9 novembre 1932 - plus jamais ça

à la mémoire du 9 novembre 1932, pour la démocratie et la liberté

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devait être un événement du passé ancré dans les livres d’histoires

jeudi 3 novembre 2016

9 novembre 1932 – 9 novembre 2016 : quatre-vingt-quatre ans séparent ces deux dates, soit l’âge de nos parents ou celui de nos grands-parents selon la génération que nous représentons.

Pour les personnes nées après la Seconde Guerre mondiale, soit après la crise de 1929, la misère et la suprématie des partis nationalistes, ce qui s’est déroulé en 1932 devait être un événement du passé ancré dans les livres d’histoires. Pour les enfants et les petits enfants des trente glorieuses, un nouveau 9 novembre en Suisse relevait de la science-fiction.

Quatre-vingt-quatre ans plus tard, les crises, notamment financières et du travail, sont de retour, doublées d’une crise migratoire.

Le projet de société post guerre - avec la Déclaration de Philadelphie - dans lequel nous avons placé nos espoirs, est démonté pièce par pièce sur le plan national par l’émergence des partis nationalistes souverainistes qui ont choisi pour objectif le moins d’Etat, soit la destruction des règles de régulation et des solidarités intergénérationnelles au prétendu avantage de l’individu consommateur.

Les attaques contre l’Etat, les Etats, sont également portées sur le plan international au travers de projets d’accords commerciaux ; les différends qui surgiront entre ces Etats et les entreprises seraient traités par des tribunaux privés, arbitraires, loin de toutes instances démocratiquement élues, et en dépit des décisions prises souverainement par les Nations.

Ces accords se nomment CETA, TISA et TTIP. Tout ce négocie loin des yeux des peuples concernés, pour favoriser une économie hors sol et nomade, qui se servira des Etats et de leurs résidents comme d’un substrat nourricier du capital :
le profit est érigé en but ultime auquel l’humanité devrait se soumettre.

Dans notre société, les milieux économiques et les partis souverainistes revendiquent la défiscalisation des entreprises et du capital ; ils veulent se soustraire à toutes contributions financières aux collectivités publiques, ils veulent faire reposer l’avenir de l’Etat et sa capacité à assumer son rôle social que sur les épaules des travailleuses et travailleurs.

Le 9 novembre 1932, bien que connaissant déjà la peur de la perte d’emploi, la foule s’était réunie massivement pour combattre un parti qui promettait un Etat qui ne subviendrait plus aux besoins sociaux de TOUT ses habitants ; pour combattre l’exclusion et le racisme. C’est dans cette foule que sont tombées les victimes du 9 novembre - sous les yeux des notables spectateurs (?) - et non pas dans les élites des partis souverainistes ni celles de la finance…

Le 9 novembre est plus qu’un devoir de mémoire, c’est le phare qui rappelle le danger à notre société crispée dans l’angoisse croissante du chômage et de la déqualification, ou de la perte d’un confort tout relatif, dans des crises économiques répétitives dont elle ne voit plus la fin.

Tant que l’esprit du 9 novembre est vivant,
le phare est maintenu.

Rendez-vous le 9 pour transmettre
le flambeau à la nouvelle génération



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