Communauté genevoise d’action syndicale

Organisation faitière regroupant l’ensemble des syndicats de la République et canton de Genève

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Communiqué de presse

La CGAS pour la libre circulation des personnes

Votation fédérale du 8 février 2009

lundi 12 janvier 2009 par Georges TISSOT

La CGAS - Communauté genevoise d’action syndicale, qui regroupe tous les syndicats du canton de Genève – a pris position sans ambiguïté en faveur de la reconduction de la libre circulation des personnes entre l’Union européenne et la Suisse et son extension à la Roumanie et à la Bulgarie, qui sera soumise au peuple le 8 février prochain.

La CGAS s’est en effet toujours battue contre les discriminations entre travailleuses et travailleurs de quelque origine qu’ils ou elles soient et pour la libre circulation des personnes, en particulier pour la suppression du statut de saisonnier et pour la régularisation des sans papiers. Avant la mise en place de la libre circulation, elle est de fait parvenue à faire tomber le statut de saisonnier une dizaine d’années à Genève avant le reste de la Suisse (sauf dans l’agriculture) et à régulariser dans une première phase les sans papiers provenant d’Union européenne. C’est dans le même sens que la CGAS continue bien entendu son combat pour la régularisation de l’ensemble des sans papiers, notamment dans le secteur de l’économie domestique.

De tous temps, les employeurs ont utilisé les travailleurs et les travailleuses les un-e-s contre les autres pour faire des pressions sur les salaires et les conditions de travail. Si la sous-enchère salariale est aussi vieille que le salariat, le patronat en porte la responsabilité. Le rôle des syndicats a toujours été de combattre cette division en montrant le sens de la solidarité et l’intérêt commun des salarié-e-s. La création de rapports de forces pour la mise sur pied de conventions collectives de travail et de protections légales (Loi sur le travail notamment) a été la tâche première dans ce sens, et une part essentielle de l’activité syndicale a toujours été de faire respecter ces conventions collectives et les textes législatifs.

Cependant, ce développement des lois est encore insuffisant – avec ou sans libre circulation. Un grand nombre de travailleuses et travailleurs restent sans protection conventionnelle ou législative, soit parce qu’il n’existe pas de CCT dans le secteur où ils/elles travaillent, soit parce que la CCT n’est pas étendue ou ne s’applique pas à certaines catégories. Le combat pour une meilleure protection des travailleurs-euses et de leurs conditions de travail est donc essentiel. La généralisation de l’extension des CCT et des contrats type est une condition première, ainsi que les moyens donnés au contrôle de leur application. La CGAS se prononce également pour l’établissement d’un salaire minimum légal sur le plan cantonal ou national.

C’est donc en mobilisant à partir des lieux de travail l’ensemble des salarié-e-s que l’action syndicale trouvera sa force. La condition en est le renforcement des droits syndicaux sur les lieux de travail et une réelle protection des travailleurs-euses contre les licenciements. La CGAS sait que toutes les avancées sociales ont été dues à la lutte des mouvements sociaux – et particulièrement syndicaux – et qu’elles ont été imposées sans attendre la bonne volonté du patronat ou de l’État.

Cette mobilisation ne peut se fonder que sur une solidarité à toute épreuve et sur la fin de non-recevoir donnée à toute tentative de diviser entre eux les travailleuses et les travailleurs en utilisant des arguments xénophobes.

La CGAS est et restera internationaliste, et cela pas seulement parce que la grande majorité de ses effectifs est constituée d’immigrés de première, deuxième ou troisième génération. En particulier, la CGAS ne tolérera pas que le débat sur l’élargissement de la libre circulation à la Roumanie et à la Bulgarie prenne un quelconque accent de type xénophobe. Toute division fait la force de nos adversaires, la solidarité sans faille est la condition de notre lutte.



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