9 novembre 1932 - plus jamais ça

à la mémoire du 9 novembre 1932, pour la démocratie et la liberté

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Viviane LUISIER pour le Collectif Perce-frontières

lundi 9 novembre 2015 par Claude REYMOND

Bonsoir, Good night, As Salam Alaïkum, Selam, Asr be kheyr !

C’est au nom de Perce-frontière que nous nous adressons à vous ce soir. Perce-frontière, c’est le collectif qui rassemble les différents groupes en lutte pour la fermeture des bunkers.

Nous venons de quitter la pierre de Plainpalais qui nous rappelle la répression opérée par l’armée suisse contre les ouvriers et ouvrières suisses, le 9 novembre 1932. Total : 13 morts, 65 blessés.

C’est à cela que servent en général les armées et aussi la police, non seulement en Suisse, mais aussi dans vos pays et ailleurs dans le monde. Quand ce n’est pas pour faire la guerre, l’armée sert à maintenir un « ordre », la plupart du temps injuste. Elle sert surtout à « garder les frontières ». Ces frontières sont érigées par l’Europe forteresse. Juste au moment où des centaines de milliers de personnes fuient la misère économique et politique de leur pays. Juste maintenant qu’elles traversent la mer Méditerranée au prix de leur vie.

C’est ce qui se passe entre autres en Hongrie, en Serbie, en Croatie, en Autriche, en Allemagne, en France. Et bien sûr, aussi en Suisse. Et quand l’armée et la police ne suffisent pas, on construit des murs et des grillages pour entraver le droit des personnes à se déplacer.

Nous voici en ce moment devant la caserne des Vernets. Par définition, une caserne ne sert à rien. En particulier, actuellement, la caserne des Vernets ne sert vraiment à rien. Elle héberge du matériel et des bureaux, elle abrite parfois pour un ou deux jours des sociétés diverses.

Alors que le gouvernement suisse impose depuis des années et à un nombre toujours croissant de requérants d’asile de vivre dans des bunkers, alors qu’il est si difficile de trouver des maisons et des terrains pour accueillir les requérants et requérantes d’asile dans des conditions dignes, nous constatons que cette caserne est vide. Et d’autres espaces du genre existent à Genève, comme le golf de Vandoeuvres par exemple.

En Suisse, il y a de la place et du travail aussi pour les requérants et les requérantes d’asile. Mais pour cela, il va falloir se bagarrer, et se bagarrer longtemps.

Nous voulons de l’espace pour ceux et celles qui cherchent refuge chez nous.

Bienvenue aux réfugiés et réfugiées !

Moins d’argent pour l’armée, plus d’argent pour l’asile !

Stop bunker ! Stop Dublin !