9 novembre 1932 - plus jamais ça

à la mémoire du 9 novembre 1932, pour la démocratie et la liberté

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Discours de Julio CASTRO

lundi 29 novembre 2004 par Xavier FERNANDEZ

Discours de Julio CASTRO (SIB) 2004-11-09

9 novembre 1932

Mesdames et messieurs, chers camarades. Ceci est un témoignage, que je vis quotidiennement en payant de ma personne, il est destiné aux responsables du mouvement syndical afin de les sensibiliser aux problèmes lancinants des travailleuses et travailleurs en situation précaire dans l’un des pays des plus riches du monde. Je parle ici avec mes tripes parce que mon but est de toucher leurs cœurs plutôt que leurs cerveaux. Je vis depuis plusieurs mois la peur au ventre et je partage avec mes camarades les moins lotis l’angoisse et l’anxiété d’un demain incertain, bref en tant que chômeur je suis à la recherche d’un emploi, n’emporte le quel.
Maintenant, en cette date charnière, je suis plus transparent, afin que chacun puisse reconnaître en moi l’activiste membre du comité du gros œuvre du bâtiment de UN1A, à Genève. Ma contribution orale s’ajoute à ma présence sur le terrain : sous les intempéries qui frappent les travailleurs du gros œuvre, nous les hommes de la base, avons appuyés les combats des nos dirigeants. Tous ensemble avons passé ces quelques dernières décennies à renforcer les acquis des travailleurs de la construction et à améliorer les conditions sociales. Il vaut la peine pourtant de se demander si quelques erreurs ont pu se glisser dans les négociations.
En particulier, pour l’ouverture des frontières suisses à nos collègues européens nous avons cru agir pour la fraternité et solidarité internationale. Les boites de travail temporaire se sont aussitôt engouffrées dans la brèche et ont commencé de suite à recruter du personnel directement à l’étranger. Jusque là rien de vicieux. La perversion est arrivée au moment ou nous avons découvert que les salaires proposés et accepté, sont environs de 40% inférieurs à ceux établi par les CCT sans contribution professionnelle ni retraite anticipée. Une circonstance aggravante : ce personnel est corvéable à merci malgré tout et qu’il a beaucoup moins que nous la tendance à se syndiquer !
Ainsi la danse de la globalisation crée d’avantage d’emplois en Suisse et paradoxalement augmente le chômage. L’auto goal est doublement sanglant compte tenu du fait qu’il arrive souvent que le chômeur qui est engagé par une boite temporaire à pour mission de retourner à travailler chez l’employer qui a bien voulu le licencier le mois d’avant. Ainsi la boucle est bouclée se sont les mêmes qui ont tiré dans la foule de civils pacifistes et désarmée tuant treize des nos camarades qui sont tombé ici même en 1932 qui nous tirent dans le dos aujourd’hui, l’histoire se répète la faute serait à la concurrence, nous disent les patriotes. ( chers camarades, je suis à votre entière disposition c’est pas le temps qui me manque, merci.)