Communauté genevoise d’action syndicale

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VISITE EN SUISSE

La Colombienne Piedad Córdoba plaide pour un échange de prisonniers

mercredi 14 avril 2010 par Claude REYMOND

nouvelle ATS publiée par Le Courrier du 13 avril 2010


La sénatrice colombienne Piedad
Córdoba, de passage en
Suisse, appelle la communauté
internationale à soutenir une
solution politique au conflit
armé dans son pays. Elle propose
un échange humanitaire
de prisonniers.
Issue de l’opposition, Mme
Córdoba s’est rendue célèbre en
jouant les intermédiaires lors
de la libération d’otages des
FARC (Forces armées révolutionnaires
de Colombie). La sénatrice
a entrepris le week-end
dernier une mission de paix
dans plusieurs pays européens.
Le volet suisse de ce voyage a
été instigué par la Communauté
genevoise d’action syndicale
ainsi que plusieurs ONG.

« Il est important que la communauté
internationale prenne
l’ampleur des conséquences du
conflit armé en Colombie », a indiqué
à l’ATS lundi la politicienne,
âgée de 55 ans. Et de citer les
quelque cinq millions de déplacés
ou encore le scandale
des « falsos positivos », ces victimes
civiles présentées comme
des rebelles des FARC pour gonfler
le bilan de l’armée.

Les disparitions forcées sont
également une facette trop peu
connue de la Colombie à l’étranger,
selon Mme Córdoba. Cette
dernière se dit tout aussi préoccupée
par le respect des droits
de l’homme dans les prisons.
« De nombreux représentants de
mouvements sociaux y croupissent,
privés d’une procédure
digne d’un état de droit. »

But du voyage de la sénatrice
en Europe : évaluer les
chances d’un soutien international
à l’initiative des « Colombiennes
et des Colombiens
pour la paix ». L’organisation
non gouvernementale se bat
pour l’échange humanitaire de
prisonniers et une solution politique
au conflit armé.

Le gouvernement de droite
du président Álvaro Uribe s’est
jusqu’à présent toujours fermement
opposé à une libération
des rebelles des FARC emprisonnés.
Le mouvement
marxiste a de son côté relâché
fin mars deux soldats longtemps
retenus en otage.

La politicienne colombienne
nourrit encore l’espoir que son
président fasse un pas vers l’échange
de prisonniers avant la
fin de son mandat en août. « Cela
serait très, très important ». Et
d’avertir que si M. Uribe ne fait
rien, le dossier risque bien d’être
renvoyé aux calendes grecques
par son successeur.

Outre son aide au développement,
la Suisse est active en Colombie
depuis 2001 via un programme
de promotion de la
paix. Interrogée sur l’importance
de la médiation helvétique, Mme
Córdoba a souligné que celle-ci
avait joué à plusieurs reprise un
rôle capital, notamment lors de
négociations avec les FARC. Ce
jusqu’à ce que Bogota décide de
se passer des services de Berne
suite à une polémique.

Les Colombiens éliront leur
nouveau président le 30 mai.
M. Uribe est contraint de quitter
la tête du pouvoir après huit
ans, à la suite du refus par la
Cour suprême de l’autoriser à
briguer un troisième mandat.
Selon les sondages, l’actuel ministre
de la défense Juan Manuel
Santos devrait remporter



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