9 novembre 1932 - plus jamais ça

à la mémoire du 9 novembre 1932, pour la démocratie et la liberté

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Intervention de Laurent Tettamanti

lundi 29 novembre 2004 par Xavier FERNANDEZ

Commémoration 2004 du 9 novembre 1932
Intervention pour le Parti communiste genevois de Laurent Tettamanti

Nous commémorons ici des instants tragiques de l’histoire de notre République, qui illustrèrent le caractère antidémocratique et dangereux des forces armées lorsqu’elles s’engagent hors de leur terrain militaire.

Aujourd’hui comme hier cette tentation existe. L’armée est de plus en plus appelée à remplir des missions de maintien de l’ordre. Sous couvert d’une menace terroriste, elle occupe le terrain civil. Sans que la population ne soit consultée, elle se mélange à la Police.

Renforcer les moyens répressifs de l’Etat tout en économisant de l’argent grâce aux miliciens : voilà qui a en effet de quoi séduire les pseudos patriotes réactionnaires !

Nous assistons, en parallèle à cette utilisation croissante de l’armée sur des théâtres civils, à une militarisation des forces de polices, qui s’équipent et se préparent de plus en plus selon un mode militaire.

Le flic anti-émeute aujourd’hui n’a rien à envier aux commandos les plus aguerris de l’armée. Cette évolution participe à un climat de tension. Par son accoutrement guerrier, la police anti-émeute intimide et provoque plus qu’elle n’assure le calme !

Cette stratégie de la tension est dangereuse et inquiétante. Dangereuse car elle provoque des confrontations et des dérapages. Inquiétante parce qu’elle révèle le caractère antidémocratique d’une fraction de nos élites, qui considère l’expression libre et légitime de la population comme une menace, qui préfère l’intimidation au dialogue.

Le droit de manifestation est un des piliers de notre démocratie. La militarisation du maintien de l’ordre, les tentations liberticides affichées tel le projet de loi rédigé à Genève ne peuvent rester sans réponse ! il faut réagir avant qu’il ne soit trop tard !

Le souvenir du 9 novembre nous replonge dans une période où les profonds clivages politiques menaçaient la paix civile. De cette journée tragique résonne une clameur : le peuple n’acceptera jamais dans la rue le diktat des fusils