Communauté genevoise d’action syndicale

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Assurance-chômage plutôt qu’aide sociale

mardi 25 novembre 2008 par infomation fournie par nos alliés

L’assurance-chômage (AC) en Suisse est menacée de se dégrader encore davantage. Plus de recettes et de solidarité sont nécessaires, mais il faut aussi que les responsables assument.

Le Conseil fédéral suisse prévoit de commencer à diminuer les quelque 5 milliards de francs de dettes de l’AC. Le déficit financier est apparu depuis 2003 en raison d’une diminution trop importantes des rentrées, du fait que le chiffre moyen des personnes au chômage avait été calculé trop bas et que les prestations de solidarité prélevées sur les bons salaires avaient été supprimées. Le nouveau modèle de détérioration de l’AC veut créer une symétrie au niveau des sacrifices et réintroduire par la même occasion des cotisations salariales légèrement augmentées ainsi qu’une petite taxe de solidarité, ce qui ne coûte quasi rien au patronat mais désavantage les employés.

Travailleurs précaires pénalisés

Pour pouvoir toucher 400 indemnités journalières de l’AC, il faudra désormais avoir cotisé durant 400 jours au lieu de 260, comme c’est le cas actuellement. "Cette péjoration concerne avant tout les femmes, les personnes peu qualifiées, les personnes travaillant dans des conditions précaires ainsi que les jeunes", écrit Susanne Blank, du syndicat Travail.Suisse. Et : "Depuis des années, il existe une tendance durable à une flexibilisation accrue. Les contrats à durée limitée, le travail temporaire, le travail sur appel, etc… augmentent les risques d’un employé de se retrouver au chômage. Or, l’AC devrait justement protéger de ces risques-là."

Suppressions de prestations à la charge de l’aide sociale

Pour le public et les médias, la politique sociale de la Suisse semble être uniquement l’affaire de l’Etat fédéral. Les communes ne se manifestent que dans le cadre du débat relatif aux abus de l’aide sociale, et non en tant qu’actrices de la politique sociale. La Conférence des directrices et directeurs cantonaux des affaires sociales (CDAS) constate à propos des changements prévus au sein de l’assurance-chômage : "L’adaptation de la durée d’indemnisation à la longueur de la période de cotisation constitue une claire diminution des prestations, qui permet à l’assurance-chômage de réaliser des économies, mais sans indication sur la manière dont ces restrictions seront compensées autrement que par l’aide sociale." La CDAS fait aussi remarquer que les personnes travaillant de manière temporaire et précaire seront désavantagées : "Il n’est pas très conséquent d’autoriser et d’exiger d’une part la flexibilisation des conditions de travail et de pénaliser d’autre part, dans le cadre de l’assurance-chômage, les personnes touchées précisément par cette mesure."

Recherche de recettes supplémentaires

Selon l’Union syndicale suisse (USS), les cotisations salariales à l’AC pourraient être fixées à 2.3% sur les revenus jusqu’à 315’000 francs (auparavant 126’000 francs). Ce concept de financement permettrait d’encaisser des recettes annuelles d’environ 600 millions de francs, de compenser les réductions de prestations et d’assainir les dettes. La conférence des personnes au chômage et en fin de droit du syndicat des médias comedia exige un financement de l’AC semblable à celui de l’assurance-vieillesse AVS ou de l’assurance-invalidité AI, sans plafonnement des cotisations sur le salaire intégral, mais avec une limitation du gain assuré. L’asso-ciation FleXibles, qui travaille à promouvoir de nouvelles formes de travail (www.flexibles. ch), exige même que les entreprises cotées en bourse qui licencient du personnel pour réaliser des bénéfices paient des suppléments à l’AC en fonction des profits résultant de la suppression des postes de travail

13e année, No 11, 24 novembre 2008 © Association pour la justice sociale

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