Communauté genevoise d’action syndicale

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Publié par Le Courrier le 30-10-2009

le CEVA = indispensable !

vendredi 30 octobre 2009 par Claude REYMOND

MARIO TOGNI

En voiture ! La campagne en vue de la votation du 29 novembre sur l’avenir de la liaison ferroviaire Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse (CEVA) a été lancée hier par ses partisans. Pour le comité pro RER Genève Région, réunissant l’ensemble des partis à l’exception du Mouvement citoyens genevois, la réalisation de cette « colonne vertébrale du réseau régional de transports publics » est indispensable, selon les termes d’Elisabeth Chatelain, sa coprésidente.

Formellement, le scrutin porte sur une rallonge financière du canton de Genève de 113 millions de francs pour un coût total de 1,5 milliard, dont plus de la moitié sera à la charge de la Confédération. Voté à la quasi-unanimité du Grand Conseil, ce crédit complémentaire a fait l’objet d’un référendum, offrant aux Genevois la possibilité de trancher une fois pour toutes. Sans ce financement additionnel, « le CEVA ne verra pas le jour », tonne le comité.

Selon ses défenseurs, la future ligne ferroviaire répondra à trois fonctions : elle desservira le centreville, comme un métro, assurera des liaisons régionales, tel un RER, et permettra de rallier le réseau à diverses lignes internationales. En somme, « le CEVA est le meilleur moyen d’accompagner la croissance de notre région », poursuit Elisabeth Chatelain. Elle rappelle que deux cent mille habitants et cent mille emplois supplémentaires y sont attendus à l’horizon 2030.

Six trains par heure

Selon les estimations, la future liaison – qui compte sept gares – devrait accueillir quelque cinquante mille usagers par jour, au rythme d’un train toutes les dix minutes. Sa vitesse moyenne de 50km/h est également largement supérieure à celle d’un tram (17km/h) ou d’une voiture en centre-ville (25km/h). Une gageure alors que le trafic automobile – notamment pendulaire – encombre les routes du canton, relève le comité pro RER.

Des surcoûts ? Chez les opposants, c’est avant tout la question du prix qui fâche, sous couvert de guerre des chiffres. Selon eux, la facture finale pourrait dépasser les 2 milliards de francs pour une infrastructure jugée peu efficace. Des arguments que réfute vivement Gabriel Barrillier, coprésident du comité pro-CEVA.

« Les surcoûts enregistrés jusqu’ici sont dus en partie au renchérissement des matériaux de construction et à des améliorations techniques – mesures antivibration et renforcement de la sécurité. Aujourd’hui, 80% des devis d’entreprises sont en mains des maîtres d’ouvrage, il n’y a pas de raison que la facture prenne l’ascenseur. »

A titre de comparaison, il avance le prix de 105 millions par kilomètre de voie pour le CEVA, alors que le RER zurichois en a coûté 211 millions. Ce à quoi le radical Adrien Genecand, coordinateur de la campagne interpartis des jeunes en faveur du RER, ajoute : « Cette liaison est un investissement pour l’avenir. Même si le CEVA devait coûter 2 milliards, il faudrait les payer. » Quant au tracé proposé par les opposants, dit du Barreau Sud, « il ne constitue pas une alternative crédible, clame Elisabeth Chatelain. A ce stade, il ne s’agit que d’une idée de tracé, il n’y a aucun financement, aucun terrain réservé. Nous devons être clairs : il n’y a pas de plan B. »

Si les partisans du CEVA l’emportent le 29 novembre, restera à attendre – dans les mois à venir – le verdict du Tribunal fédéral sur plusieurs recours encore pendants. Les travaux pourraient démarrer dans la foulée, au printemps prochain, et le CEVA rouler en 2014. I



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