9 novembre 1932 - plus jamais ça

à la mémoire du 9 novembre 1932, pour la démocratie et la liberté

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lundi 9 novembre 2015 à 17h45

rassemblement près de La Pierre puis déplacement en cortège vers la Caserne des Vernets

lundi 19 octobre 2015 par Claude REYMOND


En 1932, en Europe comme en Suisse, c’est la crise. Face à des mouvements sociaux croissants et à une gauche profitant encore de l’élan offert par la révolution soviétique, la grande bourgeoisie peut compter sur deux fidèles alliés :

1) les mouvements fascistes ou fascisants, telle l’Union Nationale de Georges Oltramare. Ses discours anti-étrangers font mouche dans la classe moyenne ainsi que dans les classes populaires précarisées. Ils empêchent ainsi l’unité ouvrière et affaiblissent le front des travailleuses et des travailleurs ;

2) les Etats-majors de la police et des forces armées issus de la grande bourgeoisie nationale.

Fascistes et Etats-majors sont à l’origine du massacre du 9 novembre, lorsque l’armée a tiré 150 coups sur les ouvriers réunis sur la Plaine de Plainpalais afin de se rendre à la manifestation contre les provocations du fasciste Oltramare, laissant derrière elle treize cadavres.

83 ans après cette journée tragique, un devoir de mémoire s’impose toujours aux classes populaires ainsi qu’à leurs organisations. Un devoir qui est d’autant plus important que dans un contexte pourtant différent, il existe d’inquiétantes similitudes avec ce sombre passé.

Précarité économique et accroissement des inégalités

Comme durant la période de l’entre-deux-guerres, nous assistons à une augmentation vertigineuse des inégalités.

Alors que les moins fortuné-e-s peinent toujours plus à joindre les deux bouts à cause du démantèlement des assurances sociales et de la vie chère, la Suisse affiche la quatrième concentration mondiale des richesses. Dans notre pays, plus de 4’300 personnes possèdent chacune au moins 29 millions de francs.

Une situation qui ne peut qu’empirer compte tenu des projets politiques que la majorité parlementaire fédérale et cantonale souhaite développer dans les mois à venir. Plus particulièrement, il s’agit de l’offensive contre les retraites, avec le plan de Prévoyance vieillesse 2020 et le cadeau que ce plan fait aux assureurs du deuxième pilier.

Il s’agit aussi du hold-up fiscal en faveur des entreprises (RIE III) qui privera l’Etat de Genève de 700 millions d’impôts par année avec des conséquences désastreuses pour les employés et les prestations sociales.

Crise migratoire et accueil des réfugiés

En sus de la crise sociale, nous faisons également face à une crise migratoire. En raison des guerres impérialistes au Proche orient, des dizaines de millions de personnes sont contraintes à quitter leurs proches et leur pays.

Alors que l’essentiel des réfugié-e-s sont accueillis par la Turquie, le Liban, la Jordanie et le Soudan, quelques centaines de milliers tentent désespérément de rejoindre l’Europe et la Suisse. Cela malgré les 30’000 morts noyés de ces 15 dernières années, malgré les murs et les violences de la police de Frontex.

Celles et ceux qui réussissent à rejoindre l’Europe peuvent être emprisonnés jusqu’à 18 mois dans des camps. Les autres sont hébergés dans des bunkers souterrains durant des mois, dans des conditions d’hygiène déplorable, sans air frais ni lumière naturelle et dans une promiscuité insoutenable.

Croissance de l’extrême droite et alliance
avec le grand patronat

Face à ces crises, la grande bourgeoisie (rappelons que Monsieur Blocher est à la tête d’une fortune de plus de 3,5 milliards) redouble ses efforts, afin de détourner la légitime colère des classes populaires contre ses compagnons d’infortune étrangers. Pour ce faire, elle assume un discours toujours plus autoritaire et soutient, sans gène, les mouvements d’extrême droite. Une dynamique qui reste malheureusement efficace, tel que l’attestent les résultats des dernières élections au Conseil National.

Rôle de l’armée et
son intervention en faveur des patrons
et contre les réfugié-e-s

Chaque année au mois de janvier, 15’000 soldats sont mobilisés pour assurer la protection des grands patrons se réunissant à Davos dans le cadre du World Economic Forum et pour maintenir à distance manifestants et protestateurs.

En septembre dernier, des milliers de soldats ont été mobilisés pour l’exercice CONEX 2015. Leur mission ? Protéger les frontières et organiser la réponse face à une potentielle « invasion de réfugiés » menaçant de saboter et piller « les stocks de blé, de gaz et de pétrole » du Pays.

Défendre les travailleurs
et les travailleuses,
chasser les militaires,
accueillir les réfugié-e-s

Crise sociale et migratoire, rôle de l’armée, voici les trois axes qui s’imposent ce 9 novembre 2015.
Nous y répondrons par deux luttes :

premièrement, défendons les droits des travailleuses et des travailleurs, des femmes ainsi que de l’ensemble des classes populaires. Pour ce faire, soutenons activement les grèves des maçons et du secteur public et mobilisons-nous pour faire reculer l’offensive patronale axée sur le démantèlement des retraites, les cadeaux fiscaux aux entreprises et les coupes budgétaires dans l’Etat social.

Deuxièmement, opposons-nous à la militarisation de la société et en particulier à l’utilisation de l’armée pour fermer les frontières.

Luttons pour un accueil digne de toutes et tous les refugié-e-s.

Face à la prétendue pénurie de lieux d’accueil, exigeons le départ de l’armée de la Caserne des Vernets et son affectation pour accueillir les réfugié-e-s actuellement enfermé-e-s dans les bunkers.




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