Communauté genevoise d’action syndicale

Organisation faitière regroupant l’ensemble des syndicats de la République et canton de Genève

Rue des Terreaux-du-Temple 6 - 1201 Genève - phone +41 22 731 84 30 fax 731 87 06

iban CH69 0900 0000 8541 2318 9

À l’intention de la presse et des médias genevois

combattre avec vigueur cette nouvelle initiative xénophobe

vendredi 30 octobre 2009 par infomation fournie par nos alliés

Mesdames, Messieurs,

Pour présenter notre campagne unitaire contre l’initiative anti-minarets, la Coordination contre l’exclusion et la xénophobie (StopEX), vous invite à une

Conférence de presse

Mercredi 4 novembre à 11 H

dans les locaux du SIT - 16, rue des Chaudronniers

Créée en 2005 en opposition aux lois sur l’asile et sur les étrangers adoptées par les Chambres fédérales, et composée d’une quarantaine d’organisations syndicales, politiques, sociales, religieuses… et de membres individuels, notre coordination n’a de cesse depuis lors de lutter contre toutes les formes de discrimination, d’exclusion et de rejet de l’altérité.

Il est donc essentiel pour nous de combattre avec vigueur et détermination cette ixième et nouvelle initiative xénophobe émanant des milieux de la droite dure, de l’UDC et de fondamentalistes. La campagne haineuse des auteurs de l’initiative à l’encontre de la communauté musulmane vise, une nouvelle fois, à stigmatiser, à diviser la population en créant des boucs-émissaires et en attisant les peurs, les tensions, l’insécurité, les replis communautaires….

Voilà quelques arguments que nous présenterons plus en détails au cours de notre conférence, où s’exprimeront un intervenant de StopEX et des représentants du monde politique, syndical et associatif. La conférence sera présidée par Madame Denise Kessler, coprésidente de notre Coordination.
Ci-jointe, notre affiche avec laquelle nous tentons, avec humour, de dénoncer les conséquences néfastes des peurs xénophobes.

Contacts : Daniel Dind 079 305 14 27 + Aldo Brina 078 734 07 36


voir le site

Cette initiative stigmatise et conduira à discriminer tous les musulmans vivant en Suisse.

Elle viole les droits fondamentaux que sont l’égalité de toutes et de tous devant la loi, ainsi que la liberté de croyance et de conscience = elle sape les principes démocratiques garantis par notre Constitution fédérale.

Le respect des minorités est menacé

La cohabitation entre communautés religieuses ou linguistiques différentes est la base de la construction de la Suisse. Or, l’initiative met en péril cet équilibre en cherchant à discriminer une partie de notre population. Alors que les Chrétiens ont pu construire des clochers, pourquoi la minorité musulmane qui vit aujourd’hui parmi nous n’aurait-elle pas le droit d’ériger des minarets ? Pourquoi vouloir créer un « droit spécial » de construction pour cette minorité, alors que les normes légales en matière de construction sont déjà très strictes ? Le régime des « lois spéciales » a toujours été l’instrument des pires entreprises racistes et antisémites.

La Suisse, un Etat de droit

La liberté de croyance et de conscience est garantie par la Constitution fédérale et le droit international. Rappelons que toutes les personnes résidant en Suisse sont égales devant la loi, en droits comme en devoirs. Cette égalité de traitement est le ciment de notre Etat de droit et de toute démocratie. En outre, chaque communauté religieuse peut choisir librement les symboles publics de sa foi. Ce choix ne regarde que les croyants de chacune des religions. En voulant interdire la construire des minarets, l’initiative porte atteinte à la liberté religieuse des musulmans. Préservons les principes de notre Etat de droit.

Non à la stigmatisation et à l’islamophobie

Les tenants de l’initiative prétendent ne s’attaquer ni aux musulmans, ni à l’islam, mais uniquement aux minarets, qu’ils présentent comme des symboles politiques visant à imposer en Suisse un islamisme radical. Leurs campagnes quotidiennes contre le risque d’invasion, la démographie galopante des musulmans et autres fantasmes montre au contraire leur volonté de stigmatiser cette population. Pire, ils cherchent à créer la confusion entre musulmans et extrémistes voire terroristes. Rappelons qu’en Suisse, il existe 4 minarets, pour 350 000 musulmans, dont seuls environ 15% se définissent comme pratiquants. Tous subiront les effets de cette campagne qui les dénigre !

Combien de fois les mêmes rengaines ?

De tout temps, les milieux populistes ont essayé de nous faire croire que certaines populations étaient incapables de s’intégrer en Suisse. Les Italiens, les Portugais, les Tamouls,… Le temps leur a toujours donné tort, puisque ces communautés se sont très bien intégrées. Aujourd’hui, les musulmans sont dans leur collimateur, alors que la plupart d’entre eux (beaucoup sont jeunes) ont grandi dans notre pays et y ont fait toute leur scolarité.

Non à une manœuvre populiste

Les initiants ne cherchent pas le bien-être de notre pays, mais veulent faire parler d’eux car ils n’existent qu’à travers des campagnes dénigrantes, qui mettent tous les problèmes sur le dos d’un groupe et éludent les vraies questions. En 30 ans et plus de 15 initiatives fédérales, les milieux qu’ils représentent exploitent les mêmes phobies : surpopulation étrangère, naturalisations massives et invasion de réfugiés. Aujourd’hui, c’est une prétendue islamisation rampante. En divisant la population, en créant des bouc-émissaires, en attisant des peurs et l’ignorance que chacun peut avoir de l’autre, ces milieux xénophobes créent un climat de tension, d’insécurité, de replis communautaires. Ce faisant, ils pourraient même provoquer les risques qu’ils dénoncent, à savoir la réaction d’extrémistes percevant dans la Suisse le fer de lance d’une nouvelle croisade…
Renouer avec le vivre ensemble

Notre pays est riche parce qu’il a su composer, non sans effort, avec différentes cultures et influences. C’est cette voie que nous devons suivre pour montrer l’exemple dans un monde mis à feu et à sang par les partisans de l’intolérance. Les initiants arguent que dans certains pays, les Chrétiens ne peuvent pas construire de clochers ? Ils ne font que dévoiler ce qu’ils valent en réalité : pas mieux que les régimes totalitaires qu’ils dénoncent.

Le 29 novembre prochain, le monde aura les yeux braqués sur les résultats de notre vote. Nous devons envoyer lui un signal positif : notre détermination à défendre et garantir les principes de l’Etat de droit. Un Etat qui exige de chacun-e le respect des règles fondamentales qui l’animent. Un Etat qui garantit à chaque personne, sans discrimination, le respect de ses droits fondamentaux.



Derniers articles