Communauté genevoise d’action syndicale

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Votation populaire du 26 septembre 2010 sur la révision de la loi sur l’assurance-chômage

Une seule chose : dites NON

vendredi 10 septembre 2010 par Claude REYMOND

L’assurance-chômage (AC) figure parmi les assurances sociales de la Confédération, comme l’AVS et l’AI. Les assurances sociales sont des instruments de cohésion, de partage et de protection servant à couvrir des risques déterminés – la mort, la vieillesse, le handicap et le chômage.

Par Oswald Sigg

Il s’agit en fait d’institutions sociales, notamment en raison de leur financement solidaire. Sur le principe, c’est chacune et chacun qui apporte sa contribution aux assurances sociales, en fonction de la hauteur de son salaire. Comme pour l’AVS qui a fait ses preuves. Dans un tract interpartis en faveur de l’initiative fédérale pour l’AVS, datant de 1943, on peut lire : "Pour la Suisse, le chemin vers la sécurité sociale repose sur la responsabilité des particuliers vis-à-vis d’eux-mêmes et de leur prochain."

Cela signifie : une personne qui gagne plus contribue davantage aux coûts des assurances sociales. Ce principe n’équivaut pas encore à la justice sociale, mais il vaut pour une solidarité sociale acceptée par tous.

L’assurance-chômage (AC) n’est pas une assurance sociale

Cependant, l’assurance-chômage (AC) ne constitue pas seulement une exception : elle n’est pas une assurance sociale. C’est à tort qu’elle figure dans cette liste. Car elle fonctionne selon le principe inverse : plus quelqu’un gagne, moins il contribue, proportionnellement parlant, à l’assurance-chômage (AC). Des cadres inférieurs de la Confédération touchant 130’000 francs par année aux banquiers zurichois vedettes qui se font un salaire annuel de 50 à 70 millions de francs, tous paient la même chose : 2’500 francs. Nous avons ici une redistribution du bas vers le haut. Même les assurances ménage sont plus sociales : une villa de 18 pièces située sur la côte d’or zurichoise n’est pas assurée au même prix qu’un appartement de 3½ pièces à Bümpliz.

En fait, l’assurance-chômage (AC) devrait être abrégée AD : assurance de désolidarisation. Pour être simple, on dira que cette AD garantit aux personnes bénéficiant des salaires les plus élevés qu’elles ne paient pas une contribution correspondant à leur potentiel financier, mais un pourboire symbolique là-dessus. Sans tenir compte des revenus se chiffrant en millions gagnés par ces gens – et ici, l’on peut bien parler de gagner !

Assainir par la solidarité

On ne peut contester que l’assurance-chômage (AC) doive être assainie. Mais alors, il ne faut pas la modifier aux frais des chômeurs et en faveur des riches, mais de manière à ce qu’elle soit enfin financée de façon solidaire et que le plafond des contributions soit relevé. La solidarité est la recette qui fera fortune demain pour que l’assurance-chômage redevienne saine financièrement. Il n’y a qu’une chose à faire : il faut dire NON à cette assurances de désolidarisation. On vous en offre la possibilité le 26 septembre.

9 septembre 2010



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