Communauté genevoise d’action syndicale

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la loi est passée aux urnes par inertie

lundi 1er décembre 2008

En ce lendemain de votation, je souhaite vous remercier de tout coeur d’avoir lancé ce référendum contre la loi sur l’Université. Le résultat des urnes ne devrait pas vous faire désespérer.

En effet, si vous avez été laissés seuls dans votre combat pour l’intérêt public, c’est surtout à cause à cause de l’indifférence de la classe politique, ce qui est très différent d’un consensus : la loi est passée aux urnes par inertie.

Ceux qui parlent ce matin de « confiance » de la population vis-à-vis de l’institution universitaire genevoise se font donc probablement des illusions. Laissez moi vous dire que cette confiance est toujours aussi mal en point. Bien au contraire, si l’opinion genevoise (qui est un loup qui dort) était à nouveau alertée par des affaires, elle se déchaînerait comme avant. Pour vous en convaincre, il suffit de voir le retournement causé par l’annulation de la votation du Cycle d’orientation. Bien que « le peuple ait parlé », il serait hasardeux d’affirmer qu’il a dit son dernier mot.

Votre coup de semonce est un début, car vous avez fait trembler des intérêts et mis les citoyens en alerte (l’EPFL n’a pas eu cette chance). J’ai pu me rendre compte de mon côté de ce qui se passe lorsque quelqu’un élève sa voix : il convainc. Plusieurs citoyens, dès qu’ils ont été informés, ont été prêts à changer d’avis aussitôt. Beaucoup de gens m’ont approuvé, ce qui comprend notamment des libéraux. Par conséquent si vous aviez eu plus de soutien, plus tôt, les choses seraient allées autrement.

Eh bien, je pense que si vous persévérez, vous obtiendrez ce soutien. Rien ne vous oblige d’ailleurs à rester passifs, le jour où une multinationale un peut trop intéressée par les brevets se présentera pour financer une chaire ou un département.

Ma requête serait que vous continuiez à remplir le rôle que vous jouez dans notre société, c’est-à-dire d’être les porte-parole de ceux qu’on écoute pas, surtout les étudiants et le personnel précaire de l’Uni. En particulier, de découvrir et de révéler des irrégularités de l’Université, qui n’ont pas disparu — je suppose que vous vous doutez comme moi que les récents "scandales" étaient surtout une manoeuvre politique pour démanteler l’ancien rectorat et préparer l’opinion à la nouvelle loi.

Alors pourquoi n’utiliseriez-vous pas les mêmes armes que vos adversaires, pour la bonne cause c’est-à-dire parler de ce qui ne va pas, pour présenter votre nouvelle loi ? Rassembler des faits et soulever publiquement des questions ferait le plus grand bien à l’Alma Mater... et vous attirerait la sympathie de l’opinion publique.

En vous remerciant encore, je vous envoie mes meilleures salutations,

Laurent Franceschetti
Ingénieur EPFL
laurent.franceschetti@a3.epfl.ch


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