Communauté genevoise d’action syndicale

Organisation faitière regroupant l’ensemble des syndicats de la République et canton de Genève

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Communiqué de presse des syndicats Unia Genève et SIT

NON à la généralisation des nocturnes

lundi 23 mars 2009 par Claude REYMOND

Lundi 23 mars 2009

Non à une nouvelle extension des horaires d’ouverture des magasins

L’Entente genevoise lance une nouvelle attaque contre la loi sur les heures d’ouverture des magasins. Alors que la droite vient de voter une modification de cette loi en vue d’offrir aux petits commerces la possibilité d’ouvrir 24h/24h et 7 jours sur 7, elle lance une nouvelle offensive en demandant maintenant que tous les commerces puissent ouvrir tous les soirs jusqu’à 20h ainsi que 4 dimanches par an.

Nos syndicats s’opposent fermement à cette modification de la loi pour les raisons suivantes :

1) Les nocturnes et les dimanches tuent le petit commerce et l’emploi

Les nocturnes tous les soirs jusqu’à 20h00 vont clairement favoriser les grandes surfaces commerciales, économes en main d’oeuvre (si l’on prend le rapport entre le chiffre d’affaire et le coût de la main-d’oeuvre), au détriment des petits commerces et des dépanneurs qui réalisent une partie non négligeable de leur chiffre d’affaire après la fermeture des commerces et qui emploient de nombreuses vendeuses et vendeurs. Au final, on peut s’attendre à de nouvelles pertes d’emploi dans le secteur de la vente. Un secteur où la disparition du petit commerce et l’informatisation a déjà fait passer le nombre d’employés de 22896 en 1985 à 18391 en 2005, soit un recul de près de 20% des emplois.

Il est faux de croire qu’une extension des horaires induit une augmentation des personnes employées. Malgré l’adoption de la présente LHFM en 2002 avec l’instauration d’une nocturne hebdomadaire et la fermeture le samedi à 18h00, le nombre de personnes employées à reculé de 3.8% entre 2001 et 2005.

2) Les nocturnes généralisées violent la convention collective

Le projet patronal est incompatible avec la convention collective cadre du commerce de détail, de force obligatoire à Genève. Cette convention collective constitue la seule protection des vendeuses et vendeurs, en instaurant par exemple des salaires minimaux et en interdisant le travail sur appel.

Ce projet de loi constitue une attaque contre la convention collective qui prévoit, à son article 10.1 qu’un même employé ne peut être amené à travail plus d’un soir par semaine au-delà de 19h00. Généraliser les nocturnes impliquera forcément que le personnel soit amené à effectuer plusieurs nocturnes dans la semaine.

3) Les nocturnes et les dimanches péjorent les conditions de travail de 20’000 travailleurs

Lors de l’adoption de la LHFM en 2002, les patrons avaient fait campagne pour la nocturne du jeudi soir en assurant que le personnel n’aurait pas à effectuer de nocturnes, que des étudiants seraient engagés. Sept ans plus tard, les vendeuses continuent de devoir faire des nocturnes. La généralisation des nocturnes à 20h00 imposera à toutes les vendeuses de terminer leur travail entre 20h00 et 20h45, le temps de faire partir les derniers clients et de compter la caisse.

Avec de tels horaires, combinés avec des temps de travail extrêmement flexibles (la plupart des vendeuses sont engagées à temps partiel, sans jour de congé fixe), les vendeuses peuvent faire une croix sur leur vie de famille ou leur vie sociale. En effet, les activités sociales et familiales ont souvent lieu le soir, entre 19h00 et 21h00. Avec des horaires jusqu’à 20h00, c’est toute la vie en dehors du travail qui est affectée. Au-delà des 20’000 travailleurs du secteur, cette extension des horaires, en touchant la vie familiale, péjorera donc les conditions de vie de plus de 50’000 personnes !

4) Les nocturnes ne répondent pas à un véritable besoin

L’offre commerciale actuelle suffit amplement à satisfaire les besoins des consommateurs. Les magasins peuvent théoriquement déjà être ouverts tous les jours de 6h00 à 19h00 du lundi au mercredi, de 6h00 à 21h00 le jeudi, de 6h00 à 19h30 le vendredi, de 6h00 à 18h00 le samedi. En plus, bon nombre de dépanneurs exercent dans tout le canton en dehors de ces horaires.

De moins en moins de commerces profitent de la nocturne jusqu’à 21h00, faute de clientèle. Bon nombre de commerces, dont la Migros, essaient en vain d’attirer la clientèle le soir en offrant des avantages, notamment sur les cartes de fidélité. Seuls les plus grands centres commerciaux peuvent rester ouverts. Les nocturnes profitent donc uniquement aux géants actuels du commerce de détail, géants qui consolident leurs énormes bénéfices (des résultats 2008 historiques tant pour Migros que pour COOP et Manor) tant sur le dos de leurs employés que sur le dos du petit commerce.

Nos syndicats s’opposent donc fermement à cette modification de la loi qui, si elle était adoptée, serait synonyme de péjoration importante des conditions de travail déjà extrêmement dures auxquelles sont soumises les vendeuses et vendeurs du canton.

PS:

Pour plus d’informations :
Joël Varone, Unia, 079 398 49 95 et
Lara Cataldi, Sit, 077 434 50 15 ou 022 818 03 67




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