9 novembre 1932 - plus jamais ça

à la mémoire du 9 novembre 1932, pour la démocratie et la liberté

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2005

une Histoire qui se ressemble ...

mercredi 19 octobre 2005 par Claude REYMOND

Genève : 1932 - 2005

Alors que la Genève de 1932 comptait 170’000 habitant-e-s dont un tiers étaient sans droits politiques, celle de 2005 abrite plus de 400’000 habitant-e-s dont 40’000 étaient sans droit politiques jusqu’à ce printemps, qui a connu une première victoire populaire les autorisant à voter au niveau communal, mais sans droit d’éligibilité.

En 1932, la situation des travailleurs-euses était désastreuse 8’000 chômeurs-euses, baisse des salaires dans la plupart des métiers, la paupérisation de la population s’accroissait rapidement.

Mais que dire de la situation en 2005 ? 25’000 demandeurs-euses d’emploi, baisse des salaires, des milliers de jeunes qui ont terminé leur formation sont à la recherche d’un premier emploi, les horaires de travail s’allongent pour une partie des salarié-e-s, des anciens travailleurs-euses sont licenciés bien avant l’âge de 60 ans alors que dans le même temps la droite parlementaire fédérale se prépare à voter des lois retardant à 67 ans l’âge donnant droit à la retraite.

Paradoxe ? Non ! Logique d’un système inféodé à l’économie de marché. L’être humain n’est pas au centre des préoccupations c’est le « marché », un « marché » réservé à une caste d’affairistes dont la devise est toujours la même : réaliser le plus de bénéfice possible dans un minimum de temps.

Des couches de plus en plus étendues de la population se marginalisent. Les services d’assistance publique sont débordés. Un tiers des ménages a besoin de l’aide publique pour s’acquitter des primes des assurances maladie ; pire, des milliers de personnes n’ont plus de protection contre les conséquences de la maladie ou de l’accident. A quand une caisse unique, délivrée de la notion de rentabilité ? Le peuple se prononcera sous peu.

Grand Conseil : l’occasion manquée

Les Genevois et Genevoises ont renouvelé leur parlement. Malgré les luttes menées contre les excès de la majorité de droite en place jusqu’à cet automne, la gauche est à nouveau minoritaire au parlement. De plus, un deuxième groupe d’extrême droite y fait une entrée fracassante, alors que l’extrême gauche en est exclue. 2005, rendez-vous manqué.

En présentant son budget 2006, après les élections du Grand Conseil, alors qu’elle devait rendre son projet au 15 septembre, la droite du Conseil d’Etat s’est soustraite à la possible sanction électorale de la population. Ce budget montre dans quelle direction l’Entente entend poursuivre sa politique de démantèlement social, au prétexte de redresser les finances de l’Etat.

Comme toujours, les économies vont se faire au détriment des personnes les plus défavorisées, alors que les plus riches n’ont aucun souci ou effort à fournir, ils vont donc accroître leur fortune en toute quiétude.

De fait les votations populaires du 24 avril ne sont pas respectées, en effet, la population s’était alors exprimée pour le maintien d’une solidarité avec les personnes âgées, handicapées et au chômage et un service public de qualité.

Les attaques de cette droite réactionnaire portent aussi contre les droits démocratiques, car il ne fait aucun doute que le projet de loi restreignant le droit de manifester, de même que celui supprimant le statut des fonctionnaires, seront acceptés par un parlement d’une telle composition.

Les luttes qui s’annoncent seront dures. Pour faire obstacle aux mauvais coups portés aux conditions d’existence de la population, l’unité de l’ensemble du monde du travail est indispensable.

PS:

Plus jamais ça ?

On disait au début du siècle passé « plus la démocratie est développée et plus elle est près, en cas de divergence, du massacre ou de la guerre civile », mais aussi « plus la démocratie est puissante, et plus facilement la Bourse et les banquiers se soumettent les parlements bourgeois... »

Les événements de 1932 avaient été précédés de la faillite de la Banque de Genève. Pour contrer une sortie de crise avec une précarisation accrue du peuple travailleur que la bourgeoisie entendait imposer, les salarié-e-s et les sans-emplois renforcèrent les rangs de la gauche. A choisir entre une autre répartition des richesses disponibles ou l’exercice de la violence pour conserver leurs prérogatives, les Droites d’alors avaient, notamment, requis l’armée le 9 novembre...

Il y a quelques années, la Banque cantonale genevoise était au bord du gouffre ; à un tel point que notre parlement créait la Fondation de valorisation des immeu­bles de la BCG et la dotait de plusieurs milliards - imputant les pertes des spéculateurs aux contribuables du canton, tout en réduisant peu après les impôts des plus riches.

Parce qu’à ces mesures arrogantes s’en ajouteront d’autres pour briser la solidarité - en rejetant encore plus de personnes dans l’indigence - et que cela ne manquera pas de soulever des résistances, la classe dominante cherche une fois de plus à renforcer ses instruments de répression ; en réduisant par exemple dans la loi les droits d’expression et de contestation collective...

Sur la Pierre de Plainpalais, on peut lire « Plus jamais ça ».

Il s’agit certainement d’une revendication pour celles et ceux qui participent à l’instant de mémoire...

Mais si c’était une promesse, qui viendrait la donner et la faire respecter ? L’inscription de cette date dans la prochaine et nouvelle constitution genevoise, suffirait-elle à nous y faire croire ?

Claude, syndicaliste