9 novembre 1932 - plus jamais ça

à la mémoire du 9 novembre 1932, pour la démocratie et la liberté

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Olivier PETER, solidaritéS, pour le comité

lundi 9 novembre 2015 par Claude REYMOND

Camarades,

En 1915, alors que la première guerre mondiale faisait rage, les socialistes d’Europe se réunissaient dans le village bernois de Zimmerwald.

Ils se réunissaient au nom de l’internationalisme et de leur opposition au militarisme dans le but de convaincre les social-démocrates de l’époque de rejeter les budgets d’armement qui préparaient la guerre impérialiste.

À 100 ans de cela, socialistes, communistes, anarchistes et progressistes genevois nous prenons le même chemin en nous retrouvant au nom de la solidarité internationale et de notre commune opposition à la guerre, et sous tout ses formes.

Il s’agit avant tout de se dresser contre la guerre entreprise par la droite et une partie du patronat pour contraindre encore plus les travailleuses et les travailleurs.

Cette guerre déclarée dans les parlements :

  • Par un budget 2016 qui prône l’austérité en s’attaquant à la fonction publique et l’Etat social
  • Par le hold-up fiscal qui s’appelle RIE III et qui n’est rien d’autre qu’un gigantesque et honteux cadeau aux entreprises sur le dos de la majorité de la population
  • Par le « paquet Berset », qui s’en prend aux retraites des travailleuses plutôt que d’aller chercher l’argent pour financer les retraites là ou il y en a…. dans les caisses du patronat.

Ce même patronat qui participent à l’offensive, en prenant pour cible les maçons et les travailleurs et travailleuses du secteur privé

  • En refusant les augmentations salariales, malgré la vie-chère
  • En s’attaquant encore et encore à nos deuxièmes piliers
  • Enfin et surtout, en refusant d’assurer la sécurité sur les lieux de travail, en particulier dans la construction. Une mesure qui auraient pourtant permis de prévenir grande partie des accidents et d’éviter que 100 travailleurs laissent leurs vies sur les chantiers de Suisse au cours de ces cinq dernières années.

Mais la droite ne s’en prend pas uniquement aux salariés. La récente campagne électorale a mis au grand jour la bataille qu’elle mène contre les droits des migrantes et des migrants.

  • Par la militarisation des frontières, comme dans le cadre de l’exercice CONEX 2015
  • Par l’internement des requérants d’asile dans des camps et en entassant les refugiés dans les bunkers souterrains
  • Enfin et surtout, par la répression déchainée contre toutes et tous les migrant-e-s qui au cours de ces derniers mois ont courageusement osé relever leur tête et se révolter contre des conditions de vie inacceptables.

« Nous voulions des bras, sont arrivés des hommes », a dit un jour Max FRISCH en parlant des migrants et migrantes.

Or, ce ne sont pas uniquement des hommes et des femmes qu’y après avoir traversé l’enfer, de la méditerranée et du désert, franchissent les frontières de notre pays.

Ce sont avant tout des travailleurs et des travailleuses, mis en fuite par les guerres impérialistes, le pillage de leur terre par nos transnationales et par la brutalité des régimes totalitaires soutenus par l’occident.

C’est pour cela que lorsque l’armée suisse pointe ses fusils contre Mohamed, Toufik ou Munir, lorsque la police genevoise les frappe, les enferme, les expulse, les armes pointent dans la même direction que celle que visaient les fusils des soldats de 1932, ici même, à Plainpalais.

Hier comme aujourd’hui, l’armée protège d’abord l’extrême droite et les patrons.
Hier comme aujourd’hui, on tente de l’utiliser contre les travailleurs et les exploités.

C’est pour cela que ce neuf novembre, en pleine crise migratoire et sociale, en nous souvenant des 13 camarades tombés sous les balles en 1932, nous rendons également hommage à toutes et tous les travailleurs, quelle que soit leur langue et origine, auxquels notre gouvernement fait gouter les mêmes matraques et le même plomb.

C’est pour eux que ce soir nous irons en cortège aux Vernets.

À 18h30, ce rassemblement se transformera en manifestation pour se rendre devant le portail de la caserne, pour que les officiers nous entendent lorsqu’on leur dira haut et fort que l’armée n’a plus rien à faire à Genève.

Qu’alors qu’on loge des humains sous terre, il est inacceptable qu’un espace comme celui de la caserne reste confisqué par Maurer et ses œuvres que le peuple de Genève à depuis longtemps récusé.

Qu’ils prennent leurs paquetages, leurs élastiques de jambes et leurs fusils et qu’ils aillent jouer ailleurs.

Qu’ils libèrent les bâtiments, pour que l’on en fasse un lieu d’accueil, pour ces hommes l
femmes et enfants, qui ont déjà ingurgité trop de misères, pour qu’on les accueille que convenablement.

Car, nous l’affirmons sans équivoque, dans nos villes, dans nos quartiers, les migrants seront toujours mille fois plus les bienvenu-e-s que Maurer ou son armée.

Une revendication que nous portons ce soir et qui aurait assurément été partagée par les 13 camarades fusillés près d’ici le neuf novembre 1932.

Salut :

• Henry FURST, mécanicien et président du Parti communiste genevois
• Francis CLERC, fraiseur
• Edouard QUILLET, employé de l’armée du salut
• Edmond JUNOD, mécanicien
• Jean-Pierre LARDERAZ, employé de commerce
• Emile HENRY, batelier
• Gabriel LOUP, boulanger
• Oscar MAURER, employé de banque
• Emile GUIGNET
• Melchior ALLEMANN, employé d’hôtel et militant socialiste
• Hans BRUGGER
• Alphonse KOLLY
• Marius RAZZAS, régent principal à Chêne-Bourg

Le meilleur hommage que nous pouvons rendre à ces treize camarades est de poursuivre la lutte qui fut la leur, dans la manifestation de ce soir et dans les grèves des jours à venir.

Olivier Peter