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Cadeaux fiscaux pour les entreprises, austérité pour les travailleurs-euses

vendredi 25 mars 2016 par Claude Reymond

Le Parlement fédéral s’apprête à adopter une nouvelle réforme de l’imposition des entreprises (RIE III) qui contraindra les cantons à établir un taux d’imposition unique pour toutes les entreprises. Encore une fois, la droite bourgeoise s’apprête à servir sur un plateau d’argent de nouveaux cadeaux fiscaux aux patrons, qui se traduiront par des milliards de pertes pour les collectivités publiques. Qui en fera les frais ? Les salarié-e-s du secteur public, qui voient leurs conditions de travail subir une dégradation sans précédent, et les salarié-e-s du secteur privé, qui subiront de plein fouet une réduction drastique des prestations publiques.

A Genève, le Conseil d’Etat entend fixer le taux d’imposition sur le bénéfice à 13% pour toutes les entreprises, alors qu’il est aujourd’hui de 8% à 11% pour les entreprises à statuts spéciaux et de 24% pour toutes les autres. Pour ces dernières, cela signifiera une diminution de près de moitié du taux d’imposition, soit une perte de 500 à 800 millions de francs par an pour les caisses de l’Etat.

De l’autre côté, la population genevoise augmente et vieillit, générant des besoins supplémentaires en écoles, en soins, en infrastructures et en services administratifs divers et variés. Elle se précarise également, sous le coup des abus patronaux, du dumping, et de l’absence de réelle volonté politique de lutte contre le chômage. Autant de dépenses sociales supplémentaires auxquelles l’Etat peine déjà aujourd’hui à
répondre. Pertes colossales de ressources fiscales d’un côté et augmentation des besoins de l’autre, ce seront les salarié-e-s qui paieront la facture : attaque massive aux conditions de travail du secteur public, et austérité pour toutes et tous. Car moins de postes dans les services publics, c’est moins d’emploi, une école et des soins de moins bonne qualité, moins de soutien aux aîné-e-s, aux chômeurs-euses, aux travailleurs-euses précaires. C’est moins de tout pour le plus grand nombre, et plus de bénéfices pour le patronat.

C’est dans ce contexte qu’ont eu lieu les mobilisations imposantes des salarié-e-s des services publics et du secteur subventionné. Durant deux mois (novembre et décembre 2015), ce ne sont pas moins de neuf grèves et autant de manifestations de rue qui ont démontré la capacité de lutte et de résistance à la politique d’austérité du Conseil d’Etat. Et ce n’est pas fini, car celui-ci n’a pas renoncé à ses coupes claires dans la masse salariale pour anticiper sur les pertes fiscales qu’il a programmées.

La lutte va se poursuivre et l’unité entre les travailleurs-euses du secteur privé et du secteur public est au cœur de la prochaine mobilisation.