résultat, ceci d’autant plus que les patrons des grandes surfaces disposaient de l’appui du Conseil d’Etat, de près de 7 députés sur 10 et de moyens financiers très supérieurs aux siens pour mener sa campagne.

Les salarié-e-s de ce canton ont appuyé les vendeurs et vendeuses, leurs syndicats et les forces de gauche pour refuser une nouvelle détérioration des conditions de travail du personnel de la vente, donnant un signal clair à l’encontre d’une flexibilisation du temps de travail de tous et toutes.

Les électeurs et électrices ont aussi jugé que ces ouvertures du soir et du dimanche étaient inutiles, encourageant de surcroît un consumérisme nuisible à la vie sociale et à l’environnement.

Par conséquent, nous sommes profondément choqués que M. Pierre-François Unger, conseiller d’Etat chargé du Département des affaires régionales, de l’économie et de la santé, ait cru bon d’annoncer publiquement, dès le soir du scrutin, qu’il entendait revenir à la charge pour soumettre au Grand Conseil une nouvelle proposition d’extension des horaires d’ouverture des magasins trois dimanches par an. Les autorités ont-elles l’intention de faire passer l’une après l’autre des mesures rejetées en bloc par le peuple ? Il serait intolérable que
le Parlement, pour contourner un référendum populaire qui le désavoue, impose son projet d’extension en l’échelonnant dans le temps !

Les déclarations de M. Pierre-François Unger sont d’autant plus problématiques qu’elles fragilisent le processus de renouvellement de la Convention collective cadre du commerce de détail. En effet, ce magistrat ne fait rien moins qu’inviter la partie patronale à la CCT à conditionner son renouvellement à une nouvelle extension horaire. En tant que garant de la cohésion sociale du canton, le Conseil d’Etat se doit de s’engager pour le maintien et l’amélioration de la Convention collective cadre du commerce de détail, convention étendue qui garantit notamment un salaire minimum dans un secteur économique sujet à d’importants
risques de dumping salarial. Utiliser le renouvellement de ladite CCT comme levier pour imposer son projet témoigne d’une attitude indigne de magistrats élus, a fortiori lorsque ledit projet vient à peine d’être rejetée en bloc par le souverain.

En foi de quoi nous demandons au Président du Conseil d’Etat, et au Conseil d’Etat in cor pore, de veiller au strict respect des décisions populaires et d’empêcher dorénavant que l’un de ses membres ne s’assoie sur le résultat d’un référendum. Il en va du respect des règles démocratiques les plus élémentaires et de la crédibilité de notre système démocratique, ainsi que de la bonne cohésion sociale de notre canton.

Pour le Comité référendaire :

SIT : Valérie Balleys
Uni a : Joël Varone
Solidarités : Jean Batou
Les Verts : Brigitte Schneider-Bidaux
Les Socialistes : Nicole Valiquer
Jeunesse Socialiste : Romain de Sainte Marie
Syna : Marguerite Bouget
PdT : Jean Spielmann
MPS : Schlaepfer Bernard
Comedia : Eddie Lacombe
La Vrille, Willy Cretegny