Comité d’organisation du 1er Mai

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Jocelyne HALLER, solidaritéS

lundi 1er mai 2017 par Claude Reymond

« Le plan de prévoyance 2020 représente un cap décisif de l’ histoire
syndicale et de celle de la Gauche de notre pays. Il se situe en droite
ligne de l’attaque constante menée ces 30 dernières années par la droite
et l’extrême droite contre les conquêtes de la sécurité sociale obtenues
par les milieux de Gauche et les syndicats.

A cette différence près, qu’aujourd’hui, au niveau national, la gauche
parlementaire : le Parti socialiste et les Verts, tout comme les grandes
centrales syndicales se sont rangés aux côtés de ceux qui affaiblissent
l’assurance vieillesse et font du champ des caisses de retraites un
marché aussi lucratif qu’aléatoire. Ils font ainsi le jeu des milieux des
assureurs et des banques et contribuent à la détérioration du système de
prévoyance vieillesse.

Aujourd’ hui, si nos alliés traditionnels, ceux que nous avons coutume de
considérer comme nos camarades, étaient restés fidèles à nos
fondamentaux, nous ne serions pas en train de porter, à bout de bras, le
référendum contre PV 2020. Nous ne serions pas à faire le compte de la
di stance qui s’est creusée entre les appareils et leurs bases.

Car oui, heureusement, bravant les discours moralisateurs et d’appels à
d ’ indispensables concessions - telles qu’ elles sont qualifiées par leurs
faitières des sections cantonales du PS, les jeunesses socialistes, des
sections syndicales cantonales, se sont distancées des positions de leurs
structures nationales et rejoignent les comités référendaires contre PV
2020. Avec elles, avec bien d’autres organisations, nous menons ce
référendum et nous le ferons aboutir.

Le Plan de prévoyance 2020 est un dispositif complexe, chacune de nos
organisations s’est attelée à le rendre compréhensible pour les profanes.
Le tract d’appel à cette manifestation du 1 er mai décrit très clairement ce
qui le caractérise et ses enjeux.

Mais ce que nous devons retenir c’est le caractère profondément
antisocial et anachronique de PV 2020. Les faibles compensations
consenties en échange de renoncements aussi cruciaux que le report de
l’âge de la retraite des femmes à 65 ans, de l’ abaissement du taux de
conversion du 2me. pilier et de l’augmentation de l’impôt le plus
antisocial qui soit, la TVA, ne font pas le poids.

Elles ne peuvent en aucun cas justifier, excuser, l’atteinte à la qualité de
vie des femmes, la diminution des ressources des travailleurs et des
travailleuses, l’augmentation des cotisations de prévoyance vieillesse, la
baisse des rentes de 2ème piliers, l’ augmentation du coût de la vie pour
l’ensemble de la population. Voilà pour son caractère antisocial.

Quant à l’anachronisme, parlons-en. Alors que le système des 3 piliers a
largement montré ses limites, le parlement fédéral , et une certaine
Gauche, persistent à faire perdurer un dispositif qui répond de moins en
moins aux besoins des assurés et de plus en plus à l’avidité des milieux
financiers.
Cotiser plus et plus longtemps pour percevoir moins. Voilà ce à quoi
nous sommes destinés si nous ne luttons pas pour mettre en place des
alternatives. Mais commençons par le début. Avant de retarder l’âge de
la retraite : aujourd’ hui pour les femmes à 65 ans, demain pour tous à 67
ans : et si nous luttons en priorité pour.

La diminution du temps de travail : la rationalisation des modes de
production, la mécanisation et l’ informatisation du travail imposent de
rompre avec l’ illusion qu’ il y aura indéfiniment du travail pour tout le
monde. Face à ces mutations fondamentales du travail, la diminution et
le partage du temps de travail, sans diminution de salaire, restent une
revendication première. Ils constituent également une manière efficace
de lutter contre le chômage. Ils favorisent l’amélioration de la qualité de
vie des travailleurs et des travailleuses.

L’égalité hommes et femmes n’est toujours pas réalisée. Pourtant,
l’aspect intrinsèque de justice sociale que revêt cette exigence,
s’accompagne d’ une évidence imparable : Payer le travail des femmes à
son juste prix permettrait d’alimenter significativement les caisses de
l’AVS. Il faut rappeler que les femmes perçoivent pourcentage l9,3 % de salaires en
moins que les hommes, soit près de 7, 7 milliards de francs.

L’augmentation des salaires, et l’instauration d’un salaire
minimum . Hausser la masse salariale pour permettre aux travailleur-
euse-s de vivre correctement avec le produit de leur travail, permettrait
encore d’ accroitre les recettes de l’AVS.

Taxer sur le capital constitue également une autre piste à investiguer
pour alimenter les caisses AVS. On nous serine que pour faire face à
l’ arrivée des « baby-boomers » à la retraite, PV 2020 est incontournable.
C’est faux, des milliards de francs sont continuellement
soustraits à tout impôt ou autres taxes en raison des politiques
complaisantes à l’égard des tenants de l’économie. Il est temps d’en
finir avec ces privilèges et de restaurer la justice fiscale et la
responsabilité sociale des entreprises.

Enfin, il faut transformer en profondeur le système de prévoyance
vieillesse. C’est pourquoi, solidaritéS propose la fusion des 1er et 2éme
pilier.

Alors, NON, PV2020 n’est pas inéluctable !, il y a d’autres alternatives !
Il y a en tous cas des combats auxquels toute gauche qui se
respecte ne peut renoncer. C’est pourquoi, nous ferons aboutir le
référendum contre PV2020 et nous continuerons résolument à lutter
pour la défense des intérêts des travailleurs et des travailleuses, des
chômeurs et des chômeuses, des assuré-e-s et des retraité-e-s. »

Jocelyne HALLER, solidaritéS
Genève, premier mai 2017.