9 novembre 1932 - plus jamais ça

à la mémoire du 9 novembre 1932, pour la démocratie et la liberté

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Patrick FLEURY, Cartel intersyndical

mercredi 9 novembre 2016

Bonsoir,

Cette nuit sur les réseaux sociaux, nous avons pu observer que des historiens traditionnellement bourgeois, soutiennent le rappel du souvenir des évènements du 9 novembre 1932.

Il est heureux de constater que cet acte, de mémoire, sort du clivage gauche – droite dans lequel il était cantonné jusqu’à peu.

Après la seconde guerre mondiale, les sociétés de ce côté du mur de Berlin ont grandi dans un confort relatif, supporté par l’économie libérale, basée sur la consommation et le bonheur individuel, afin de contrer la peur du communisme de Moscou. C’était la période des trente glorieuses.

A la chute du mur, le libéralisme protecteur et rassurant a enlevé progressivement son masque pour devenir un libéralisme prédateur.

Il privilégie une économie transnationale, hors sol, qui assèche les états tant sur le plan des matières premières que sur le plan des salariés tout en dédaignant la casse environnementale et sociale qui en résulte.

Une telle économie considère les nations comme un substrat interchangeable au service du seul profit financier.

Tout est devenu marchandise, il est notable que les salariés ne sont plus que des ressources ayant l’obligation de savoir se vendre sur un marché du travail qui se restreint de jour en jour.

Sous la pression des milieux financiers et des sociétés transnationales, les états de droit se transforment en état de droite.

Les attaques contre les états de droit ne sont pas frontales, elles sont supranationales et viennent par vagues successives démanteler tous les acquis sociaux des cinquante dernières années.

Ces attaques portent aujourd’hui les noms de CETA, TISA, TAFTA, etc.

Sur le plan national, les attaques passant par le nivellement des services publics se concentrent dans une course à la concurrence fiscale entre les cantons notamment avec RIE III.

Tout converge vers le moins d’Etat de droit pour le plus d’Etat de droite, au point que les partis souverainistes, prompts à dénoncer l’ingérence de l’Union européenne sur leurs sols, ne pipent mot face à CETA, TISA, TAFTA visant à la grande braderie des services publics.

De fait, ces partis ont choisi leurs pauvres, laissant les autres au bon vouloir des services publics dont les moyens sont en baisse constante, particulièrement dans les secteurs subventionnés.

Pour l’un de ces partis souverainistes : l’Etat est un cancer qui s’étend.

Ces partis, de par les lois existantes, se rabattent de facto sur les fonctionnaires et l’immigration pour affirmer leurs assises. Le ton est donné.

Entre le retour à une société du XIXe ou une projection dans celle du XXIe, tout dépend de la barre, de l’emplacement de son l’inscription.

La commémoration des évènements du 9 novembre est là pour nous rappeler que le cancer des états de droit c’est les partis souverainistes inféodés à la finance et que seule la vigilance citoyenne nous en préserve.