Communauté genevoise d’action syndicale

Organisation faitière regroupant l’ensemble des syndicats de la République et canton de Genève

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colère pour le personnel du BIT

mardi 9 novembre 2010 par _information fournie par la composante

Communiqué de presse

DEPRIME ET COLERE POUR LE PERSONNEL DU BUREAU INTERNATIONAL DU TRAVAIL

Censure, mépris de la négociation collective et de la liberté syndicale, non respect des règles des statuts du personnel, précarisation de l’emploi, sous-traitance des services. Dans quelle entreprise privée cela peut-il bien se passer ? Une multinationale ? Une entreprise de la grande distribution ? Une entreprise de nettoyage ne respectant pas les principes des conventions collectives ? Erreur.

C’est au Bureau international du Travail, Organisation des Nations Unies basée à Genève, spécialisée et dédiée depuis plus de 90 ans à promouvoir le tripartisme, le dialogue social, le travail décent et les normes internationales du travail dans le monde entier. Le Syndicat du personnel de l’OIT ne peut que se réjouir de l’importance reconnue au BIT au sein d’instances telles que le FMI, la Banque mondiale ou le G20. Travailler au BIT, c’est s’engager au service de la justice sociale, et son personnel est fier de contribuer aux efforts visant à promouvoir le respect des conventions de l’OIT et le travail décent.

Justice sociale et travail décent : les mots plutôt que l’exemple

Mais c’est bien connu, ce sont souvent les cordonniers les plus mal chaussés. Voici maintenant plus de deux ans qu’une ambiance délétère perdure non seulement au sein du Siège de l’Organisation à Genève, mais également dans ses nombreuses antennes à travers le monde.

Des méthodes de gestion du personnel discutables

L’Administration du BIT brandit en effet le spectre de la crise économique mondiale pour justifier des pratiques qu’elle condamnerait si elles étaient le fait d’un de ses Etats membres. Le discours qu’elle tient à son personnel peut s’apparenter à : l’adaptation au changement ou la porte ! Lorsqu’il s’agit de son personnel, cette direction actuelle semble oublier quels principes son Organisation véhicule dans les plus grandes instances mondiales et applique à l’interne des méthodes de gestion du personnel pour le moins discutables dans ce genre d’Organisation, défenderesse des droits des travailleurs depuis bientôt un siècle (formation du personnel assurée au département des ressources humaines par des boites de consultants prônant la disparition des syndicats ; menaces de privatisation de certains services ; censure de plusieurs publications du Syndicat ; violation des accords collectifs en vigueur ; politique contractuelle visant à précariser de plus en plus son personnel ; méthodes de recrutement rongées par le manque de transparence et le népotisme, etc..)

Résultats des courses, un personnel démotivé, précarisé et anxieux quant à son avenir professionnel, qui se sent schizophrène quand il défend à travers le monde les valeurs de justice sociale, auxquelles il croit et pour lesquelles il s’est engagé, alors que ces mêmes valeurs sont bafouées à l’intérieur du BIT.

Action mondiale prévue pour le Conseil d’administration 10 novembre 2010

Une réunion mondiale de tous les représentants syndicaux de l’Organisation, en provenance de 57 bureaux du BIT à travers le monde, s’est tenue du 18 au 23 octobre 2010 et a été suivie par à une Assemblée générale ordinaire le 21 octobre 2010 dans laquelle le syndicat du personnel de l’OIT, représentant plus de 70% du personnel, a reçu mandat de stopper toutes les négociations en cours tant que les représentants de l’Administration ne cesseront pas de violer de manière incessante le Statut du personnel et les accords collectifs en vigueur. Le Syndicat a également été chargé d’organiser une action mondiale pendant la session de novembre 2010 du Conseil d’administration du BIT, qui réunit les délégués tripartites des Etats membres de l’Organisation.

Des revendications

Cette action, première d’une série, aura lieu le mercredi 10 novembre 2010, aura pour but de faire connaître les revendications suivantes au Conseil d’administration :
-  Le plein respect des principes de la liberté syndicale et de négociation collective - y compris la liberté du syndicat à communiquer librement avec le personnel, sans censure préalable, et la liberté du syndicat d’engager son propre personnel.
-  Le respect et la pleine application du Statut du personnel, des circulaires, des conventions collectives et, en particulier, les règles régissant le recrutement et la sélection et l’utilisation abusive des contrats précaires.
-  Une décision immédiate de revoir la classification des postes au siège et sur le terrain car après de nombreuses années des réductions budgétaires de 5% en 5%, de restructurations et de redistribution du travail, les responsabilités du personnel ne sont plus celles correspondant à la classification actuelle. C’est en fait la pleine reconnaissance du travail réel effectué par le personnel qui est demandé par cet examen global de la structure de classification de l’OIT.

Pour résumer ces revendications, les représentants du personnel diraient : « Administration du BIT , Prêchez par l’exemple ! »

Genève, 9 novembre 2010

Contact : Syndicat du personnel du BIT, Genève
Tel . +41 22 799 79 58
Courriel : syndicat@ilo.org



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