Communauté genevoise d’action syndicale

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Maison de Saint-Gervais :

quand des écolos polluent la culture !

mercredi 26 août 2009 par Claude REYMOND

GENEVE – Le 27 septembre, le peuple tranchera la question : « Est-ce que la culture est le fait du prince ? »

On connaissait Napoléon et ses pyramides, Pompidou et Beaubourg, Mitterrand et le Louvre, il faudra désormais y ajouter le Conseil Administratif genevois, lequel ne rêve sa culture qu’en gigantismes et apparats.

La « trop » grande Comédie

Plutôt que d’assurer la subsistance d’un foisonnement théâtral, nos magistrats ont depuis longtemps annoncé leur projet d’une « Grande » Comédie, laquelle pourra bientôt rejoindre l’actuel « Grand » Théâtre dans le cœur de nos élus. Outre la taille des bâtiments, ces institutions sont surtout « Grandes » par leurs subventions, ce qui nécessite hélas la mort de plus d’un petit cheval. Première victime déjà annoncée dans la presse : le Théâtre de Saint-Gervais.

Quel Centre pour l’Image Contemporaine ?

Parallèlement au pilonnage théâtral, nos magistrats opèrent avec la même délicatesse dans les arts de l’image. Là également, le « grand » projet du BAC devait rassembler tout ce que Genève compte de structures inventives. Mais là également, le « rassemblement » s’est vite transformé en « fusions » puis « liquidations » de structures. Témoin le Centre pour l’Image Contemporaine (CIC) qui, curieusement, se trouve siéger dans la Maison de Saint-Gervais, comme le théâtre du même nom.

L’arme référendaire

En s’attaquant par les deux bouts à Saint-Gervais, nos élus ont mésestimé l’attachement des Genevois pour ce lieu qui, s’il n’est pas « Grand », n’en foisonne pas moins depuis près de 50 ans. Symbole d’une culture militante qui a su rester populaire, la Maison de Saint-Gervais fait cohabiter spectacles, vidéothèque, expositions, festivals, installations et lieu de production vidéaste. Autant dire qu’il n’a guère été difficile de réunir les signatures nécessaires au référendum.

Crise d’ego et gros dégâts

Ce référendum attaque une décision budgétaire votée en décembre 2008, soit la redistribution de la subvention du CIC à d’autres entités culturelles (CAC – Centre d’Art Contemporain – et FMAC – Fond Municipal d’Art Contemporain) et, partant, la liquidation de l’entité culturelle CIC. Pour faire passer cette curieuse pilule, le Conseil Administratif n’a pas hésité à faire chantage sur l’entier du budget 2009 et, quand le référendum fut lancé, à crier contre la trahison politique par tous les médias.

Grandeur et misère du politique

Nos élus ont alors fait preuve de tous les courages : « Mais non, il ne faut pas faire le lien avec le théâtre, celui-ci ne fermera qu’en 2012 », « Il ne s’agit pas d’une liquidation mais d’un transfert, puisqu’une part au moins des activités sera reprise par d’autres… on ne sait pas encore quand », « De toute façon, la matériel du théâtre est vétuste, le matériel vidéo ne vaut rien, il n’y a que la collection des œuvres à sauver », etc. etc. Et dire qu’on n’a pas encore pensé à tourner une sitcom au Conseil Municipal…

L’enjeu

Il vaudrait évidemment mieux rire de tout ça, si ce n’est que la liquidation du CIC, elle, sera bien immédiatement réelle et celle du théâtre suivra. L’enjeu est bien sûr culturel, cette mort ne donnant naissance à rien qui n’existe déjà. L’enjeu est également syndical, puisque à terme plusieurs collaborateurs du CIC se verraient au mieux repris par le CAC à des conditions nettement moindres et au pire licenciés, sans parler des employés du théâtre pour lesquels on ne sait rien encore. Enfin l’enjeu est civique : doit-on laisser une poignée de divas politiques supprimer toute la diversité et la richesse culturelle locale, pour créer de « Grandes » brasseries et autres lieux à froufrous ? D’autant que ce sont les mêmes qui viendront ensuite nous parler « biodiversité » et prôner le respect des espèces. Mais qu’ils laissent vivre aussi la culture tudieu !

Yves Mugny – SSP Genève

Le 27 septembre, le SSP vous invite à voter NON à la réduction de la subvention de Saint-Gervais



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