9 novembre 1932 - plus jamais ça

à la mémoire du 9 novembre 1932, pour la démocratie et la liberté

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Les « forces fascisantes » nuisent toujours, selon le maire

Sami Kanaan a comparé les contextes passé et présent

dimanche 16 novembre 2014

paru dans Le Courrier du 10-11-2014, par RACHAD ARMANIOS

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Une fois le dernier nom lancé dans le ciel genevois, un moment de recueillement clôt la partie officielle des discours. Le maire de la Ville de Genève, le socialiste Sami Kanaan, venait d’insister sur le contexte de tensions sociales qui régnait dans les années 1930 et dont on retrouve aujourd’hui certains phénomènes « inquiétants » : « Notamment la tendance extrêmement condamnable de stigmatiser entre eux les gens dans le besoin. Comme maire de la Ville, je suis aux premières loges pour constater la concurrence pour l’accès à l’emploi, au logement, aux papiers, et les effets désastreux des forces populistes et fascisantes qui dressent les gens les uns contre les autres. » Et le maire de rappeler que, « derrière chaque frontalier, il y a un patron genevois ». Quant aux travailleurs sans papiers, « l’économie genevoise en a besoin ». Le message ? « L’ennemi est celui qui exploite. »

« Violence sociale »

« La précarisation des travailleurs migrants » était au cœur du discours de Manuela Cattani, présidente de la Communauté d’action syndicale, qui a appelé à ne pas faiblir dans la campagne contre Ecopop. Ni pour l’abolition des forfaits fiscaux. La syndicaliste a critiqué l’injustice fiscale en Suisse, mise en regard des attaques contre les pauvres. « Quand l’armée inter- vient en 1932, c’est une violence extrême. Mais quand l’Etat genevois coupe 150 francs à des personnes à l’aide sociale, c’est une énorme violence sociale ! »

Pablo Cruchon, de Solidarités, tire deux enseignements du 9 novembre 1932 : « Pour défendre ses privilèges, la bourgeoisie est prête à une grande violence. Elle est aussi prête à s’allier à l’extrême droite. » Et de prévenir contre des signes de durcissement tels que la nouvelle loi sur la police qui « militarise » les forces de l’ordre. Moncef Kateb, ancien président de l’association du personnel de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, a, lui, témoigné de son « licenciement antisyndical pour avoir dénoncé des irrégularités » (Le Courrier du 23 septembre).

Plus tôt en fin d’après-midi, le conseiller municipal socialiste Sylvain Thévoz avait évoqué les entraves, à Genève, au droit de manifester, citant les « réunions citoyennes », cet été, à la place Bel- Air, pour dénoncer la guerre contre Gaza. Il s’exprimait lors d’une table ronde aux côtés du conseiller aux Etats vert Robert Cramer, de Pablo Cruchon et de la syndicaliste Emmanuelle Joz-Roland (SIT). Une discussion qui a été radiodiffusée, sur le web et les ondes, par la radio libertaire Libradio.org. Sous la tente faisant office de studio précaire, les coupures d’électricité sont fréquentes. « Ça, c’est du militantisme de terrain », commente Pablo Cruchon. Mais le son revient et la pluie finira par faiblir. Un leurre, puisque l’animateur balance un morceau orageux du groupe punk Bérurier noir. I



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