9 novembre 1932 - plus jamais ça

à la mémoire du 9 novembre 1932, pour la démocratie et la liberté

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samedi 9 novembre 2013

Pourquoi cette commémoration ?

mardi 5 novembre 2013 par Claude REYMOND

près de la Pierre sur la Plaine de Plainpalais dès 17h30
vers le Carrefour des 23-Cantons

18h00 allocutions & soupe

18h34 hommage par citation des treize victimes du 9 novembre 1932


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Année après année, des militant-e-s des organisations politiques et syndicales de gauche se réunissent autour de la Pierre du souvenir érigée au bout de la plaine de Plainpalais pour raviver la mémoire des 13 personnes tombées non loin de là sous les balles de l’armée le 9 novembre 1932 au cours d’une manifestation populaire qui dénonçait la tenue d’un meeting fasciste organisé par l’Union nationale et autorisé par les autorités politiques. En revanche, la contre-manifestation populaire avait été interdite par ces mêmes ­auto­­rités...

Au-delà de la mémoire des morts, si cette date tient encore tant d’importance dans nos organisations, c’est que les événements du 9 novembre 1932 sont le symbole de la violence meurtrière à laquelle peut avoir recours un Etat bourgeois lorsqu’il craint de vaciller sous la pression populaire, ainsi que des liens étroits qui unissent les mouvements fascisants et la droite lorsqu’il s’agit de défendre leurs intérêts communs de classe face à une gauche combattive.

Si le 9 novembre 1932 tient donc ­encore tant d’importance dans nos ­organisations, c’est que les mécanismes qui ont conduit à cette issue brutale se retrouvent encore d’actualité.

Au gré des crises du système ­capitaliste qui entraînent salarié-e-s et ­petits ­patrons dans une forme de ­déclassement émergent, en effet, des mouvements constitués d’hom­mes « forts » et des slogans-chocs qui capitalisent sur l’insécurité sociale pour véhiculer des discours dont le principal ressort reste, encore et toujours, la haine de l’Autre. Hier comme aujourd’hui, le principal intérêt de ces discours reste de viser la division des travailleurs et travailleuses et ainsi offrir un boulevard au démantèlement des acquis sociaux.
Alliés de la droite sur quasiment toutes les questions qui touchent à l’économie, ces mouvements détournent toute une partie des personnes dans la précarité des véritables luttes sociales qui devraient être conduites aujourd’hui, pour une redistribution plus équitable des richesses, pour des salaires décents et pour la protection des conditions de travail. Ils jouent avec un double discours où la critique des « élites » laisse en réalité souvent la place à des positions beaucoup plus consensuelles lorsqu’il s’agit de taxer les plus aisés, c’est-à-dire de reprendre à ces « élites » les richesses qu’elles se sont attribuées.

Loin de n’être qu’un hommage aux camarades assassinés par les « forces de l’ordre » de l’Etat il y a 81 ans pour avoir manifesté contre une organisation fasciste, la commémoration du 9 novembre 1932 est donc d’abord et avant tout une flamme que nous rallumons chaque année pour saluer les résistant-e-s aux tendances fascistes de toutes les époques, pour ­attester que l’engagement pris par les ­milliers de manifestant-e-s qui défilaient ce soir du 9 novembre 1932 n’a pas été vain. La mémoire de leurs luttes est nécessaire, elle contribue à renforcer notre détermination contre la discrimination de nos collègues et voisins – à poursuivre les combats contre ceux qui la propagent.

Parce que selon les mots de l’écrivain martiniquais Aimé Césaire « Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir », nous vous invitons toutes et tous à partager ce moment de souvenir avec nous dès 17h30 près de la Pierre.