Communauté genevoise d’action syndicale

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certains seront menacés par un retour de la pauvreté

mercredi 16 décembre 2009 par Claude REYMOND

Les partis bourgeois ont, avec les milieux économiques, lancé une vaste offensive contre notre sécurité sociale :

  • Ils veulent, en pleine crise, réduire les prestations de l’assurance-chômage.
  • Ils veulent remettre en cause l’adaptation régulière des rentes AVS au renchérissement et à l’évolution des salaires et relever l’âge de la retraite des femmes.
  • Des plans de démantèlement des prestations de l’assurance-accidents existent déjà.
  • Certains efforts déployés en matière d’assurance-maladie risquent de déboucher sur une médecine à deux vitesses
  • Quant au 2e pilier, ses rentes diminueront toujours plus à cause des baisses décidées ou prévues du taux d’intérêt minimal et du taux de conversion, alors que les assuré(e)s devront passer à la caisse pour verser des « contributions d’assainissement »).

En novembre 2006, le Conseil fédéral, répondant à une demande de la Commission fédérale sur la prévoyance professionnelle, a décidé l’abaissement du taux de conversion du 2ème pilier de 6,8% à 6,4% au 1er janvier 2011. Initialement de 7%, ce taux de conversion est déterminant pour le calcul des rentes, sa baisse entraîne automatiquement celle des retraites. Dans la 1ère révision de la LPP un abaissement linéaire du taux de conversion avait déjà été prévu. Celui-ci devait aboutir à 6,8% en 2014. Docile aux exigences de la bourgeoisie et des milieux financiers, le Conseil fédéral a donné un grand coup d’accélérateur pour précipiter son programme de baisse progressive des retraites.


Les travailleurs et travailleuses disent NON au vol des rentes !

Selon la Constitution fédérale, les rentes de vieillesse doivent permettre aux gens de vivre décemment. Avec la nouvelle loi, ce but ne sera pas atteint. Certain(e)s retraité(e)s seront menacées par un retour de la pauvreté. Un gouvernement qui met des milliards à la disposition d’une banque privée doit aussi pouvoir garantir des rentes !

Les travailleurs et travailleuses plus jeunes seront aussi touchés par ce démantèlement. Ils continueront à payer beaucoup, mais recevront beaucoup moins. Pour les actuels rentiers et rentières, le danger de voir leurs rentes réduites sera plus grand.

Ce sont les assurances toujours à la recherche de profits, qui exigent une baisse des rentes. Elles ont fait de bonnes affaires avec nos caisses de pensions et encaissé des milliards de francs de bénéfices et de frais administratifs. Elles veulent gagner encore plus et, par conséquent, abaisser les rentes.

Pas de baisse des rentes à titre préventif !

Les périodiques Bon à Savoir et K-Tipp ont aussi saisi le référendum parce que certaines assurances et caisses de pensions prennent les gens pour des imbéciles. Le taux de conversion baissera progressivement à 6,8 % jusqu’en 2014. C’est ce qui a été décidé en 2003. Cette réduction est sans autre suffisante pour financer les rentes, même avec une légère augmentation de l’espérance de vie. Cela n’empêche par le lobby des caisses de pensions de vouloir diminuer encore plus les rentes… à titre préventif ! Si l’espérance de vie ou les rendements des capitaux devaient suivre une évolution étonnante, il serait encore possible de décider une nouvelle réduction en 2014.

Nous pouvons gagner !

Le référendum contre le vol des rentes a de bonnes chances de triompher.

Non seulement les premiers sondages le font apparaître, mais aussi les commentaires sur internet en réaction à la conférence de presse du Conseil fédéral. Et le fait que les milieux économiques soient prêts à investir jusqu’à dix millions dans cette campagne montre que les partisans d’une baisse des rentes ont peur de la volonté populaire.

Si nous nous engageons de toutes nos forces dans cette campagne, un succès dans les urnes est possible. Une victoire le 7 mars 2010 serait aussi un signal positif important pour les futures campagnes sur l’AVS, l’assurance-chômage ou contre d’autres visées de démantèlement social des bourgeois.


Cela étant, et même si la votation du 7 mars devait désavouer la politique du gouvernement, le problème posé par un système de retraites fondé sur la capitalisation (LPP) par opposition à un système fondé sur la répartition (AVS) demeure...

Pendant des années, les capitaux engrangés au titre de la LPP par les banques et les assurances ont permis de réaliser des plus-values faramineuses. Le taux technique de rentabilité pris en compte lors de l’entrée en vigueur de la LPP (1985) avait été plafonné à 4%.

Depuis lors, les périodes fastes de la spéculation ont fréquemment flirté avec des taux de rentabilité de 9%, voire d’avantage. Les gigantesques bénéfices ainsi réalisés, loin d’améliorer le niveau de retraites, n’ont servi qu’à alimenter encore et toujours plus les portefeuilles des actionnaires et la spéculation.



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