Communauté genevoise d’action syndicale

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moins importantes sont les prestations à verser, plus grand est le profit à réaliser

mercredi 17 février 2010 par _information fournie par la composante

Depuis que les assureurs ont obtenu, en 2002, l’abaissement du taux d’intérêt minimal, aujourd’hui de 2%, les salariés soumis aux minimas de la LPP ont vu leur avoir de vieillesse progresser annuellement deux fois moins vite qu’avant.

Avec la première révision de la LPP de 2005, ils subissent aussi une diminution de leur taux de conversion qui sera passé d’ici quatre ans de 7.2% à 6,8%. Ces deux mesures conjuguées, si elles perdurent, représenteront pour les actifs qui ont aujourd’hui 25 ans une diminution de rentes de près de 30% par rapport à celles touchées par les retraités d’avant 2005.

Et on voudrait le 7 mars que les salariés passent encore une fois à la caisse en supportant une nouvelle baisse de 6% de leurs futures rentes !

Ce qui est déjà inadmissible en soi l’est d’autant plus quand on sait que les sacrifices des assurés serviront à alimenter les bénéfices des assureurs. Ce n’est évidemment pas pour rien que ces derniers sont les plus farouches partisans de la baisse du taux de conversion.

En effet, contrairement aux autres institutions de prévoyance qui destinent l’ensemble de leur fortune à leurs assurés, les assureurs qui gèrent les avoirs de leurs fondations collectives sont autorisés à prélever une part du bénéfice qu’ils réalisent avec ceux-là. Donc moins importantes sont les prestations à verser, plus grand est le profit à réaliser.

A ce scandale qui consiste à faire gérer une assurance sociale par des entreprises à but lucratif s’ajoute celui des frais administratifs que ces assureurs facturent à leurs affiliés, comprenant entre autres publicité et salaires de ministres, et qui sont en moyenne cinq fois supérieurs à ceux des autres institutions de prévoyance.

Il ne faut donc pas se laisser abuser par les larmes de crocodile des assureurs, relayés par le Conseil fédéral. Leur tentative de culpabilisation des actifs d’aujourd’hui, qui feraient peser sur les générations futures un terrible fardeau, est parfaitement inadmissible car totalement faux.

Tous les chiffres sérieux, considérés sur le long terme, qui est le temps de la prévoyance professionnelle, indiquent qu’une gestion prudente des avoirs de vieillesse permettra de financer encore longtemps les rentes selon les modalités actuelles. Et si par impossible le rendement des marchés financiers devait demeurer au bas niveau que nous promettent certains oiseaux de malheur, il faudrait alors songer à abandonner le principe de capitalisation au profit de celui de répartition, en vigueur notamment dans le premier pilier (AVS).

Le reste n’est qu’écran de fumée pour masquer un processus toujours plus à l’œuvre dans le domaine économico-social qui est de privatiser les gains et de socialiser les pertes, comme nous avons pu en voir quelques beaux exemples tout au long de l’année 2009.

Pour que l’année 2010, et les suivantes, ne ressemblent pas à cette dernière, il faut voter Non le 7 mars !

Julien DUBOUCHET CORTHAY



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