Comité d’organisation du 1er Mai

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Protégeons les salarié-e-s et les réfugié-e-s, pas les frontières !

vendredi 25 mars 2016 par Claude Reymond

Le Conseil fédéral a présenté le 4 mars son projet d’application de l’initiative « Contre l’immigration de masse » de l’UDC, acceptée le 9 février 2014. Avec la même vigueur qu’à l’encontre de l’initiative, nous nous opposons à ce projet, parce qu’

• il remet en place un régime migratoire contingenté qui se trouve aux antipodes des principes de politique migratoire défendue par les syndicats et la gauche, basée sur la non-discrimination et l’égalité de droits entre salarié-e-s immigré-e-s et résident-e-s ;
• il renforce la précarisation des conditions de travail en poussant des salarié-e-s dans la clandestinité après épuisement des contingents ;
• il entérine la gestion ultra-libérale du marché du travail sous couvert de « préférence nationale » en bafouant les revendications syndicales en matière de mesures d’accompagnement, en tentant de faire porter la responsabilité du dumping salarial et du chômage aux salarié-e-s immigré-e-s.

S’opposer au projet du Conseil fédéral signifie inévitablement assumer que l’initiative de l’UDC ne sera pas mise en œuvre dans les délais imposés, soit février 2017. Mais n’avons-nous pas attendu plus d’un demi-siècle avant de voir l’article constitutionnel sur l’assurance-maternité se réaliser ?

Refuser le chantage populiste et xénophobe c’est aussi se donner le temps et les moyens pour comprendre les raisons de l’acceptation de l’initiative « Contre l’immigration de masse » en 2014 : elle s’explique surtout par la pression sur les salaires subie par une majorité de la population active et les lacunes en matière de contrôle. La mise en œuvre de l’initiative syndicale « pour le renforcement des contrôles des entreprises » par l’instauration à Genève d’une inspection paritaire des entreprise montre pourtant qu’il est possible de combattre les abus patronaux en augmentant les droits des salarié-e-s.

Les frontières ne se ferment pas qu’en Suisse : des centaines de milliers de réfugié-e-s fuient actuellement la guerre, les bombardements et les exactions de toute sorte. Face à cette crise humanitaire, des murs commencent à s’ériger à travers l’Europe alors que certains pays, comme la Grèce, sont confrontés à une tragédie humaine. En mars 2016, 70’000 réfugié-e-s seront bloqué-e-s en Grèce dans des conditions misérables et ce chiffre devrait passer à plus de 100’000 d’ici quelques semaines.

Face à cela, nous exigeons que la Suisse accueille dans l’immédiat 50’000 réfugié-e-s supplémentaires, tout en leur garantissant des conditions d’accueil dignes, le droit de travailler et le droit à des mesures d’intégration.