9 novembre 1932 - plus jamais ça

à la mémoire du 9 novembre 1932, pour la démocratie et la liberté

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Emmanuelle Joz-Roland pour le SIT

lundi 9 novembre 2015 par Claude REYMOND

Nous voilà réuni ce soir pour commémorer l’agression que la troupe a commis le 9 novembre 1932 contre des citoyens innocents, en tuant 13 d’entre eux. Ce soir nous avons choisi de dédier ce moment aux migrants et aux réfugiés qui après avoir connu la misère et la persécution dans leur pays et qui après avoir fait un très long et très dangereux voyage dans l’espoir de mettre leur vie en sécurité, ne trouvent ici que mépris et conditions de vie insupportables dans les bunkers.

Ces migrants et ces migrantes sont relégués à la plus grande précarité au nom de politiques xénophobes d’extrême droite. Et c’est d’ailleurs à cela que se résume une grande partie de la politique actuelle : reléguer un nombre croissant de personnes à la précarité.

  1. Les réfugiés en les laissant dans des conditions d’existence et des statuts flous qui les empêchent de pouvoir imaginer un quelconque avenir.
  2. Les autres migrants, suite notamment à la votation du 9 février, avec le retour inévitable des contingents des permis provisoires et ce que cela implique : l’impossibilité de travailler et de vivre dignement.
  3. Les salariés avec les attaques constantes sur les conditions de travail. Dans le contexte de cette semaine, une référence particulière est faite aux maçons jeté au chômage dès l’âge de 50 ans au profit de travailleurs intérimaires sans perspective de travail stable, et une référence particulière est aussi faite à la fonction publique, menacée de devoir augmenter son temps de travail sans compensation de salaire, tout ça pour payer une baisse massive de l’imposition des entreprises. Mais je fais aussi référence au projet de prévoyance vieillesse 2020, qui prévoit de faire passer les salariés à la caisse, pour engraisser des assureurs déjà milliardaires.

Bref aujourd’hui, les lignes politiques sont claires, il s’agit de taper sur les plus précaires et la classe moyenne au profit des plus riches et des plus puissants.

Mais syndicats et associations de soutien aux réfugiés et au migrants disent stop, stop aux traitements indignes faites à celles et ceux qui demandent notre protection, stop aux politiques d’austérité qui dégradent les conditions de travail et les prestations à la population. Ce 9 novembre est l’occasion de nous souvenir de ce que les politiques de droite peuvent faire aux citoyens et aux salariés, car les morts du 9 novembre étaient pour une bonne partie d’entre eux de simples citoyens rentrant chez eux après une journée de travail. C’est aussi l’occasion de demander qu’à l’avenir ces politiques laissent place à la solidarité et à de meilleures conditions de vie pour toutes et tous : réfugiés, migrants et salariés.

Emmanuelle Joz-Roland